FORMES FRUSTES
Lemoine, ou encore d'une épilepsie gastrique (1). il y a des crises épileptiformes d’origine artérielle ; il n'y a pas d'épilepsie d’origine cardiaque, mais l’épilepsie rhes le cardiaque. Cela, je ne saurais trop le redire.
Chez un malade âgé d'une cinquantaine d'années et observé par mon collègue Gaucher, le nombre des pulsations ne dépasse pas 21) par minute depuis six ans. Les accès, qui surviennent à intervalles assez éloignés, sont caractérisés seulement par de l'insomnie, un peu d'angoisse précordiale (sans angine de poitrine), par le ralentissement du pouls (12 à 16 pulsations), qui devient alors irrégulier. Cet état dure plusieurs jours et disparait ensuite sans intervention thérapeutique. Mais le malade n'a jamais eu ni vertige, ni perte de connaissance, ni accidents épileptiformes : exemple de maladie de Stokes-Adams, incomplète ou fruste.
J'ai vu un malade de soixante-deux ans, arrivé à la période d'hyposystolie, et dont le pouls depuis plusieurs années ne battait que 45 à 50 fois par minute. Depuis quinze mois environ, il avait eu quelques crises légères qui avaient passé inaperçues pour le médecin et dont il ne s’était pas autrement inquiété. Ces crises étaient simplement caractérisées par un léger ralentissement du pouls (40 pulsations) et surtout par un état de pâleur extrême de la face, avec affaiblissement considérable des forces et simples menaces de lipothymies. On mettait tout cela sur le compte de l’anémie. Je diagnostiquai une maladie de Stokes-Adams fruste avec un pronostic très grave. Comme la mort subite est le dénouement le plus habituel de cette affection, je ne cachai pas à la famille mes craintes à ce sujet. J’ai appris récemment que cet homme était mort subitement.
(1) Antoniades ( Wurtzbourg'i. 1878. — I, épine. Revue de médecine, 1881. — Lemoine, Revue de médecine, 1887. — Le Bel, Dos épilepsies par troubles île la circulation. Thèse de Paris, 1888. — Pomma v, Epilepsie gastrique (Revue de médecine, 1881). — B. Maurel, Thèse de Paris, 1905.
MALADIE DE STOKES-ADAMS
Ainsi, qu’il s'agisse d’une maladie de Stokes-Adams sans pouls lent permanent on encore avec des crises incomplètes caractérisées simplement par des « faiblesses», par des accès de ralentissement du pouls avec malaise précordial et arythmie cardiaque, par des crises d’extrême pâleur avec affaiblissement considérable des forces et un état vertigineux sans crises syncopales ou épileptiformes, le diagnostic s’impose et un pronostic grave doit être formulé.
Depuis longtemps, j’insiste sur les accès de pâleur qui, survenant souvent dans les cardiopathies artérielles, sont l’indice d’un pronostic sévère lorsqu’ils se prolongent et se répètent. « Rapidement et d’une façon spontanée, la face devient pâle, d’un teint anémique ; puis, au bout de quelques minutes ou de quelques heures, elle reprend sa coloration normale et peut être envahie par quelques bouffées de rougeur, avec sensation de chaleur à la tête (1). »
Ces accès de pâleur, qui s’accompagnent parfois de ralentissement et de suppression du pouls (contracture vasculaire), ont une grave importance pronostique ; ils ont la même signification que les attaques syncopales et épileptiformes, et ils peuvent être les indices avant-coureurs d'une tin prochaine.
Il y a quelques années, je voyais avec un de mes confrères un malade de soixante-sept ans, atteint de cardiopathie artérielle myovalvulaire (souffle à la pointe) sans albuminurie. Le jour où je le vis pour la première fois (30 juillet 1893), j'avais été frappé de deux symptômes importants : le ralentissement du pouls (43 à 48), une pâleur extrême des téguments survenue depuis plusieurs jours. Le lendemain de ma visite, des symptômes graves survinrent: d'abord un grand accablement, une fatigue extrême pour se lever et faire sa toilette, puis une reprise de la dyspnée d’effort qui le tourmentait depuis plusieurs mois, enfin une syncope prolongée en essayant de remonter dans son lit. Après cette syncope, la face resta d’une
(D II. Huchard, Élude clinique de la cardiosclérose ( Revue de médecine, 1893).