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TRAITEMENT DE L’ARYTHMIE ET DES PALPITATIONS

Portant alors nos recherches du coté de l’estomac, nous n'avons constaté que des troubles bien légers et vagues : légère diminution de l’appétit, quelques renvois gazeux, un peu de lenteur de la digestion. Mais il faut toujours se rappeler que certains malades font de la dyspepsie sans le savoir, que les gastropathies, même les plus sérieuses parleurs retentissements réflexes, restent longtemps latentes, et que l’examen du suc gastrique esl utile pour renseigner sur l’état réel des fonctions digestives.

L'examen du chimisme stomacal fut pratiqué à deux reprises différentes, et les chiffres suivants montrent l’état défectueux de la fonction gastrique :

Liquide normal. Liquide examiné.

Acidité totale

HCl libre

HCl combiné org

Chlorhydrie

II — c

Chlore total

Chlore minéral fixe...

Coefficient

CT

Coefficient

Voilà un chimisme stomacal indiquant une réelle perversion de la digestion gastrique, et cependant la malade paraissait à peine en souffrir, ou plutôt elle n’en souffrait que par son cœur, sous forme de palpitations avec arythmie. Si l'on ajoute que l'examen des urines a permis de constater pour une quantité de 1 oOl) grammes, en vingt-quatre heures, le chiffre de 17*r,29 d’urée et de lds',90 de chlorures, on comprendra que l’organisme de notre malade fournissait des chlorures en quantité suffisante, mais que son estomac, atteint apparemment dans son fonctionnement glandulaire, était incapable de les décomposer. Nous avions donc trouvé la cause de cette

de Paris, 1894. — Nai puactoc, Sur quelques causes d’arythmie dans le rétrécissement mitral. Thèse de Paris, 1896. — E. Durand, De l’arythmie palpitante dans le rétrécissement mitral. Thèse de Paris,

R ET R ÉG ISS E M EN TS MITRAUX.

arythmie palpitante : elle n'était pas au cœur, mais à l'estomac.

Trop souvent, quand l'arythmie est constatée dans le cours d’une affection du cœur, on n'en cherche ni la cause ni le mode de production. On oublie que l'arythmie n'indique pas toujours que le cœur supporte mal sa lésion. Il la supporte mal, parce que la souffrance d’organes voisins ou éloignes retentit sur lui, mais non pas toujours parce que le myocarde commence à s’altérer. Arythmie n’est pas synonyme d'asystolie, et ce qui le prouve, c'est que ces arythmies réflexes peuvent persister pendant longtemps, pendant des mois, sans aboutir au syndrome asystolique. Mais on fait parfois le raisonnement suivant : « La digitale régularise les battements du cœur; l'arythmie est caractérisée par l’irrégularité de ceux-ci ; donc la digitale et les médicaments cardio-toniques sont indiqués. » Eh bien, je dis (pie le raisonnement est faux, la pratique dangereuse, la thérapeutique irrationnelle.

11 en est de même pour les palpitations. On dit : « La digitale est un modérateur cardiaque, donc elle est indiquée contre les palpitations dont souffrent quelquefois les cardiopathes. »

Ce n’est pas tout encore. Le cœur faiblit, et comme la digitale est son tonique, son « quinquina », vite on y a recours.

Voilà donc un médicament bon a tout faire, et au gré de vos désirs, vous croyez qu'il va, ici régulariser, là modérer, plus loin fortifier! Ce n’est pas ainsi (pie les choses se passent en thérapeutique, et il faut se délier des formules de traitement toutes faites.

Dans le cas actuel, la digitale est absolument contreindiquée, et elle aurait de fâcheux effets. En aggravant le trouble des fonctions digestives, elle augmenterait les palpitations et l'arythmie qu’elle est destinée à combattre.

Nos efforts thérapeutiques doivent porter sur la cause, non sur l'effet. Il faut donc, quand on a reconnu l’existence de palpitations réflexes d’originegastrique, instituer la médication, soit de l’hypochlorhydrie, soit de l'hyperchlorhydric, et on

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