DIAGNOSTIC
Le plus souvent, la tachycardie ne s’accompagne d’aucune irrégularité du rythme cardiaque. Cependant on observe quelquefois des faux pas, des intermittences, des pulsations faibles succédant à des pulsations plus fortes. Dès 1889 et dans la seconde édition de mon Traité des maladies du cœur en 1893, j’ai décrit une arythmie angoissante paroxystique qui paraît être de même nature que la tachycardie paroxystique, d’autant plus que l’on voit succéder souvent chez le même sujet ces divers accès (1).
La durée des paroxysmes est variable; elle peut n’être que de quelques minutes, quelques heures, quelques jours (accès courts ). Lorsqu'elle dépasse cinq ou six jours, et à plus forte raison lorsqu’elle atteint quelques semaines (accès longs), la dilatation du cœur est à craindre avec l’asystolie aiguë, et la maladie devient grave; la mort survient alors lentement par asystolie, ou brusquement par syncope. Néanmoins, comme nous l’avons vu, la tachycardie peut rester modérée et les accès présenter une forme continue d'une durée de plusieurs semaines et même de plusieurs mois, avec terminaison favorable.
La durée de la maladie est également variable, et j’ai en observation des malades qui en sont atteints depuis quinze, vingt et même trente ans.