II. — Hypertension pulmonaire
l/hypertension pulmonaire est connue depuis longtemps, et c'est une raison pour laquelle je n’insisterai pas a son sujet. Elle se traduit surtout à l’auscultation, par le retentissement du second bruit du cœur à gauche du sternum, au niveau de l'orifice de l’artère pulmonaire. Elle est un symptôme habituel des u //‘celions mit mies (insuffisance et relré-
(1) Livon (de Marseille), Aclion dos sécrétions internes sur la tension sanguine ( Congrès de Montpellier, 181)8).
TUOIS HYPERTENSIONS.
eisscment), mais surtout du rétrécissement, et dans cette dernière maladie elle atteint un haut et sévère degré d intensité lorsque la thrombose auriculaire vient la compliquer.
Dans les affections gastro-intestinales et hépatiques a retentissement cardiaque, l’hypertension pulmonaire est un phénomène beaucoup plus rare qu'on a voulu le dire. En tout cas, elle n'arrive jamais à produire des accidents capables de compromettre l’existence.
Elle devient, au contraire, un grand danger dans certains étals morbides, et particulièrement dans les cas où, survenant subitement au cours de la sclérose aortique et rénale , elle arrive à produire un œdème suraigu du poumon contre lequel une large saignée, faite hâtivement, peut conjurer un péril mortel.
Parfois, la double hypertension — aortique et pulmonaire — se trouve réunie chez le même sujet, ce qui donne lieu au syndrome très rebelle de Y arythmie palpitante. C'est dans le rétrécissement mitral des artérioscléreux, décrit par moi pour la première fois, en 1894, au Congrès de Lyon, que ce syndrome apparaît parfois dans toute son intensité. Il s'explique par l’énorme travail que le cœur est obligé d'accomplir, en raison de l'hypertension artérielle produite par l’artériosclériose cl par la néphrite interstitielle souvent concomitante, cl de l’hypertension pulmonaire qui est l'œuvre du rétrécissement de l'orifice auriculo-x entriculairc ; d’où une arythmie palpitante et angoissante que la digitale, surtout à doses élevées et prolongées, peut singulièrement aggraver. Car, une cause fréquente de la faiblesse du cœur esl dans la disproportion entre la résistance insuffisante du myocarde et les obstacles qu'il doit vaincre : obstacles au niveau de la petite circulation dans tout le réseau vasculaire du poumon, dont l'état de contracture forme comme un barrage au-devant du cœur droit ; obstacles dans la grande circulation, dans tout i arbre aortique, ou l'hypertension sanguine forme un autre barrage au-devant du cœur gauche. Aux confins des
HYPERTENSION PORTM.Ii.
deux s> sternes circulatoires, les deux freins vasculaires sont trop serrés, et le cœur lutte contre eu\ par les palpitations et la tachycardie, jusqu'à ce qu'il commence à donner, par l'arythmie, le signe de son épuisement contractile. En hydraulique, en mécanique, quand les freins sont trop serrés, on les relâche, et on ne pense pas un instant à augmenter le pouvoir moteur de la machine, surtout si celle-ci est déjà affaiblie. En thérapeutique cardiaque, nous avons souvent le tort de vouloir toujours agir directement sur le cœur, et de prescrire inconsidérément la digitale. La médication des symptômes a fait son temps; il faut s’élever plus haut, jusqu’à la cause, à la pathogénie. Celle-ci nous enseigne que chez les malades menacés par les deux hypertensions combinées, le travail du cœur n’a pas besoin d’ètre toujours renforcé, mais allégé; ce n’est pas le cœur central <| ne doit viser la thérapeutique, c’est le cœur périphérique ; ce n’est pas la palpitation, élément et condition de la lutte, qu’il faut modérer ou accroître, c'est la cause que l'on doit atteindre dans son mode de production. Ainsi, chez les chlorotiques et les nerveux, il \ a certaines palpitations dues à l'angiospasme que la t ri n i t ri ne et tous les médicaments hypotenseurs parviennent à vaincre, mieux que tous les médicaments cardiotoniques.
11 y aurait encore beaucoup de choses à dire sur l’hypertension pulmonaire et ses conséquences; mais j’ai hâte d’arriver à l'étude encore sommaire de l’hypertension porlale, tombée injustement dans l'oubli.