ETUDE CM MOUE
môme des observai ions montre que celte terminaison peut être attribuée à des causes variables : rupture du cœur par infarctus, rupture de l'aorte, angine de poitrine. D'autres lois, la mort n est pas subite, mais rapide. On voit s'établir un œdème aigu du poumon, avec dyspnée asphyxique, cyanose, expectoration muqueuse et môme hémoptysie.
A côté de ces évolutions plus classiques de la syphilis cardiaque, il faut signaler l 'association de certains troubles morbides. Dans beaucoup d'observations, nous voyons la mort survenir par hémiplégie il la suite d'hémorragie ou de ramollissement cérébral, moins fréquemment à la suite d'une tuberculose pulmonaire. Mais, si l'on considère les évolutions des cas cliniques signalés avant 1900 et les observations dont nous avons déjà rapporté les points principaux, on aura une idée de l'extrême difficulté que présente le diagnostic de syphilis gommeuse du cœur.
En dépit de celle obscurité, certains auteurs non seulement ont essayé d'isoler un syndrome permettant de dépister la syphilis gommeuse, mais ils ont distingué plusieurs formes cliniques suivant les localisations de la gomme. C’est, ainsi que Philips admet que les petites gommes du myocarde sont latentes dans leur symptomatologie, tandis que les gommes volumineuses du ventricule gauche s'accompagnent d’angine de poitrine, de bradycardie, de syncope ou d’accès épileptiformes et peuvent conduire à la mort subite. Les gommes du ventricule droit détermineraient par contre de la dyspnée et souvent un syndrome asystolique. Les embolies dues à l’ouverture de la gomme pourraient aider aussi à la localiser. S’agit-il d’embolie cérébrale? Alors le ventricule gauche est en jeu. S’agit-il, au contraire, d'embolie pulmonaire? L’attention sera dirigée vers le ventricule droit. Celle analyse des symptômes suivant la localisation des lésions est poussée à l’exagération par Breitmann (de Saint-Pétersbourg) (1).
(1) Philips, Syph. dis. of Ihc heart (T/ie Lancet. 1807). - Breitmann, Gazette des hôpitaux, 1903.
SYPHILIS GOMMEUSE DU CŒUR
L'étude clinique se complique avec l’entrée en scène de la myocardite interstitielle syphilitique. I. irrégularité et la 1 a iblesse des contractions cardiaques chez des sujets jusqu alors bien portants et dont les forces déclinent rapidement, permettent parfois de dépister les lésions. Comme je 1 ai dit dans mon Traité des maladies du cœur, avant de chercher si les gommes siègent à droite ou à gauche, ce qui est presque toujours impossible, il faut d’abord savoir s'il existe des gommes dans le myocarde ou une myocardite gommeuse. Ce qui souvent rend le diagnostic très difficile, c'est l’association de nombreuses lésions au myocarde, à l’endocarde, à l’aorte, au rein, aux artères coronaires. 11 suffit cependant d’en être prévenu pour établir un diagnostic basé sur de nombreux symptômes associés joints aux antécédents syphilitiques.
En résumé, comme je l’ai encore dit, « dans tous les cas où chez un syphilitique on trouve le syndrome clinique d’une affection cardiaque avec dilatation du cœur sanslésions valvulaires, on doit penser aune syphilis cardiaque ». Cela ne veut pas dire que chez tout syphilitique l’apparition d’une cardiopathie commande le diagnostic de syphilis du cœur. Rien ne serait plus erroné. On peut être syphilitique, présenter une myocardite avec stase veineuse, sans que cette myocardite soit forcément et uniquement spécifique. D’ailleurs, les lésions syphilitiques du cœur affectent une latence extrême ; pendant longtemps la gomme évolue sans occasionner le moindre trouble, puis brusquement elle se dévoile par une mort subite; ou bien elle ne se laisse pas soupçonner, et constitue une découverte d’autopsie. Existe-t il un syndrome asystolique ou toxi-asystolique? 11 résulte d’une autre cause que de la gomme cardiaque : de la sclérose rénale ou artérielle, ou de la myocardite interstitielle d'origine artérielle. Or, puisque la gomme se dévoile si peu au début des accidents, on comprend qu’il soif souvent impossible de déterminer d’une façon précise sa localisation. La syphilis du cœur rentre donc pour un grand nombre de cas dans la catégorie des erreurs de diagnostic; souvent inaperçue, elle constitue une surprise d’autopsie.
TRAITEMENT
Cependant, chez un syphilitique avéré avec aortite et avec gommes superficielles, l’apparition do troubles cardiaques doit faire craindre une syphilis du cœur (1). Inutile de chercher une localisation aux lésions; il y a lésion cardiaque, cela suffit, une seule cause dans les antécédents du malade autorise un diagnostic causal: la syphilis. Ne nous pressons pas cependant d'instituer un traitement iodo-mercuriel. Un examen des urines nous renseigne sur l'état des reins. Dans le cas d'une albuminurie légère chez un hypertendu, même quand il existe une syphilis du cœur, le traitement mercuriel peut se montrer nuisible. Il faut être sur de la facile élimination du mercure dans les urines pour être en droit d’instituer la médication.