‹ Maladies du cœurChapitre 27 sur 204 · SOUFFLES ANORGANIQUES · texte numérisé non relu

SOUFFLES ANORGANIQUES

cardiaques et sur lesquels nous reviendrons dans un instant : il était sus-apexien, mésosystolique, doux, aspiratif, sans propagation au voisinage. On ne pouvait guère le confondre avec le frottement péricardique. Quant à la possibilité d'une endocardite aiguë, je la rejetai en vertu de ce principe connu, mais sur lequel on ne saurait trop appeler l'attention : dans l’endocardite aiguë, les souffles ne se montrent jamais d'emblée , mais seulement au moment où des lésions valvulaires se sont constituées. C’est en vertu de cette règle clinique que j’ai immédiatement songé à l’existence probable d’un souffle anorganique.

Au début de l'endocardite, en effet, on observe une modification de timbre et d'intensité des bruits normaux du cœur, qui deviennent sourds, confus, parcheminés, enroués, voilés, et Potain, d’après Bouillaud, les compare avec raison au « bruit du tambour voilé d’un crêpe », comparaison que le poète Baudelaire a traduite, sans le vouloir, par ces vers :

Loin des sépultures célèbres.

Vers un cimetière isolé,

Mon cœur, comme un tambour voilé,

Va battant des marches funèbres.

Donc, lorsque vous constaterez chez un rhumatisant l'apparition soudaine d'un bruit de souffle dans la région cardiaque dès les premiers jours de la maladie, et sans avoir constaté antérieurement d’altération appréciable dans le timbre des bruits du cœur, n’hésitez pas à porter Je plus souvent le diagnostic de souffle extracardiaque. Nous en avons eu, chez la

malade, la confirmation absolue dans la disparition de ce bruit, et cela du jour au lendemain.

Mais ce diagnostic n’est pas aussi aisé lorsque les souffles sont intenses et qu’ils coïncident avec une autre maladie telle qu'une lésion rénale. C’est ce que montre bien la seconde observation.

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