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L — Lorsque, quinze el même trente ans après l'accident

ERREURS THERAPEUTIQUES.

initial, un malade est atteint A' aortite syphilitique, on abuse encore de deux médicaments : de l’iodure et du mercure.

L’iodure guérit rapidement certaines manifestations nettement syphilitiques; le mercure les prévient, c’est une chose entendue. Mais, avez-vous jamais vu ces deux médicaments obtenir la guérison des manifestations parasypbilitiques du tabes, de la paralysie générale, de l’aortite? Malgré l'insuccès reconnu de la médication, on n'en continue pas moins à abuser singulièrement des injections mercurielles, alors qu'il est démontré par AYelandcr (de Stockholm) qu’elles sont capables de produire à la longue de l’albuminurie avec eylindrurie, dans une maladie où le rein finit toujours par se prendre tôt ou tard. Car, j'ai démontré (l)que pour l'aortite syphilitique comme pour les cardiopathies artérielles, la maladie esl à l'aorte et le danger au rein, ce qui veut dire <1 ue tôt ou lard la néphrosclérose, avecson cortège habituel de symptômes graves, fera son apparition, si l'on n’y prend garde. Prévoir, c'est prévenir. Or, vous pourrez prévenircette complication redoutable que vousavez su prévoir en instituant de bonne heure le traitement rénal, c’est-à-dire en insistant sur le régime alimentaire et sur la médication diurétique. Ce traitement, auquel vous pourrez joindre des injections mercurielles d'une façon très modérée et de faibles doses d'iodure de potassium, aura des etl’ets bien autrement salutaires que la seule médication indurée et hydrargyrique prescrite d'une façon intensive et trop systématique.

24. — Une autre erreur a eu cours pendant longtemps au sujet de l'anesthésie chloroformique îles cardiopalhcs , anesthésie que l'on croyait presque toujours contre-indiquée chez eux et que l’on pratiquait d’une façon incomplète dans la crainte d'accidents. ,J'ai déjà traité cette question, ainsi que celle de l'abus des reculs ifs et des vésicatoires (2).

(ii II. 1 1 cch MU). Consultations médicales, 4e édition, Paris, 1900. Voir encore dans ce volume : Aortite syphilitique.

(2) Hcchahd, Consultations médicales, b''- édition, I. 1. Thérapeutique clinique, 1909,

EltH EU HS CLINIQUES ET THÉRAPEUTIQUES.

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i,'>. — Quelques auteurs, s’appuyant sur mes travaux dénaturés ou incompris, pensent que le traitement de la présclérose doit viser uniquement Y hypertension artérielle, et s’autorisant de quelques résultats éphémères obtenus par l’électricité, ils n'ont pas craint de publier, surtout dans la presse extramédicale, des guérisons de l’artériosclérose on deux ou trois semaines!

Celte erreur doit-elle s’appeler d’un autre nom?... En tout cas, on ne saurait trop protester contre elle. Sans doute, la médication hypotensive a une grande valeur dans certains cas, comme dans les anévrysmes où les injections gélatineuses sont loin de suffire, ainsi que je l'ai démontré, il y a quelques annéesà l’Académie de médecine. Mais, abaisser l'hypertension, n’est qu’un des éléments du problème t hérapeutique à résoudre, puisque celle-ci est le résultat de l’intoxication alimentaire favorisée par l'insuffisance rénale. L'hypertension artérielle est surtout fonction d’intoxication; c'est donc celle-ci que nous devons d’abord et constamment combattre, c’est encore la médication rénale qu'il importe de toujours poursuivre. En 11)07, à la Société de thérapeutique, j’ai suscité auprès des principaux électrothérapeutes une importante discussion, à laquelle je n’ai pas voulu prendre part pour leur laisser toute indépendance d’opinion, et ils sont arrivés aux mêmes conclusions qui contribueront sans doute à ne pas faire dégénérer davantage, pour quelques-uns, les courants de haute fréquence en courants de haute réclame ou de haute finance...

Voici l’opinion émise par deux d'entre eux : « L’abaissement durable delà pression parla répétitiondes séances d’électricité nous a semblé nettement moins constant et surtout beaucoup moins accentué (pie certains auteurs l’ont proclamé. Nous ne pensons pas que la pression sanguine soit le seul facteur dont on doive tenir compte ; nous attachons une grande importance a la nutrition générale et à 1 élimination urinaire » (I ).

Dès 1809, un éleclrothérapeute très consciencieux disait :

( D I>kliieiim H Laqikiuuèhe, Société (le thérapeutique, 1907.

Kit H EU HS THEKAPEUTiqUES.

« Il nous semble difficile d'admettre que ce mode thérapeutique influence directement les parois des vaisseaux ; mais il est probable que, en modifiant la nutrition générale et en l'améliorant, les hautes fréquences peuvent atténuer l’évolution de l’artériosclérose » (l). Donc, elles atténuent; elles ne guérissent pas.

2(L — La déchloruration alimentaire est une acquisition thérapeutique des plus importante. Mais, on en a encore beaucoup abusé, et elle n'est pas constamment capable de résorber toujours et infailliblement les œdèmes ; il faut yjoindre encore la médication diurétique pour favoriser et activer davantage l'élimination rénale. La déchloruration alimentaire ne peut remplacera elle seule le régime lacté ou lacto-végélarien qui a fait ses preuves, et les deux médications obéissent à la loi des indications thérapeutiques, l'une prévenant ou entravant souvent la formation des œdèmes, l'autre contribuant à leur résorption et à leur élimination.

27. — A l’étranger surtout, on commet une erreur des plus grave en adressant a la nul me station hydrominérale , pourvue de bains carbo-gazeu.x, tous les cardiaques indistinctement: les hypertendus comme les hypotendus, les angineux comme les faux angineux, les malades atteints d'affection du cœur et ceux qui n'en ont pas, les cardiopathies valvulaires comme les cardiopathies artérielles. Nauheim serait donc la station-panacée pour toutes les maladies du cœur. lien résulte des accidents sérieux, des aggravations, des morls rapides ou subites, dont j'ai donné à l’Académie de médecine, Ja relation confirmée par les observations de A. ltobin (2). Inutile de revenir sur cette question que j’ai déjà traitée (page 1(H).

otf. — Ouvrez vos livres et lisez ce <|ue l'on dit de l’emploi de la digitale dans le rétrécissement mitral, bien de plus inexact ni de plus contraire à l'observation clinique et aux

(1) Apostou, I anales d’électrobiologie. I 899.

(2) il. UrciiAïui. Société de thérapeutique ut Acad, de rnèd., 1903.

ERREURS CLINIQUES ET THÉRAPEUTIQUES

enseignements de la thérapeutique que de dire avec Putain : « Le rétrécissement mitral étant réglé pour un petit travail, la digitale est toujours contre-indiquée parce qu'elle augmenterait ee travail ; elle est inutile et même nuisible, tant qu il n’y a pas d'arythmie ; à la dernière période, elle est seulement utile ». Rien de plus contraire aux notions physiologiques «pie cette affirmation d’un autre auteur : « La digitale ne ferait que provoquer un fonctionnement excessif du cœur et I épuiserait, car il lui est impossible de faire passer a travers l'orifice une quantité de sang plus grande que ne le permet l’obstacle invincible ». Or, j’ai démontré absolument le contraire, et le rétrécissement mitral est peut-être la seule maladie valvulaire où, à la période même de compensation, la digitale soit nettement indiquée et produise de très bons cll’cls d’après une posologie (pie j'ai indiquée.

i9. — On a dit et l’on répète encore que la profonde dégénérescence du myocarde est une contre-indication a l’emploi et à l’action de la digitale.

Encore une erreur. Car on a vu des cas, comme dans la cardiosclérose, où le muscle cardiaque étant envahi presque en totalité par l’élément scléreux, la digitale avait parfaitement agi pendant la vie. A l’Impilal des vieillards, Albert Robin a autrefois prescrit avec grand succès le médicament à des sujets très âgés atteints de myocardite très avancée (1). Ce fait, en apparence paradoxal, ne doit pas étonner, puisque la physiologie nous apprend que le médicament agit non seulement sur le myocarde, mais aussi sur ses nerfs comme sur tout l’appareil vasculaire. Donc, l'impuissance accidentelle du médicament, due à d’autres causes et surtout aux barrages circulatoires, ne mesure en aucune façon l’impuissance du myocarde, comme Rujardin-Reaumetz cl tant d’autres praticiens l’ont cru pendant longtemps ou le croient encore.

(1) A. Roms, Union médicale et Gaz. des hôp., 1892.

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