II. — Pathogénie
!" Acrio.x moi! v ki sk. — Cn 1885 et surtout en 1889 dans mes leçons sur les maladies du cœur et des vaisseaux, après avoir passé en revue toutes les causes de l'artériosclérose, après avoir envisagé J’endartérite à litre de lésion consécutive à une irritation locale et l’avoir assimilée à une sorte d’endartérite traumatique , je me suis demandé, pour l’étude pathogénique de la question, s'il n’y aurait pas une endartérite spontanée d’origine nerveuse. On me permettra de reproduire le long passage que je consacrais alors à ce sujet.
Les expériences et certaines observations tendraient a prouver l'existence de l'endartérite nerveuse, et Giovanni incline a penser que la sclérose artérielle peut être le résultat de perversions dans le fonctionnement dés nerfs vaso-moteurs. Cet expérimentateur a sectionné à plusieurs reprises chez les chiens à travers deux espaces intercostaux les cordons du grand sympathique, et ayant sacrifié ces animaux quelques
PATHOGÉNIE
mois ou quelques semaines après, il a toujours trouvé à l’autopsie des taches jaunâtres athéromateuses disséminées à la surface interne de l'aorte descendante ( 1 8 7 7 j . Il cite à l’appui de son opinion l'observation suivante : Chez une femme de cinquante ans atteinte depuis sa jeunesse d'une névralgie faciale du coté droit, l’artère temporale et ses ramifications étaient volumineuses et rigides, tandis que celles du coté opposé étaient absolument normales. Botkin avait déjà, en 1875, fait la remarque que l'endartérite se développe beaucoup plus dans les artères siégeant du côté où l’on observe des troubles vaso-moteurssymptomatiques d'une lésion unilatérale du cerveau. J’ai vu un fait semblable à celui de Giovanni dans un cas de névralgie brachiale gauche. Le malade éprouvait depuis plusieurs années, sans qu'il eût été possible de les calmer, des souffrances continues et violentes. Or, tonies les artères du bras et de l’avant-bras du côté gauche, siège des douleurs névralgiques, étaient devenues dures et athéromateuses, tandis (pie celles de droite avaient gardé leurs caractères normaux.
II résulte de ces faits expérimentaux et cliniques consciencieusement colligés et étudiés par Schnell dans sa thèse inaugurale de 1880, <pie l’endartérite peut être produite par des lésions nerveuses... A la suite de la section expérimentale des nerfs vagues, Ilippolyte Martin, se basant sur la topographie des lésions, est arrivé à cette conclusion, qu’après la section de ces nerfs, le premier phénomène constaté est l’altération vasculaire et que les lésions musculaires et conjonctives lui sont consécutives. Cette interprétation concorde avec les données de l’anatomie pathologique (pii nous ont appris la subordination des dégénérescences musculaires et scléreuses à l'endartérite oblitérante. Il faut donc conclure avec cet expérimentateur, (pie les centres nerveux n'exercent pas une influence trophique directe sur les I issus, qu’ils agissent sur ccs derniers, seulement par l’intermédiaire des vaisseaux. On a ainsi affaire, d’après son expression, à une véritable trophoneurose vasculaire.
Hichard. — Consultations médicales, t. 11.
L’ARTÉRIOSCLÉROSE.
Voilà ce que j’écrivais en 1880. Mais Giovanni et tous les expérimentateurs qui lui ont succédé, oui déterminé des lésions athéromateuses; les cliniciens n'ont vu encore que des lésions athéromateuses a la suite denévralgies rebelles onde troubles vaso-moteurs plus ou moins intenses, lis onl constaté une simple lésion, l’afhérome; mais ils n'ont pu, ni produire de toutes pièces par expérimentation, ni observer en clinique a la suite de l’irritation des nerfs la maladie artérioscléreusc ou sclérose artérioviscérale. J’ajoute que je crois difficile, peutêtre impossible, de reproduire par expérimentation une artériosclérose, tandis que la chose est possible pour l’athérome, lequel est une lésion et non une maladie, ou seulement encore une maladie anatomique, non clinique. Car, nous verrons qu’on a eu tort de confondre trop longtemps athérome et artériosclérose. Les expériences n’ont démontré qu'une chose, admise d’ailleurs par tout le monde : l’influence du système nerveux sur la product ion de lésions vasculaires.
Les lésions vasculaires et l’endartérite oblitérante peuvent réagir à leur tour sur les nerfs pour produire des névrites, comme il résulte d’une observation déjà ancienne de Jotfroyet Achard (1889), où la fibre nerveuse privée de l’irrigation sanguine est. morte « par un mécanisme analogue à celui qui produit le ramollissement du cerveau ».
2° Tension artérielle, intoxication. — Malgré l'importance de l’hypertension artérielle, on ne saurait assez dire que celle-ci, loin d’être le primum movens de toute l’évolution clinique de l'artériosclérose, est constamment un phénomène consécutif à l’intoxication, laquelle domine toute l'histoire symptomatique de la maladie, d’où cette formule à retenir: Les cardiopathies artérielles commencent par l'intoxication, elles continuent par l' intoxication, elles finissent par V intoxication. Cefic-ci est souvent d’origine alimentaire, comme il sera démontré plus loin par des chiffres. « De nombreuses observations — ai-je dit encore dès 1889 — me permettent d'affirmer que les excès et surtout les erreurs d’ali-