‹ Maladies du cœurChapitre 44 sur 204 · II. — Mort par émotion · texte numérisé non relu

II. — Mort par émotion

C’est encore Claude Bernard qui a exprimé cette idée dans la même conférence : « Lorsqu’on dit que le cœur est b'*isé de douleur, il se passe dans cet organe des phénomènes très réels. Le cœur s’est arrêté, si l'impression douloureuse a été trop soudaine, et il en est résulté une syncope avec les crises nerveuses qui en sont les conséquences. On a donc bien raison d’user de ménagement quand il s'agit de faire connaître à quelqu’un une de ces nouvelles terribles qui bouleversent l’àme. »

La syncope par émotion est un fait fréquent et presque banal. Mais cette syncope peut-elle être mortelle, et dans quelles conditions? Là est la question. Je l’ai étudiée à propos d'un fait observé il y a peu de temps dans mon service et dont j’ai donné l’intéressante relation avec mon interne d'alors, le Dr Amblard (1).

La mort subite d’un savant illustre (de Berthelot) à l’annonce de celle de sa femme, le même accident chez un négociant afiblé par l’irruption de grévistes dans son magasin, sont deux exemples récents et bien nets de la mort par syncope. Une émotion violente est en effet susceptible de provoquer une syncope mortelle, à cette condition toutefois que l’appareil cardio-vasculaire soit déjà atteint de lésions qui, en diminuant sa résistance, favorisent l'arrêt prolongé et définitif du cœur.

Deux malades soignés à l'hôpital Necker étaient atteints, l'un de maladie mitrale, l’autre d’insuffisance aortique. Le premier s’étant acheminé graduellement vers l'asystolie, succombait à des embolies pulmonaires répétées. Pendant la

(t) H. Hucharo, Leçons sur les maladies du cœur, 1889. — P. Merklen, Du rôle de l’émotion dans l’asystolie (Sernahie médicale, 1899). — H. IIuchard et L.-A. Amblarli, La mort subite par émotion ( Journal des praticiens, 1907). — Muller, Muncli.med. Woch., 190G. — P. Brouardel, La mort et la mort subite, 1895, 1 vol. in-8.

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