‹ Maladies du cœurChapitre 31 sur 204 · EXAMINÉ · texte numérisé non relu

EXAMINÉ

Acidité totale

11C1 libre

HCl combiné organique

Chlorhydrie

Chlore total

Chlore minéral fixe

Coefficient

Coefficient

En raison de la quantité T (chlore total) assez élevée, il faut admettre ici un état congestif et vasculaire très accusé de la muqueuse gastrique ; le coefficient A — II sur C qui, au lieu de 0,8Ü, s’élève jusqu’au chiffre, rarement atteint, de 6,3, indique un état glandulaire en voie de dégénérescence,

AFFECTIONS STOMACALES ET CŒUR SAIN

comme s'il s'agissait d’un carcinome stomacal au début. Et cependant, si nous avions fait dépendre le diagnostic de l’intensité des symptômes cardiaques, c’est au cœur que nous eussions dû penser. Résultat thérapeutique de ce diagnostic basé sur l’examen du suc gastrique : après un mois d’un traitement et d'un régime alimentaire dirigés spécialement vers l'estomac, le cœur s’est calmé, et tous les symptômes de cette cardiopathie apparente ont disparu.

Voilà des exemples montrant que l'estomac malade est un organe très réflexogène ; il est silencieux dans ses manifestations symptomatiques, et c'est le cœur qui donne la riposte, ce qui prouve que, pour le diagnostic certain d’une gastropathie et pour l’interprétation exacte des troubles cardiaques consécutifs, l'examen du chimisme stomacal est parfois aussi important que celui des urines pour caractériser ou dépister une affection rénale.

N’allez pas croire cependant que tous les états gastriques se résument dans les déviations du chimisme stomacal. La fibre musculaire et les nerfs de l’organe jouent également un rôle important. Mais il m’a semblé que les « dyspepsies nervo-motrices », si bien désignées par Mathieu, se compliquent moins souvent de retentissement cardiaque. Moins silencieuses dans leurs allures, plus riches dans leurs manifestations purement stomacales, et plus pauvres dans la production des accidents réflexes, elles exposent moins fréquemment à des erreurs de diagnostic.

D’autre part, ce serait une faute de croire que toujours la même pathogénie des retentissements cardiaques des dyspepsies doit être invoquée, et c’est ce qu'a bien compris A. Robin lorsqu'il a étudié, dans son remarquable Traité des maladies de l’estomac (1904), les diverses théories émises à ce sujet. On ne s’entend pas encore sur le sens qu’il faut attribuer au terme dyspepsie ; Soupault et G. Leven admettent que celle-ci est une hyperesthésie du plexus solaire. C’est donc par le pneumogastrique tenant sous sa dépendance le poumon,

ESTOMAC ET CŒUR

le cœur et l’estomac, que l’on doit souvent expliquer les retentissements cardio-pulmonaires des dyspepsies, comme nous le verrons encore plus loin dans notre étude sur « les synergies morbides du nerf vague ». Comme le disent expressément les deux auteurs que je viens de citer, « l'intimité organique et fonctionnelle de tous les centres nerveux explique comment la destruction de l’équilibre nerveux en un centre aussi important que le centre solaire a des effets immédiats sur tous les centres nerveux utéro-ovariens, intestinaux, cardiaques, respiratoires, sans oublier l’axe médullaire, le bulbe et le cerveau » (1).

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