‹ Maladies du cœurChapitre 55 sur 204 · III . — Traitement · texte numérisé non relu

III . — Traitement

Voici les quatre indications thérapeutiques : ln Supprimer la cause, c'est-à-dire interdire tout excès alcoolique, cl malheureusement il est souvent trop tard.

2° Ce cœur alcoolique étant très dilatable, éviter les causes de surmenage ou d’excès de travail du cœur: tout effort, l'alimentation riche en toxines alimentaires.

TRAITEMENT

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Il faut le soutenir aussi dans tous les cas où l'on croil à une vago névrite; car, celle-ci reproduit une partie des accidents consécutifs à la section expérimentale des nerfs pneumogastriques, c'est-à-dire sur le cœur, la dégénérescence du myocarde et même une véritable myocardite, d’après Knoll et Wassilief (I).

3° Surveiller et tonifier de bonne heure le cœur alcoolique dans le cours des maladies infectieuses, celles-ci pouvant par elles-mêmes produire la dilatation du cœur.

•4° Soutenir le cœur en imminence continuelle de dilatation et d’asystolie.

Pour remplir cette dernière indication, de petites doses de f/ir/it(t/r ou plutôt d v digitaline cristallisée à dose d'entretien cardio-tonique : un granule d’un quart de milligramme un jour par semaine, ou deux granules d'un dixième de milligramme, et même un seul de ces granules.

On peut encore employer d’une façon continue (pendant deux mois; cesser pendant un mois, reprendre pendant deux mois, et ainsi de suite; des pilules ainsi composées :

Extrait de convallaria 10 gramme.?.

Sulfate de spartéine 1 gramme.

Pour cinquante pilules. Trois à six pilules par jour.

Dans la myocardite segmentaire, J. Renaut (de Lyon) recommande beaucoup le strophantus, médicament qui assure d’une façon ménagée et soutenue l’activité nutritive de la filtre myocardique, et qui aurait l'incontestable avantage de pouvoir être continué pendant longtemps. La strophanlinc sc prescrit à la dose d’un dixième de milligramme. Mais, je préfère l'extrait de strophantus , à la dose d un granule de I milligramme deux fois par jour, pendant trois semaines chaque mois. La strophantine est souvent trop active, en raison de son pouvoir toxique.

(1, P. Knoll, Zeitschr. f. Heilk., Band I, 1881. — Wassiliek, Zeitschr., f. /clin. MecL, 1881 .

ClEUli ALCOOLIQUE.

On aurait tort de croire à l’action trop inoflensive de ce médicament, et dès 1887 j’ai publié un cas de mort très rapide au cours de la médication strophantique prescrite a un artérioscléreux. A cette époque, j’ai fait avec Ch. Eloy quelques expériences sur des chiens auxquels nous injections sous la peau dix à quinze gouttes de teinture de strophantus au cinquième. La mort survenait en six ou sept minutes et nous avons trouvé le cœur rempli d'un sang très noir, arrêté en diastole, comme l'ont ensuite également constaté Lôpine et Mayeur, alors que Gley et Lapicque ont obtenu l'arrêt du cœur en systole (1). Quoi qu'il en soit, l'action physiologique du médicament se traduit par le ralentissement du cœur, l’augmentation de la tension artérielle avec vaso-constriction, enfin par le renforcement des systoles. Bucquoy a remarqué que, sous son influence, chez les cardiaques, le pouls subit des modifications assez importantes, caractérisées par l’élévation de la ligne verticale ascendante, par la descente plus rapide de la ligne de descente et par un sommet presque aigu ressemblant à celui de l’insuffisance aortique. C’est là ce (pie l’on peut appeler le pouls strophantique (2). La tolérance de ce médicament est complète, et c'est ainsi que j'ai pu voir un malade (pii avait pu prendre par erreur un granule d’extrait de strophantus à un milligramme, pendant une année, cela sans inconvénient. Il ne faut pas dépasser les doses de V à X gouttes de teinture au cinquième, d'un à quatre milligrammes d'extrait, d'un à deux dixièmes de milligramme de strophantine, extrêmement active.

Cependant, dans ces derniers temps, on s'est départi de eette prudence, et plusieurs médecins (Eraenkel et Schwartz, Danielopolu, d’autres encore), oubliant sans doute que les audaces thérapeutiques doivent toujours s'arrêter au respect de la vie humaine, n’ont pas craint de pratiquer des injections

(1) 11. Huchard, Action physiologique et thérapeutique du strophantus hispidus (Société de médecine pratique, 1887). — Lépine, Semaine médicale. 1887. — Gley et Lapicque, Soc. de biologie, 1877. — Mayeur, Thèse de Lille, 1888.

(2) Bucquoy, Congrès international de thérapeutique, Paris, 1889.

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intraveineuses d'un milligramme de strophanline. Or, à côté des faits favorables, on a signalé des morts subites à la suite de cette médication, et dernièrement Engelen, publiant un travail sur les « dangers des injections intraveineuses de strophantine », rappelle, avec quatre cas de mort observés par lui, ceux de Hochheim, Lust, von den Velden, Liebermeister, lledinger et Kottmann. Puis Vaque/ et Leconte, en relatant tous ces cas, conviennent (|ue « les limites de la dose thérapeutique à employer sont extrêmement restreintes, les doses thérapeutique et toxique étanl très proches ». Après cet aveu, on pouvait, on devait même s’attendre à une grande circonspection thérapeutique.

Elle vient d’être recommandée sagement par Chauffard et .1. Trois ier qui, chez quatre malades, ont constaté les résultats suivants : grande amélioration chez l'un d'eux, aucune amélioration citez un autre, mort rapide chez deux autres, peu de temps après l'injection de l’alcaloïde. 11 est utile de rappeler l'un de ces malheureux faits.

Chez un jeune homme de dix-neuf ans atteint d'insuffisance mitrale avec dilatation du cœur et état général presque satisfaisant malgré les symptômes d’insuffisance cardiaque, on pratique une injection intramusculaire d’un demi-milligramme de strophantine cristallisée Merck, c’est-à-dire la dose « minime » (pie recommandait Vaquez pour le début du t raitement. Subitement, une heure après la piqûre, le malade se plaignit d’une sensation générale de froid et de dyspnée. Le pouls était devenu brusque et rapide. Brusquement les yeux se convulsent, les membres inférieurs se raidissent, les inspirations deviennent très rares, le pouls cesse d’être perceptible et s’arrête. Le drame avait duré dix minutes!

En présence de ce désastre, les auteurs n’hésitent pas à dire qu’ils ne se reconnaissent pas le droit de continuer l'essai thérapeutique d’une médication aussi périlleuse. C'est bien aussi l’avis de Mayor (de Genève) qui affirme que cette médication est dangereuse et qu’elle ne peut passer dans la pratique courante delà médecine. Telle est aussi notre opinion,

CŒUR ALCOOLIQUE

cl au cours du débat sur cette queslion, mon collègue llirtz a lait allusion à deux cas que je lui avais communiqués, relatifs à deux malades atteints d'insuffisance cardiaque avec cardiectasie, auxquels j'avais pratiqué une injection souscutanée de moins d'un demi-milligramme de stropbantine, en m’appuyant sur quelques faits favorables qui m avaient été signalés. Les deux malades oui été pris d'un refroidissement extrême des extrémités, de lipothymies menaçantes avec tachycardie, nausées et vomissements incessants. Ils ne moururent pas; mais, je me suis bien promis de ne pas recommencer celte thérapeutique par intoxication, quoique j'eusse prudemment diminué la dose ordinairement prescrite ; et je suis revenu à ma vieille pratique des petites doses de médicaments. La question est enterrée... malheureusement avec les malades (1).

Enfin, pour élever la tension artérielle presque toujours abaissée dans ces cas, la poudre d 'hypophyse à la dose de 10 à 40 centigrammes tous les jours donne de bons résultats confirmés par ,1. Parisot (de Nancy), L. Rénon et A. Delisle. Ces deux derniers auteurs citent un cas de myocardite alcoolique très grave en pleine asystolie, où l'emploi de la médication hypophysaire pendant quatre mois, alternée avec deux périodes de digitaline, a modifié très nettement la dyspnée en déterminant une amélioration très notable qui a persisté encore pendant une année.

Au sujet de cette médication, il faut savoir que l'action hypertensive est surtout localisée au lobe postérieur de l'hypophyse. Mais, en employant soit le lobe antérieur ouïe postérieur, soit les deux lobes réunis, on ne constate pas beaucoup de différence d’action thérapeutique. On peut donc prescrire la poudre toi a le à la dose de 20 à 40 centigrammes

(1) Fbaenkel el Schwartz, Thérapie der Gegenvmrt, 1906. — Danielopolu, A rch. des mal. du cœur, 1908. — Enuklkn, Therap. Monatshe/le, 1909. — Vaquez et Leconte, Chauffard et J. Troisier, II. Huchard, cité par Hirtz, .S ne. méd. des hôpitaux, 1909. — Mayor, Soc. de thérap., 1909. — Pedebioou, Soc. de méd. de Taris, 1909.

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qu'il convient de ne pas dépasser dans la plupart des cas. •l’ai eu souvent recours à cette médication qui m’a donné parfois, mais non toujours, de bons résultats. Mais il faut se rappeler que la médication hypophysaire obéit à des indications précises. Tout d’abord, comme Oliver et Schafer l'ont démontré les premiers en 18!)d, elle exerce une action hypertensive, sans doute plus lente à se produire qu’avec l’extrait surrénal, mais aussi plus lcnle à disparaître. Ce fait confirme l’opinion de Cyon admettant que l’hypophyse donne naissance à plusieurs substances actives : l’une hypophysine) qui tonifie le muscle cardiaque, el l’autre impressionnant les vasoconstricteurs. En un mol, comme le dit Arthur Delillc dans sa thèse récente, en s'appuyant sur des recherches faites en collaboration avec L. Iténon et bientôt confirmées par .1. Parisot el Trérotoli, « l'extrait hypophysaire employé comme médicament opothérapique élève la tension artérielle, ralentit le pouls, augmente la diurèse, fait disparaître l’asthénie ». On comprend ainsi l'indication de cette médication dans les différentes formes de cœur alcoolique et dans la plupart des affections du m\ ocardc avec abaissement de la tension artérielle. Mais, celte indication thérapeutique est basée sur les données de la clinique et non sur celles de l’anatomie pathologique; car, avec Haie W’hite, je pense qu’à l'heure actuelle il n'existe pas d’altérations histologiques caractérisant nettement le cœur alcoolique (1).

Nous avons vu que l'hypertrophie du foie et l’albuminurie étaient dues à la stase veineuse. Par conséquent, le massa f/e abdominal est indiqué.

(1) Oliver et Schakeii, The Journal of physioloyy , 189». — De Cyon, Acad, deméd., 1898, et Acad des sciences, 1907. — .1. Parisot, Congrès français de. médecine, 1907. — Trérotoli, Rivista critica <li clinica medica, 1907. — L. Rénon et Arthur Delille, L'insu (ïisance hypophysaire et la myocardite ( Congrès de médecine de Paris, 1907. Gazette médicale de Paris, 1909). — Arthur Delille, L’hypophyse et la médication hypophysaire (étude expérimentale et clinique). Thèse de Paris, 1909. — 1I vle Write, Guy's kosp. reports, vol. LV III.

Hcchard. — Consultations médicales, t. II. 10

CŒUR URICÉMIQUE

I. Coeur uricémique. — Arthritisme cardiovasculaire. — Cœur uricémique sans lésions avec syndrome myocardique (troubles rythmiques du cœur, tendance à la cardiectasie, dyspnée et troubles respiratoires). — Acide urique et vaso-constriction. — Troubles cardiaques consecutifs à l'angiospasme. — Indication de la médication vaso-dilatatrice et hypotensive par l’alimentation et les médicaments.

II. Pseudo-anémie uricémique. — Importance de la vaso-constriction périphérique. — Urines alternantes des uricémiques. — Anémie superficielle et, congestion des organes viscéraux. Importance de celte notion pour le traitement. Inutilité des ferrugineux et des toniques. La goutte musculaire. Pseudo-angine de poitrine par mvalgie des parois thoraciques.

III. Indications thérapeutiques. — Origines de l’acide urique. Alimentation. Médicaments. Eaux minérales. Hygiène. — Diète des toxines alimentaires. — Alimentation anti-uricémique. Médication hypotensive. Médicaments réducteurs et éliminateurs de l’acide urique. Médicaments précipitants et dissolvants. — Par les artères, on devient cardiaque ; on ne devient pas artériel par le cœur. Donc, importance de la médication artérielle, en même temps médication préventive.

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