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TENDONS ABERRANTS DIAGNOSTIQUÉS PENDANT LA VIE

mi bruit de piaulement systolique; mais sa vraie cause avait été méconnue. Dans un cas d'anévrysme pariétal, Rendu a parlé (sans avoir même pu affirmer le diagnostic pendant la vie) d'un bruit de galop particulier caractérisé par un timbre net et éclatant s’entendant dans une étendue assez considérable, tandis que celui de la néphrite interstitielle présentait un timbre sourd et profond (1).

On conçoit, du reste, que ces différences de timbre, dont la valeur diagnostique n’est pas encore bien démontrée, sont parfois d’une appréciation difficile, et dans le fait que je rapporte, le bruit de galop avait tous les caractères que l’on a coutume de rencontrer dans la néphrite interstitielle. J’abandonnai donc ce diagnostic qui devait cependant être posé, en raison de la fréquence relative des anévrysmes pariétaux du cœur dans le cours et par le fait de la cardiosclérose.

On pouvait encore penser que ce bruit de piaulement xiphoïdicn était dù à une insuffisance tricuspidienne. Outre que nous ne constations aucun des caractères cliniques de celte dernière affection, l’existence du frémissement vibratoire si particulier restait inexpliquée dans cette hypothèse.

Les bruits musicaux du cœur, ordinairement systoliques, que l’on entend quelquefois à distance, et qui peuvent même être perçus par les malades, présentent des caractères divers que l'on traduit sous les noms divers de bruits de scie, de lime, de râpe, de rouet, de roucoulement, de mouche, de piaulement, d’aboiement, de crécelle, de râle sibilant, etc. Ils sont le plus souvent dus à des rétrécissements des orifices du cœur (surtout de l'orifice aortique), à des anévrysmes valvulaires, très rarement, comme l’a pensé autrefois Bouillaud, à un état de chlorose très avancé, parfois à des corps étrangers (caillots, dépôts athéromateux, etc.) plus ou moins pédiculés et placés entre les bords valvulaires. Barth et Roger relatent l’histoire d'une vieille femme atteinte d’affection organique du

(I) R. Lépine, Société ancilomique, 1879. — Rendu, Société médicale des hôpitaux, 1881.

TENDONS ABERRANTS DU CŒUR

cœur chez laquelle on avait entendu pendant la vie un bruit musical analogue au cri du canard. A l’autopsie, on trouva un rétrécissement aortique avec ossification valvulaire et production ostéo-calcaire pénétrant dans le tissu musculaire hypertrophié et formant une espèce de demi-anneau osseux au point de jonction du ventricule gauche et des valvules sigmoïdes. — Dans notre cas, rien de semblable. Le bruit morbide donnait tout à fait la sensation d’une corde vibrante, il s’entendait au niveau de l'appendice xiphoïde avec propagation a droite, et s’accompagnait d’un frémissement systolique particulier. Celui-ci se percevant dans un point déterminé de la région xiphoïdienne, éloignait l'idée d'un rétrécissement tricuspidien ou d'un rétrécissement mitral caractérisé le plus souvent par un frémissement cataire présystolique.

Parfois, rarement il est vrai, les adhérences péricardiques donnent lieu à quelques bruits de piaulement. Mais, ici encore, nous n'observions aucun signe de symphyse cardiaque.

Restaient alors deux h) pothèses : d’abord celle de la rupture d’un pilier valvulaire qui donne lieu souvent à la fois à une insuffisance valvulaire et à un bruit de flottement tout à fait particulier. Mais, ces ruptures valvulaires surviennent dans des conditions déterminées (traumatisme, endocardite ulcéreuse, etc.), et rien dans les antécédents du malade n’autorisait à admettre cette opinion. C'est alors que, par exclusion, j’arrivai au diagnostic de tendon aberrant du cœur en m’appuyant surtout, comme on le verra plus loin, sur deux autres faits semblables par les caractères cliniques.

L’autopsie du malade confirma ce dernier diagnostic. Le ventricule gauche, considérablement hypertrophié avec une valvule mitrale insuffisante par dilatation de l’orifice, présentait un long cordage d'un peu plus de A centimètres et demi de longueur, tendu en travers de la cavité, partant de la base du petit pilier mitral pour aller s’insérer au point de réunion de la cloison et de la paroi ventriculaire. Son trajet était nettement oblique de haut en bas à partir de ce pilier.

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