ANGINE DE POITRINE
L’estomac fonctionne bien; il ne s’agit donc pas d’une tachycardie d’origine stomacale. D’ailleurs, les troubles de l’estomac donnent rarement naissance à de la tachycardie simple ; le plus souvent, ils provoquent de l’arythmie ou de la pseudoangine de poitrine.
J'ai eu l'occasion d'observer, il y a une quinzaine d'années, un jeune homme de dix-huit ans ayant grandi très vite. Il présentait une tachycardie continue (130 à 140 pulsations), et aucune aulre cause qu’une maladie de cœur ne semblait expliquer cette accélération des battements. Je conclus d’abord, avec Germain Sée, à une myocardite. L’observation ultérieure réforma ce diagnostic. Le malade toussait un peu, il maigrissait; on prit sa température, et le thermomètre marquait le soir 38°, 3 à 39°. Un sommet du poumon fut trouvé suspect; des frottements étaient perçus à la base droite. C’était une tuberculose pulmonaire qui évoluait sous celte forme tachycardique et qui se termina ensuite par la mort, deux ans après.
En général, dans la tuberculose pulmonaire, on peut distinguer deux tachycardies :
1° L'une qui n’est pas immédiatement grave : c’est celle qui existe souvent au début, surtout chez les enfants, qui est due à une compression du pneumogastrique par les ganglions bronchiques hypertrophiés. Cette tachycardie n’annonce pas un péril pressant, et le praticien a du temps devant lui.
2° La seconde forme de tachycardie est immédiatement grave : c’est celle qui se produit tout à coup vers la fin de la maladie. Elle traduit une paralysie du pneumogastrique par les toxines tuberculeuses. N’hésitez pas à avertir la famille; la fin est proche.