‹ Maladies du cœurChapitre 155 sur 204 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

ainsi les recherches antérieures d'Ilippolyte Martin en 1881); ±' sclérose péri-artëricUo , celle-ci dilïüse et de nature itillammatoire siégeant autour de l'artère malade ; 3° sclérose m ixte , à la fois para et péri -artériel le ; 1° sclérose périveinense. Sans doute, comme on l'a écrit dans le Manuel d'histologie de Corn il (1907), en reproduisant dans les memes lermes cette classification sans nom d'auteurs, « ces caractères topographiques ne se voient qu'evceptionnellcment sous une forme aussi schématique ». C’esl même pour cela que nous avons décrit une forme mixte, et si cette affirmation est une objection, celle-ci comme celle-là sont sans valeur. Continuons l'examen des divergences d’opinions.

Ce terme d’artériosclérose consacre une erreur de nosologie, dit Bouveret en 1901. Il ajoute (pie l'hypertrophie du cœur el la sclérose des artères sont toujours secondaires, et il conclut en ces termes ; « Le premier organe touché, c’est le rein. Le premier anneau de la chaîne pathologique qui comprend l'hypertrophie du cœur, la sclérose des artères et celle de plusieurs organes, c’est la néphrite interstitielle, la sclérose rénale ». Il reproduisait ainsi une opinion émise des I8.">2 pai Johnson, puis parGowers en 1870. Cette même année, Labre (de Marseille) avait dit : « C’est par l’intermédiaire d’une viciation du sang due au défaut d’excrétion rénale, que s'explique l’endartérite qui naît de la néphrite interstitielle » ( 1 ). Cependant, il faut bien avouer que souvent, comme l a dit Grainger Stewart (1888), « la fibrose artériocapillaire reste assez longtemps émancipée de toute néphrite ».

Avant ces auteurs, nous voyons Kirkes, dès 18.">7, signaler dans la néphrite interstitielle la fréquence des lésions vascu-

(I) Dans une élude qu’il csl équitable de rappeler sur I inflammation aigu» et chronique de l’aorte thoracique qu’il appela ensuite « cardo-aortitc » à peine ébauchée avant lui par Bizot, .l.-P. feissicr donne, par une simple note, 1’aRîrmation suivante, bien démontrée par la suite : « Rien n’est plus fréquent que la coïncidence de 1 albuminurie, même de la glycosurie, ainsi que la dégénérescence rénale de Bright avec les inflammation aiguës et chroniques de 1 aorte. » 1.-1/'/ medical, 1859-1860.) Itizol voyait que l’aortite.

L'ARTÉRIOSCLÉROSE.

laires ôte nd lies à I ou I le sxstême aortique, et meme avant (Jull et Sut ton, en 1871, Lancereaux proposer de substituer dans beaucoup de cas le nom de néphrite artérielle h. celui de néphrite interstitielle, ajoutant celle phrase qui peut être considérée comme le point de départ de la liiéorie des deux auteurs anglais : <i Il n'exisle pas. a vrai dire, de maladie des reins, et l’altération de ces organes est l'expression anatomique d'une maladie plus générale ». Quatre ans auparavant, il avait indiqué, dans son élude sur 1 artérile, les lésions viscérales liées au rétrécissement inflammatoire des artérioles. Enfin, deux thèses de Paris (1877 et 1884), celles de lléuouille et de Pineau, étudiaient les rapports de l'atliérome et de l’artériosclérose avec la néphrite interstitielle.

Dans l'opinion de Bouveret qui peut paraître exagérée, il y a une grande part de vérité, et dès 1874, Mahomed avait regardé la congestion du rein comme le point de départ de l’hypertension artérielle par suite du retard apporté à l’élimination des substances toxiques. Pour ma part, j'ai démontré par l’observation clinique, des 1885, (pie l'imperméabilité rénale joue un rôle prépondérant dans l’évolution clinique delà maladie, à ce point que le traitement rénal de l'artériosclérose devient la base de la médication. Mais, il ne faut pas confondre artériosclérose et brightisme, comme je l'ai fait remarquer en 1893. En effet, si l’artériosclérose n'est autre qu’une néphrite interstitielle, (pie fait-on des cas où la maladie reste si longtemps localisée au cœur, si longtemps localisée à l'aorte, si longtemps localisée à l'œil? Car, il faut bien le dire, l’artériosclérose u'csl pas toujours généralisée, surtout d'emblée, elle se montre souvent chez le meme sujet par étapes successives, envahissant un organe pour s'étendre à d’autres organes ensuite, à ce point qu’au Congrès de Home en 190b, Tcdcschi a pu dire avec une grande apparence de raison, qu’il n'y a pas une artériosclérose, mais différentes formes d’artérioscléroses pouvant obéir a des causes variées et suivre une évolution clinique sensiblement différente.

Il n'y a pas dans celle maladie, comme le croyait Traube.

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