FOU MES FRUSTES
pâleur verdâtre « cadavérique », et le pouls radial disparut complètement. Le lendemain matin, même pâleur, pouls radial toujours nul. Vers 1 heure de l'après-midi, on vint en toute hâte chercher un médecin qui, en arrivant, a constaté la mort survenue dans une crise identique à celle de la veille après un léger effort, dans le lit, mais accompagnée cette fois d'une cyanose 1res prononcée. Le malade n'avait rien eu qui ressemblât à une angine de poitrine.
Cette suppression du pouls radial, que j'ai constatée plusieurs fois déjà dans le cours de cette affection, a été signalée par Adams dans l'observation d'un malade sujet vers les dernières années de sa vie à des syncopes et à des attaques angineuses. Le pouls, très faible à gauche, disparut complètement à droite, puis pendant les dernières six semaines de la \ ie « l'examen le plus minutieux ne permit de découvrir aucune trace de pulsation, sur le trajet d’aucune artère ». La main ne percevait plus, au lieu des battements du cœur, qu’une sensation obscure d’ondulation, et à l’autopsie on trouva un cœur tlasque et ramolli, des valvules complètement ossifiées, ainsi que des artères coronaires imperméables à leur origine.
Certaines manifestations morbides (angine de poitrine, néphrite, etc.) n'appartiennent pas au syndrome du pouls lent permanent; mais elles le compliquent souvent, ce qui prouve <pie cette forme de maladie de Stokes-Adams occupe une place importante dans le grand chapitre de l’artériosclérose.
« La localisation de l’artériosclérose sur un organe — comme le dit si bien Grasset — donne naissance à des troubles curieux, inexplicables avant la théorie de Huchard, et qui constituent la claudication intermittente de l’organe... Quand l'artériosclérose envahit un viscère, qu'il s’agisse du spasme inilial ou de l’artérite consécutive, la circulation est gênée dans cet organe ; mais si, à un moment donné, la fonction s’exagère, l’organe devenu insuffisant fait quelques faux pas, puis cesse momentanément de fonctionner (1).»
(I) Grasset, Du vertige cardio-vasculaire. Montpellier, 1890.
MALADIE DE STOKES-ADAMS
C'est là toute l'explication pathogénique applicable aux crises syncopales et autres île la maladie de Stokes-Adams quand celle-ci est nettement liée à l’artériosclérose cardiobulbaire qui détermine une claudication intermittente du bulbe et du cœur à la fois.