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I. — Aortite et fausse angine de poitrine

Une femme de quarante-huit ans est traitée pour une angine de poitrine coronarienne. Le diagnostic était vraisemblable; il n’était pas vrai.

Que trouve-t-on à l’examen de la malade? Des signes physiques, des troubles fonctionnels.

Parmi les signes physiques figure un retentissement diastolique à timbre clangoreux de l'aorte. Le retentissement diastolique indique l’hypertension artérielle; le timbre clangoreux accuse une lésion de l’aorte avec ou sans hypertension. Lxiste-t-il une dilatation du vaisseau? Les sous-clavières sont peu surélevées, preuve que l'aorte, au niveau de la crosse, n’est pas très dilatée.

Gomme signes fonctionnels , on observe des manifestations

AORTITE SYPHILITIQUE.

douloureuses sous forme d’une douleur permanente, augmentée par la pression au niveau du troisième espace intercostal gauche et caractéristique d’une névralgie intercostale. La malade souffre, en outre, de crises douloureuses à caractère constrictif, irradiant dans le bras gauche et la main. Ces crises offrent un caractère spécial : elles ne naissent pas sous l’influence de la marche ni de l’effort. La malade ne peut les provoquer, soit qu'elle monte trop vite un escalier, soit quelle courre rapidement. La douleur apparaît spontanément, a toute heure du jour, en dehors de cause provocatrice apparente. Ce n'est donc pas une angine de poitrine coronarienne, le caractère de celle-ci étant de n’apparaître qu'à l’occasion d'un eltort, d’une marche, d’une course rapide.

Alors de quelle affection s’agit-il? L’aorte est certainement touchée, et un élément de première importance se retrouve dans le passé de cette femme; elle a eu la syphilis il y a douze ans. Or, l’aortite syphilitique est fréquente, se montrant dix, vingt ou même trente ans après l’accident primitif ; elle présente un grand intérêt pronostique.

Cette aortite pourrait créer l’angine coronarienne, qui n’existe pas encore aujourd’hui, mais qui pourrait survenir demain. Et cette complication d’angine coronarienne faisant suite à l’aortite se produit de deux façons : 1° par une inflammation de l’aorte s’étendant à l’orifice des coronaires et venant obstruer ou rétrécir la lumière du vaisseau comme ferait un pain à cacheter; 2° par propagation de l'inflammation aortique aux coronaires, par coronarite.

Ici, il ne semble pas (pie la maladie ait oblitéré l’orifice ou le trajet des coronaires. La malade est al teinte d’aortite, de périaortite avec névrite cardiaque consécutive. C’est, à ces deux propagations inflammatoires que sont dues les douleurs; elles appartiennent non à de l’angine de poitrine, mais à de la pseudo-angine, l’aortite pouvant à la longue aboutira l’angine de poitrine vraie, par lésion ultérieure des coronaires.

Une autre éventualité est à craindre : L’aortite syphilitique

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