‹ Maladies du cœurChapitre 80 sur 204 · IV. — Formes frustes · texte numérisé non relu

IV. — Formes frustes

A côté de celte forme incomplète de la maladie, il existe encore des formes frustes , témoin le fait d'un homme d excellente apparence, d'une grande activité, dont le pouls très lent paraissait physiologique et qui mourut subitement à son bureau (1). 11 n’avait eu que deux fois de très légères « faiblesses », auxquelles on n’avait pas attaché d’importance.

A ce sujet, rappelons que si la syncope est un symptôme cardiaque, ce n’est pas un symptôme d’affection cardiaque. Quand la syncope survient dans le cours d’une affection du cœur, elle peut être produite par des causes différentes, mais nullement par la cardiopathie, et il faut songer ou à l’hvstérie concomitante, ou à l’artériosclérose cardio-bulbaire.

Il faut songer à la neurataxie ou à la neurasthénie, et j'ai cité dans la thèse d'un de mes élèves (2) des cas où l'association de ces états nerveux avec les diverses cardiopathies peut donnera celles-ci une apparence de gravité, en produisant par exemple des syncopes ou des lipothymies sans importance pronostique. 11 faut songer à la maladie de Stokes-Adams, quand les manifestations syncopales ou convulsives s'accompagnent de rareté du pouls, paroxystique ou permanente, chez des athéromateux ou dans le cours des cardiopathies artérielles. Alors le pronostic est grave. Mais, ici encore, il y a lieu de faire une distinction importante, l'association fortuite d’une épilepsie vraie avec une cardiopathie quelconque ne justifiant pas la création d’une épilepsie « congestive» ou «cardiaque», comme le croient Kusmaul, Antoniades, Lépine,

(1) Potain, Journal de médecine et de chirurgie pratiques, 1893.

(2) Hue, Névroses et maladies du cœur. Thèse de Paris, 1891.

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