‹ Maladies du cœurChapitre 57 sur 204 · PSEUDO-ANÉMIE URICËM1QUE · texte numérisé non relu

PSEUDO-ANÉMIE URICËM1QUE

conclut a tort «| ne les malades no sont pas uricémiques. C'est là une erreur, et il faut toujours se rappeler le fait des urines « alternantes », caractérisées tantôt par l’émission d'urines abondantes et pauvres en acide urique, tantôt par des urines briquetées, rares, et contenant des unîtes en quantité considérable (l). 11 en résulte que l’examen des urines chez ces malades doit être fait pendant ces deux états si opposés, et lorsqu'on voit survenir dans le premier cas des troubles cardiaques, on doit les rattacher à la rétention de l'acide urique dans l’organisme ».

.l'ajoute qu'il ne faut jamais oublier la grande insolubilité de l'acide urique, puisque, d'après Bunge, il faut à la température ordinaire 14 litres d'eau pour en dissoudre 1 gramme, et 7 à 8 litres à la température du corps.

Si l'arthritisme est une «diathèse congestive », comme l’a dit Cazalis autrefois, et comme l’a démontré par de concluantes expériences un distingué médecin, Gigot-Suard, qu'on ne cite pas assez, c’est parce qu'il existe, comme la physiologie nous l'enseigne, une sorte de balancement entre la circulation périphérique et la circulation viscérale, et qu’à l’anémie cutanée et superficielle par vaso-constriction doit naturellement correspondre la congestion des organes viscéraux et profonds par vaso-dilatation. Beaucoup plus tard, les études de Haig l'ont amené à dire (pie l’accumulation dans l’organisme de l’acide urique, poison vaso-constricteur par excellence, est la cause la plus fréquente de l'hypertension artérielle (2).

Encore une fois, l’arthritisme, l’herpétisme, le neuroarthritisme sont des mots; l'uricémie est un fait. Les mots, en médecine, sont éphémères et les faits restent.

( 1 ) La pollakiurie urique a Oté signalée par O. Kn.uiss (Annales des maladies des organes génito-urinaires. Paris, 1898).

(2) Gigot-Suard, L’Iierpétisme, pathogénio, manifestations, traitement, physiologie expérimentale et comparée. Paris, 1870. L uricémie, affections de la peau, des muqueuses, poumon, foie, rein, système nerveux et circulatoire, articulations, 1875.

CŒUR URICÉM1QUE.

Voyez cette femme. Fille de diabétique el de goutteux, a quarante-cinq ans elle présente pendant une année enlièic des phénomènes incompris d’anémie. Chlorose de retour ou pseudo-chlorose rénale, direz-vous ? (Et ainsi vous pouvez passer en revue toutes ces fausses chloroses nées d erreursde diagnosticqui ont causé laid d erreurs de I dérapent ique. ) Alors, vous traitez votre malade par 1 alimentation carnée intensi'e, par les ferrugineux, les arsenicaux, les voyages au grand air, le séjour à de hautes altitudes ! Le résultat de celte médication est celui-ci : la pseudo- anémie augmente, les accidents cardiaques prennent plus d’intensité avec les syncopes et les lipothymies, avec les crises anginiformes dues à des accès de cardieetasie par angiopasme. Examinez le sang: il n’est pas pauvre en globules rouges, peut-être au contraire; il ne présente pas les attributs de l'anémie, et vous ne comprenez plus...

Nous comprenons que vous avez confondu le contenant et le contenu, la paroi vasculaire longtemps ou souvent convulsée avec le sang presque normal qui circule dans les vaisseaux, .le comprends que vous avez fait fausse route, qu’il faut détendre le frein vasculaire trop serré, rendre à ces vaisseaux leur élasticité et leur contractilité normales; je comprends que, si les vaisseaux sont à l’état physiologique les auxiliaires du cœur, ils en sont parfois à l'état pathologique, à l’état de vaso-constriction, les plus grands ennemis. Celle explication démontre que le traitement doit être tout différent. J'y insiste, parce que les faits, toujours les faits nous donnent raison, cl que le reste n’est que vaine littérature.

Mais, l'uricémie et l’arthritisme n'agissent pas seulement sur la musculature vasculaire, et dans certaines formes de goutte larvée, les muscles de la vie de relation peuvent cire à leur tour atteints au point de constituer une goutte musculaire bien étudiée par de Grandmaison. C'est ainsi (pie parfois la fausse angine de poitrine sans irradiations brachiales ni sensation de mort imminente dépend seulement de troubles fonctionnels des muscles de la paroi thoracique (1).

pl) P. de Grandmaison, Traité de l'arthritisme. Paris, 1908.

INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES

INI

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