AORTITE ET FAUSSE ANGINE DE POITRINE
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est une maladie <| u i ne reste pas locale. Elle a tendance à s’étendre, et le rein est l’organe qui se trouve surtout menacé. Car, la vulnérabilité rénale des syphilitiques est un phénomène important; il explique pourquoi l’aortite syphilitique a pour caractère principal de se compliquer tôt ou tard de néphrite interstitielle. J’ai observé ce fait très fréquemment, à ce point que dès l’apparition de cette aortite, si le médecin n’insiste pas pendant des mois et des années sur la médication rénale dans toute sa rigueur, on peut prédire avec certitude l’évolution hâtive ou lointaine de la néphrosclérose. Cette complication est donc bien prévue; il s’agira dès lors de la prévenir, et pour cela le traitement antisyphilitique est ici moins important (pie le traitement rénal de la cardiopathie artérielle ou aortique, tel que je l’ai exposé dans la thèse de mon ancien interne le Dr Bergouignan (1).
Pour être complet, ajoutons que cette femme est à l’époque de la ménopause, âge auquel surviennent souvent certaines cardiopathies étudiées par Clément (de Lyon) et que j’attribue à l’artériosclérose provoquée par l’hypertension artérielle (2). Celle-ci découle probablement d’une cause très importante : la suppression de la fonction ovarienne. Or, Livon (de Marseille a démontré (pie les sécrétions internes exercent des effets vaso-moteurs variables. Certaines de ces sécrétions sont hypotensives, et parmi elles’ celle de l’ovaire. Dans la ménopause, le frein hypotenseur ovarien fait défaut, d’où hypertension artérielle avec ses conséquences possibles : aortite, artériosclérose.
Au sujet du traitement , il faut se rappeler que la malade a eu la syphilis. On lui administrera donc de l’iodure de potassium. Jadis, j’ai préféré l’iodure de sodium ; mais l’iodure de potassium est plus actif, surtout à titre de médicament antisyphilitique, sans toutefois entraîner les accidents
(1) Beugouignan, Le traitement rénal des cardiopathies artérielles. Thèse de Paris, 1901.
(2) II. Huchard, 1889. — Fiessingeu, Journal des praticiens, 1902.
AORTITE SYPHILITIQUE.
qu’il est d'usage d'imputer à l’emploi des sels potassiques. En outre, il y aura lieu de faire des injections mercurielles qui sont, il faut le savoir, souvent inefficaces et dont on abuse. Quant à l'hypertension artérielle, elle sera combattue par la prescription d’un régime alimentaire sévère : laitage, légumes, œufs, aliments très peu salés.
Contre l’aortite de la ménopause, l’administration de pastilles d’ovarine ou d'extrait de corps jaune rendra également des services. Celte médication, par son action hy potensive, est tout indiquée ; on ne la placera toutefois qu’au second rang, la première place en vue d’obtenir une action hypotensive étant toujours dévolue au régime lacto-végétarien.