‹ Maladies du cœurChapitre 87 sur 204 · TENDONS ABERRANTS DIAGNOSTIQUES TENDANT LA VIE · texte numérisé non relu

TENDONS ABERRANTS DIAGNOSTIQUES TENDANT LA VIE

«l'ai trouvé la relation de deuv cas semblables. L’un a été observé par Potain et communiqué par Cuffer à la Société anatomique en 1876, sous ce titre : Dilatation du cœur gauche ; insuffisance mitrale; disposition spéciale des cordages tendineux du cœur gauche, tendus en travers de l’orifice aortique, ayant donné lieu à quelques signes particuliers. Voici cette observation abrégée :

Il s'agissait d'une femme de trente-cinq ans qui, jusqu’à Page de vingt-sept ans, avait toujours joui d’une bonne santé. A cet âge, sans rhumatismes antérieurs et sans cause appréciable, elle fut prise de palpitations assez violentes et d’accès d’oppression. On lui reconnut une affection pour laquelle elle prit tic la digitale. En janvier 1876, elle entre a l’hôpital avec tous les symptômes d'une affection cardiaque : pouls petit, irrégulier, intermittent, congestion aux deux bases pulmonaires, pas d'œdème ni d’ascite ; cœur volumineux battant dans le sixième espace intercostal, matité cardiaque étendue 18 centimètres de longueur sur 12 centimètres de largeur).

« A la palpation de la région précordiale, on perçoit nettement un frémissement très accusé. Ce frémissement est systolique, ce qui exclut l'idée d’un frémissement dù à un rétrécissement mitral. Du reste, à l'auscultation, on ne trouve aucun signe de rétrécissement, pas de dédoublement du deuxième bruit. On ne trouve non plus aucun signe de péricardite qui aurait pu aussi donner lieu à un frémissement cataire systolique.

« Ce que l’on constate, c’est un souffle au premier temps, à la pointe, se propageant vers l’aisselle gauche, ayant tous les caractères d’un souffle d’insuffisance mitrale. Mais, en même temps que ce souffle, au même moment que lui, on entend un ronflement systolique extrêmement intense, ressemblant comme timbre à la vibration d’une corde assez fortement tendue. Ce bruit n’a pas le même maximum (pie le souille ; il siège plus haut vers la droite.

« C'est sur ce dernier phénomèneque porte surtout l’altention de M. Potain. Après avoir porté le diagnostic d insufli-

TENDONS ABERRANTS DU CŒUR

sance mitrale, il donne du frémissement et du bruit de ronflement l’explication suivante : Au moment de la systole ventriculaire, le sang refluant vers l’oreillette gauche produisait le souffle de l'insuffisance mitrale ; mais la colonne sanguine, grâce à une disposition spéciale des cordages tendineux de la valvule mitrale, devait faire vibrer ces cordages et donner lieu alors à ce bruit de ronflement qu’accompagnait le frémissement dù à la vibration des cordages, et que l’on sentait parla palpation du cœur. M. Potain diagnostiqua donc, en outre, l’existence d’un cordage tendineux tendu au travers du courant sanguin, qui le faisait vibrer en passant, c’est-à-dire à chaque systole ventriculaire. »

La malade mourut subitement, et le diagnostic fut confirmé complètement à l’autopsie. On trouva d’abord le cœur gauche très volumineux et dilaté avec des parois fort hypertrophiées, ayant 2 centimètres d’épaisseur, le cœur droit relativement petit sans insuffisance tricuspidienne et sans altération de l’orifice pulmonaire. Insuffisance mitrale très accusée avec épaississement valvulaire d’origine probablement athéromateuse. Le foie, les poumons et les reins ne présentent qu’une congestion très accusée.

« L’orifice aortique est sain. Mais, dans cette portion du ventricule gauche située en dedans de la valve aortique de la valvule mitrale, on trouve une disposition particulière et anormale des cordages de la mitrale ; de cette valve aortique partent deux cordages qui vont s'insérer à la cloison interventriculaire, et de ce point de la cloison interventriculaire part un autre cordage de 6 centimètres de longueur qui va s’insérer à environ 1 centimètre au-dessous de l’orifice aortique. Ce cordage est manifestement tendu en travers de la portion aortique du ventricule gauche; c’est lui que l’ondée sanguine rencontrait à chaque systole et qu’elle faisait vibrer en se dirigeant vers l’aorte. »

Voici maintenant un troisième et dernier exemple de tendon

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