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PALPITATIONS VRAIES ET FAUSSES

de la tachycardie sans palpitation, et de la palpitation sans tachycardie. Les tachycardiques peuvent ne pas sentir battre douloureusement leur cœur, tandis qu’au moment d’une palpitation le malade le sent battre. Celte distinction clinique est importante.

2° Dans certains cas, l 'impulsion cardiaque se fait sur une large surface, la main appliquée sur la région précordiale parait plus ou moins fortement soulevée, et l’on pourrait conclure à l’existence de palpitations que les malades n’éprouvent pas. Rappelons-nous que celles-ci constituent un phénomène plus subjectif qu’objectif, que le ventricule droit, plus directement en rapport avec la paroi précordiale que le ventricule gauche, soulève en masse cette paroi lorsqu’il a subi une dilatation plus ou moins considérable, comme dans certaines affections mitrales, plus rarement à la suite de troubles hépatiques ou d’affections gastro-intestinales. Dans ces conditions, les palpitations peuvent survenir ; mais elles ne sont constituées ni par l'étendue, ni par la force des contractions ventriculaires. 11 en est ainsi pour la symphyse péricardique, et même parfois pour certaines hypertrophies du ventricule gauche d’origine rénale, lesquelles sont longtemps latentes et ne s'accompagnent pas toujours de palpitations. Il est rare de voir l’hypertrophie cardiaque d’origine rénale donner lieu à des palpitations qui constitueraient pour les malades, comme le dit Lecorché, « surtout la nuit, une véritable torture ».

3° Chez les anémiques, les chlorotiques, les névropathes, les palpitations peuvent être fausses, et au moment où les malades s'en plaignent, on constate que le cœur bat d’une façon normale et modérée. En pareil cas, cherchez un point douloureux à la région précordiale, et vous le trouverez. Le cœur alors, venant battre à chacune de ses révolutions contre une paroi hyperesthésiée ou douloureuse, donne la fausse sensation d'une palpitation. Les malades sentent simplement

PALPITATIONS

leur cœur battre. Un moyen bien simple de supprimer cette sensation, c’est de supprimer la douleur au moyen du stypage ou d'une pulvérisation au chlorure de méthyle.

4° Les intermittences cardiaques , surtout celles qui sont ressenties par les malades (car il y en a d’inconscientes), se traduisent souvent par deux sensations : une sensation d'angoisse, ensuite une sensation de palpitation. On croit ainsi certains malades atteints d’angine de poitrine ou de cardiopathie. Or, les intermittences vraies, surtout celles qui sont dues «à l’absence complète, sensible au cœur et au pouls, d'une contraction cardiaque, donnent instantanément la sensation d’une véritable angoisse très fugitive qu’il faut bien se garder de confondre avec celle de la sténocardie; et comme la systole suivante est ordinairement plus forte que celles qui l’ont précédée, ainsi que le montrent les tracés cardiographiques, les malades traduisent cette seconde sensation par l’expression d’un mouvement de « déclanchement du cœur », ou encore de palpitation « en coup de boutoir ». Ici, il ne s’agit pas d’une palpitation, au vrai sens du mot.

5° On a parlé de palpitations pré-agoniques. Le mot n'est pas juste : d'abord, parce qu’aux approches de la mort la sensibilité est trop émoussée pour que les malades aient conscience de la force des battements cardiaques; ensuite, parce que ceux-ci se passent souvent dans l’oreillette, l’ultimum moriens.

En plus des palpitations ventriculaires, il y a les palpitations auriculaires se montrant dans certains cas de rétrécissement tricuspidien ou mitral avec énorme dilatation de 1 oreillette droite ou gauche. Le plus souvent, ces pulsations auriculaires sont surtout objectives, mais quelquefois elles sont réellement ressenties par les malades. Stokes a rapporté un cas remarquable de dilatation considérable de 1 oreillette droite formant à droite du sternum une matité considérable que l’on aurait pu attribuer à la pré-

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