DIAGNOSTIC. CONSÉQUENCES THÉRAPEUTIQUES
stigmates cl ' h y sté ro-é p i le psi e , et vous les trouverez souvent, comme il est arrivé chez nos deux premiers malades.
On a depuis longtemps décrit l’aura cardiaque. Notre dernier malade qui, en dehors de ses pertes de connaissance, ne se plaignait jamais du cœur, ne présentait aucune lésion organique de cet organe. Chez lui, pas de cardiopathie, mais simplement aura cardiaque de nature et d’origine épileptique sous forme de palpitations.
Si dans tout ceci nous n’avons pas prononcé le mot de syncope cardiaque, est-ce à dire que toutes les syncopes dites cardiaques sont d'origine hystéro-épileptique et qu’il n’en saurait exister de vraiment cardiaques ? Non, et il y a une syncope cardiaque d'une excessive gravité : celle de l’angine de poitrine. Elle ressemble à la syncope épileptique, parce qu’elle est presque aussi inconsciente; elle en diffère parce qu'elle est mortelle.
Qu’on ne s’obstine donc pas à traiter des syncopes cardiaques qui n’existent pas! Un cardiaque qui a des pertes de connaissance ou des convulsions est un hystérique ou un épileptique. Le premier relève de l’hydrothérapie, le second a droit au bromure.
Dans la maladie de Stokes- Adams, dans les cardiopathies artérielles, on observe parfois des accidents syncopaux et épileptiformes ; mais ceux-ci ne proviennent certainement pas de la lésion cardiaque.
En un mot, les cardiaques hystériques et les cardiaques épileptiques se rencontrent assez fréquemment, et l’on commet une double erreur — de pronostic et de thérapeutique — en disant que l'hystérie et l’épilepsie sont d’origine cardiaque. Jamais ces deux névroses ne procèdent d’une cardiopathie, et il s’agit presque toujours, pour ne pas dire toujours, de maladies fortuitement associées.
Si l’on place l’épilepsie et l’hystérie sous la dépendance de la cardiopathie, on arrive à croire faussement à une aggrava- IIuchard. — Consultations médicales, t. II. 4
HYSTÉRIE ET ÉPILEPSIE CARDIAQUES
tion de cette dernière maladie : première faute, de pronostic. Puison institue le traitement cardiaque des accidents nerveux : seconde faute, de thérapeutique.
La clinique démontre qu’il faut soigner différemment, c'est-à-dire indépendamment l'une de l'autre, la cardiopathie et la névrose réunies fortuitement sur le même sujet. Car la cardiopathie ne produit pas plus la névrose que la névrose la cardiopathie.
I. Cardiopathies et état nerveux. — Syncope, symptôme cardiaque mais non symptôme d’affection cardiaque. Syncopes mortelles dans l'insuffisance aortique artérielle, l'angine de poitrine, la maladie de Stokes-Adams, rarement dans la tachycardie paroxystique et l’adipose cardiaque. — Hémiplégie hystérique, polypnée, phénomènes angineux, syncopes, palpitations. Rétrécissement mitral et hémiplégie hystérique. Insuffisance mitrale et syncopes nerveuses. Fausse apparence de gravité dans les cardiopathies avec hystérie. Hystérie cardiaque et épilepsie cardiaque, ou plutôt hystérie et épilepsie chez les cardiaques. L’épilepsie et l’hystérie cardiaques n’existent pas. Erreurs de diagnostic.
II. Souffles anorganiques. — Quelques exemples, et exagérations commises au sujet de la fréquence de ces souffles extracardiaques. Appareil séro-graisseux du cœur. Cause anatomique des bruits extra* cardiaques permanents.
III. Fausses maladies du coeur et service militaire. — Encore la pseudohypertrophie cardiaque de croissance. Cœur adénoïdien. Cœur thyroïdien. Syncopes, intermittences cardiaques, palpitations. Souffles extracardiaques. Nécessité d’une nouvelle réglementation des conseils de révision.
La marque suprême d’un bon médecin est de connaître la tendance des maladies, le but où elles marchent, disait Borsieri. On pardonne plus volontiers à un médecin une erreur de diagnostic difficile à juger avec compétence qu’une erreur de pronostic appréciable pour tout le monde. Plus qu’à toute autre affection peut-être, cet aphorisme est applicable aux affections du cœur, ou plus exactement à celles qui peuvent les simuler. Rappelons, à ce sujet, quelques faits montrant la réserve qu’il faut garder dans les cas de ce genre.