II. — Souffles anorganiques
A côté de ces faits, il convient de donner une place à ceux dans lesquels un souffle extracardiaque est la cause d’une erreur de pronostic. Ces souffles, qui méritent plutôt le nom de cardio-pulmonaires , ont des caractères assez nets permettant, de les reconnaître facilement. Toutefois, il est des cas où la distinction est extrêmement difficile. Nous avons observé dans le service deux femmes fort intéressantes à ce point de vue.
La première malade était rhumatisante, et le souffle pouvait être pris pour le signe d’une endocardite, voire même pour une péricardite à son début.
L’autre était albuminurique et présentait trois souffles si nets, si intenses, tellement semblables à des souffles organiques, que tous les médecins appelés à l’examiner portèrent avec nous le diagnostic d’une triple lésion ; et cependant ce diagnostic fut complètement infirmé par l’autopsie.
Voici ces deux faits :
D. M..., vingt-trois ans, entre à l’hôpital le 4 janvier 1890. Elle a eu deux attaques légères de rhumatisme à dix-sept et dix-neuf ans, et elle souffrait, à son entrée, de douleurs articulaires peu intenses qui ont promptement cédé à l’emploi du salicylate de soude, à la dose quotidienne de 4 à 5 grammes. Dès le second jour, mon attention est appelée sur un souffle constaté à la région cardiaque. On devait dès lors se demander si l’on se trouvait en présence d’un début de péricardite ou d’endocardite. Je dois dire cependant que je ne m’arrêtai guère à ces deux hypothèses et que, même avant d’avoir ausculté la malade, je pensai à l’existence probable d’un souffle cardio-pulmonaire. Ce bruit présentait du reste les caractères propres aux souffles extra-