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V. — Étude clinique

La syphilis affecte exceptionnellement le cœur d’une façon isolée, elle étend son action à tout le système artériel, au rein, à l’endocarde, au cerveau — et comme la gomme du cœur est souvent latente, c'est une autre localisation syphilitique qui se dévoile, qui évolue, et qui entraîne la mort. Dans une telle occurrence, il n’est pas permis de prononcer le mot de forme clinique de syphilis gommeuse du cœur; il ne s’agit que d’une évolution latente, la syphilis du cœur ayant été ignorée.

(1) II. IIuchaiîd, Traité des maladies du cœur et de l'aorte, tomes loti II, IS'J9-4 905. Tumeurs de l'endocarde et du myocarde, tome III, page 881.

SYPHILIS GOMMEUSE DU CŒUR

Parmi les tableaux morbides les plus fréquents, il laul signaler tout d’abord I évolution asystolu/uc de la syphilis du cœur. Rien de spécial dans les symptômes cliniques. 11 s'agit d'un ancien syphilitique, venant consulter pour une dyspnée progressive et de l'œdème des malléoles. Les extrémités sont cyanosées; le pouls petit, accéléré, hypertendu, quelquefois irrégulier. La pointe du cœur est abaissée en bas et en dehors, le choc parait élargi. Le deuxième bruit est clangoreux ou soufflant. Les jugulaires sont dilatées, le foie augmenté de volume. On songe à une asystolie d origine rénale, et à l’appui de cette hypothèse l’albumine et la polyurie relative apportent un argument important. Chez de tels malades, la dyspnée a été appelée « asthma syphiliticum » par Rosenfeld. C’est là un abus de langage avec interprétation inexacte. La dyspnée ne relève pas seulement de la lésion cardiaque, le rein y est pour beaucoup, et la syphilis n’imprime pas au tableau morbide un cachet caractéristique.

Lorsque les gommes intéressent le faisceau musculaire auriculo-ventriculaire dont les lésions expliquent l’apparition du blocage du cœur (c'est-à-dire la dissociation des systoles auriculaires et des systoles ventriculaires, l'oreillette et le ventricule battant chacun pour leur propre compte et le ventricule bien plus lentement que l’oreillette), on peut constater le pouls lent avec pertes de connaissance et attaques épileptiformes ou apoplectiformes. Avec mon interne Bergouignan, nous avons été les premiers en France à signaler ces faits au sujet de la maladie de Stokes-Adams qui peut ainsi être symptomatique d’une lésion gommeuse du faisceau auriculo-ventriculaire, comme Keith et Ch. Miller avant beaucoup d’auteurs en ont fourni des exemples (i).

Le plus souvent les gommes évoluent avec une extrême latence et la terminaison se fait par une mort subite, sans que rien n’ait permisde prévoircette terminaison foudroyante. Dans mon Traité des maladies du cœur j’en relève 35 cas. La lecture

(\) Keith et Ch. Miller, Lancet, 1900. — Huciiarr et Bergouignan, Journal des praticiens, 1900.

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