‹ Maladies du cœurChapitre 32 sur 97 · ENDOCARDITE · texte numérisé non relu

ENDOCARDITE

Les embolies qui proviennent de la désintégration des végétations endocardiques peuvent a 'être constituées que par des débris minimes qui, Bans interrompre la circulation, vont se fixer dans les différents organes, les poumons, le foie, ta rate, les arlic dations, etc. Ma comme ils sont de nature septique, ils j provoquent laformatiou de foyers infectieux secondaires et d'abcès. Le pus de ces abcès irtilrnnc «les L'i'iiiir- | >.i I hogènes semblables à ceus d< ttions

endocardiques. Ces accidents constituent la forme septico-pyohémique de l'endocardite maligne.

Quand les emb >lies sont volumineuses, elles déterminent l'oblitération d'artères de gros calibre, notamment de la grande circulation, à cause du siège presque exclusif des lésions sur le cœur gauche: artères «lu cerveau, des membres et même aorte abdominale, comme l'a noté ' >-!rr. Quand elles intéressent le réseau des artères mésentériques ou les coronaires, il en résulte des ulcérations intestinales ou des infarctus du myocarde.

Quelques auteurs, frappés de l'importance <lu rôle des embolies au cours des endocardites, ont prétendu que la chorée, parente «lu rhumatisme, serait due ;i de petites embolies des centres nerveux provenant de l'endocarde malade. L'endocardite serait ainsi non la conséquence, comme on l'admet généralement, mais la cause de la chorée. Celte assertion paradoxale demande confirmai ion .

SYMPTOMATOLOGIE. — Endocardite simple bénigne. Elle débute d'ordinaire insidieusement. Les palpitations, la Lr''■n'■ respiratoire, la sensation d'angoisse signalées dans certaines obseï vations sont tout à fait exceptionnelles et appartiennent plutôt aux formes graves de la maladie ou à une complication comme la péricardite.

La température reste élevée si l'endocardite a apparu en pleine cvoliiiii.n du rhumatisme ; elle est modérée si les (luxions articulaires étaient <mi voie de décroissance. Cependant une recrudescence soudaine de la Bèvre que rien n'explique doit faire craindre l'éclosion d'une endocardite.

L'inspection et la palpation ne révèlent aucune anomalie parti eu lière. L'augmentation de l'impulsion systolique de la pointe, notée par Jaccoud, est un signe inconstant et trompeur. Il en est de même <l«- l'accroissement de l'aire <!«• la malité cardiaque auquel Potain cl Teissier ont attribué une certaine valeur.

En résuma, c'est l'auscultation seule <|ui permet de dépister la maladie à Bon début.

Le signe initial consiste dans l'assourdissement des bruits du cœur indiqué pour la première fois par Bouillaud. Il porte sur l'un des bruits ou sur les deux h la fois, soit à la base, soil point.*, ou simultanément au niveau de l'orifice aortique et de

l'orifice mitral. Les claquements valvulaires perdent leur netteté; il- deviennent sourds, étouffés, comme si tes valvules étaient recouvertes d'une étoffe; c'esl le sou du « tambour voilé de Cette altération, qui correspond à la période de gonflement œdémateux du bord libre des valvules, persiste pendant plusieurs jouis; puis les bruits valvulaires reprennent peu à pou leur sonorité; celle-ci finit même par s'exagérer et le claquemenl revêt un timbre parcheminé que Polain a comparé à celui de la tabourka arabe. Ultérieurement les bruits subissent de nouvelles modifications, suivanl «pie l'affection lend vers la guérison ou ver- la chronicité.

Dans le premier cas, les bruits valvulaires, après être restés durs pendant un certain temps, redeviennent doux et moelleux, sans qu'à aucun moment il ait apparu de souffle, et l'endocardite peut être considérée comme définitivement enrayée.

Dans la seconde éventualité, dix à douze jours après le début de lendocardite, un des bruits préalablement assourdi se prolonge et devient soufflant, d'ordinaire le bruit systolique pour l'orifice mil rai et le bruit diastolique pour l'orifice aortique; puis le souffle, peu net d'abord, se précise, et finit par prendre tous les caractères des souflles de l'endocardite chronique.

Cette description, conforme à l'enseignement de Polain, n'est pas universellement admise et, pour beaucoup d'auteurs, l'endocardite aiguë se reconnaîtrait à l'apparition précoce des souffles de l'endocardite chronique. Gela est vrai en ce qui concerne l'endocardite maligne, laquelle provoque en quelques jours une insuffisance oriticielle par déchirure ou ulcération des valvules. Mais il n'en est pas de même pour l'endocardite bénigne et plastique ; dans ce cas, comme l'a dit Potain, les souffles symptomatiques des lésions valvulaires ne se manifestent que vers le quinzième ou vingtième jour. Quant à ceux que l'on entend auparavant, ils sont dus à l'accélération du cœur, à l'état fébrile, etc.. De nature anorganique, ils disparaissent d'ordinaire au moment «le la convalescence.

La péricardile complique souvent l'endocardite aiguë, surtout chez l'enfant. La présence de frottements n'empêche pas de reconnaître l'endocardite concomitante; mais, quand il y a du liquide, il n'est plus possible de distinguer les caractères des bruits du cour. Denis modifications ne se révèlent alors qu'après la guérison de la péricardile.

Endocardites infectieuses malignes. — Biles correspondent à la variété anatomique dite végétante ou ukéro-végétante, et revêlent trois formes principales : aiguë, subaiguë ou prolon£ La première est d'ordinaire primitive, l'infection se Localisant d'emblée sur un coeur indemne de toute lésion ; les autres sont, dans

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