III. — Pathogénie
Pourquoi cette rareté des thromboses veineuses dans le cours ou la fin des affections du cœur? Pourquoi celte fréquence de la thrombose dans le membre supérieur gauche?
1° La rareté de la thrombose veineuse s’explique par ce fait <pie, contrairement à l’opinion de Virchow au sujet des « thromboses marastiques », le ralentissement seul de la circulation centrale et périphérique n’est pas suffisant pour déterminer une thrombose veineuse. Il faut encore qu’il s’y adjoigne
(1) Hcciiaiu), Thromboses veineuses <!u rétrécissement mitral. Traité clinique des maladies du coeur et de l’aorte, t. 111, p. 583. — L. Gallavardi.n, Province médicale , 1899. Lyon médical et Gazelle des hôpitaux, 1900. — J. Favier, Thèse de Lyon, 1900.
PAT 11 OU lî NIE.
un autre élément, le plus souvent infectieux. Dans les observations que nous avons rapportées, on trouve, en effet, assez souvent l’évolution concomitante d’un état fébrile et des accidents pulmonaires plus ou moins diffus. C’est ainsi que, dans le fait rapporté par Kalin, on a découvert de nombreux pneumocoques dans les crachats, et que la phlegmatia du membre supérieur droit favorisée mécaniquement par la compression des ganglions péri-veineux a été l’expression de l’infection secondaire aux manifestations pulmonaires. De même, chez la cardiopathe de mon service dont j'ai donné l’observation, la thrombose humérale est survenue dans la convalescence d'une maladie indéterminée, très probablement infectieuse. On comprend donc, dans le cours et même à la période ultime des cardiopathies, la raison de la rareté des thromboses veineuses, puisqu’il faut la réunion simultanée de deux causes principales pour les produire.
2° Pourquoi la fréquence de la thrombose veineuse au membre supérieur gauche ?
On sait que les thromboses cachectiques du cancer, de la tuberculose et meme de la chlorose se font surtout aux membres inférieurs, et il se trouve que dans la cachexie cardiaque elles se montrent plus volontiers au membre supérieur d’abord, et h gauche ensuite. D'après Hanot (cité par Kahn), la prédominance de la phlébite du côté gauche pourrait s’expliquer par la disposition anatomique du tronc veineux brachio-céphalique gauche dont le trajet est plus long et plus oblique que son congénère du côté droit. Dans l’observation de Kahn, la localisation de la thrombose droite était due, sans nul doute, à la gêne de la circulation veineuse provoquée par la compression de ganglions tuméfiés de la région sus-claviculaire droite.
Quant à la thrombose des veines des membres intérieurs chez les cardiopal lies, artériels ou valvulaires, elle est sans doute plus fréquente qu’on le croit, surtout chez les malades atteints en même temps de cariées profondes ou superficielles.
CACHEXIE CARDIAQUE ET THROMBOSE VEINEUSE
A la suile (rime maladie infectieuse, d'une grippe chez les cardiaques, j'ai vu assez fréquemment évoluer une phlébite variqueuse avec œdème consécutif, lequel a pu faire croire à un état asystolique qui n'existait pas. Cette erreur de diagnostic conduit forcément à une erreur thérapeutique, et on a ainsi une tendance à prescrire la digitale dont le moindre inconvénient est, d’être inutile, quand elle ne devient pas nuisible par la suite; el lorsque, dans ces conditions, on voit le médicament sans effet sur les urines et sur l’œdème périphérique, on a encore une autre tendance — en vertu d'une erreur partagée par beaucoup de cliniciens — à incriminer la dégénérescence du muscle cardiaque, ce qui est purement théorique. On commet ainsi une double faute de thérapeutique : la première qui porte à prescrire la digitale bien a tort ; la seconde qui semble interdire pour l'avenir l'emploi de ce merveilleux médicament en raison d’une opinion théorique souvent erronée.
CERVEAU CARDIAQUE
I. Délire urémique, cardio-rénal, asystolique. — Excitation cérébrale, délire de paroles el d’action au cours d’attaques asystoliques ; délire cardio-rénal par aystolie et urémie combinées, ou par asystolie simple. Paralysies transitoires.
il. Délires divers chez les cardiaques. — Asystolie et délire digitalique. Délire toxi-alimentaire chez les cardio-artériels. Délire alcoolique par privation absolue d'alcool chez un cardiaque éthylique. — Délire hystérique ou puerpéral chez les cardiaques. — Délire belladoné. — Folie rhumatismale ou arthritique.
111. M V N ! VE. ST AVIONS CÉRÉBRALES ET PSYCHIQUES. — 1° F ollc cl délire CCLV-
diaques. Affections du cœur chez les aliénés. Démence cardiaque. Troubles cérébraux pendant, la période asystolique. Troubles cérébraux en dehors de l'asystolie. — 2° État mental des cardiaques. Influences diverses. Délire des soupçons. Influence de l’état arthritique. du rhumatisme chez les cardiaques et les phtisiques. — 3° Troubles cérébraux dans les lésions valvulaires. Neurasthénie d'origine arthritique. Aortiques cérébraux et aortiques bulbaires. Ischémie et congestion du cerveau. — Troubles cérébraux chez les mitraux et chez les aortiques. Céphalalgie pulsatile des aortiques. Troubles vésaniques dans le goitre exophtalmique.
Vous connaissez les troubles cérébraux qui marquent parfois la période ultime des maladies du cœur : insomnie ou somnolence, subdélirium nocturne ou accidents comateux. Signalés déjà par Corvisart, ils tiennent le plus souvent à la congestion permanente des centres nerveux, ils accompagnent l'asystolie et sont presque toujours des signes avant-coureurs d'une mort prochaine, .le ne m’y arrêterai pas, parce qu’ils semblent bien connus, comme je laisserai aussi de côté d'autres accidents non moins bien étudiés : l'embolie cérébrale d'origine cardiaque, les vertiges, les insomnies, les céphalalgies de même nature. Je veux aujourd hui appeler l'attention sur des phénomènes beaucoup plus rares
r.KHYîwr l.viuuaoit.
et cependant dune réelle importance clinique, sur coi tains phénomènes il excitation dos centres norxeux I .