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V. — Maladies du cœur et troubles gastriques

1° Cardiopathies valvulaires. — Si les gastropathies peuvent retentir sur le cœur et produire des troubles fonctionnels (arythmie, tachycardie, palpitations), réciproquement il y a les gastropathies d’origine cardiaque. Leared a montré l’importance qu’acquièrent ces troubles en certains cas. « Ils peuvent parfois dominer la scène, au point que le hasard seul fait découvrir au médecin leur cause première, la maladie de cœur » (1). Ils peuvent donc être précoces, apparaissant avant même que l’on ait constaté la lésion cardiaque, alors que celle-ci est encore compensée; le plus souvent, ils sont plus tardifs et consécutifs à l'asystolie. Rares dans les cardiopathies de l’enfance, ils ne s’observent guère que chez les adultes et les vieillards. On les rencontre d’ordinaire au cours des lésions mitrales où ils apparaissent le plus souvent à une période avancée de la maladie ayant déterminé des troubles divers dans la circulation veineuse des organes digestifs : coloration ardoisée de la muqueuse, infiltration œdémateuse des parois stomacales, quelques suffusions hémorragiques et même érosions (Maurice Raynaud). C’est dans l’insuffisance

(1) Leared, Medical Times and Gazelle, 189G.

ESTOMAC ET CŒUR

tricuspide que l’on observe le plus fréquemment ces diverses altérations de la muqueuse gastrique, lesquelles donnent lieu à des symptômes divers (1).

A la période hyposyslolique, on peut rencontrer une gastralgie légère, douleur vague localisée au creux de l’estomac, sorte de crampe, de colique qui dure pendant un temps variable. On arrive par la palpation à localiser des points douloureux au niveau de l appendice xiphoïde et sur la grande courbure de l’estomac, et seulement dans la période digestive, surtout si les repas ont été copieux.

D’autres fois, l’accès gastralgique est intense; le malade éprouve après son repas une douleur épigastrique violente, avec pâleur de la face, refroidissement des extrémités, faiblesse du pouls, tendance à la syncope, éructations gazeuses. Le vomissement, assez fréquent, soulage le sujet. A l’examen, l’abdomen est rétracté, la région épigastrique hyperesthésiée sans clapotage, mais avec bruits intrastomacaux dus aux contractions de l'organe. Dans ces cas, il y a exagération de la motricité et hypersthénie gastrique avec des degrés divers d'intensité.

Bien plus fréquente que ces formes est la variété dyspeptique hyposthénique caractérisée par des flatulences. Les malades ont bon appétit ; une heure après le repas, ils commencent à bâiller, à se congestionner, à somnoler. Bientôt, apparaissent une pesanteur épigastrique, un ballonnement douloureux de l’estomac avec besoin de se desserrer, et la dyspnée augmente. Fuis, viennent des éructations abondantes et interrompues qui soulagent les malades; les vomissements sont rares, la constipation fréquente. A l’examen, la région épigastrique est dure, tendue et douloureuse avec battemenls rythmés par les pulsations cardiaques. Le clapotage est fréquent et la sonorité gastrique exagérée. Le pouvoir digestif du

(1) Muller, Essai sur la dyspepsie cardiaque. — Hautecœur, Troubles et lésions de l’estomac chez les cardiaques. Thèses de Paris, 1880 et 1891.

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