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RÉTRÉCISSEMENT ACQUIS DE L'ARTÈRE PULMONAIRE

Le rétrécissement acquis de l'artère pulmonaire étail à peine soupçonné avant le mémoire que Constantin Paul lui a consacré en 1871. Depuis il a élé étudié par Duguel et Landouzy, par Vimont qui 'Mi a rapporté il observations dans sa thèse, par Potain et par Landouaré, qui se sonl occupés surtout de ses rapports avec le rhumatisme. Le travaille plus récent sur le sujet est dû au regretté Courtellemont et date de 1909.

ÉTI0L0GIE ET ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Le rétrécissement acquis est rare. 11 se rencontre aussi souvent chez l'homme que chez

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hi femme. Il sérail plua fréquent chez lea jeunes sujets que chez les adultes, cequi tiénl très probablement à ce qu'il ne permet pas une longue snr\ i<-.

La lésion esl consécutive à une endocardite aiguë ou chronique ou à an traumatisme. Le rôle du traumatisme, peu important en ce qui concerne les autres cardiopathies valvulaires, esl moins négligeable ici, car, de toutes les rég ions du cœur, c'esl celle de l'artère pulmonaire qui, «mi raison de sa situation superficielle, esl la plus exposée aux chocs ou aux contusions. Le traumatisme agit »'>it en favorisant la localisation d'une endocardite aiguë* sur l'origine du vaisseau, -<>ii en produisant une rupture des valves suivie '!•' rétraction cicatricielle, -<>ii enfin en provoquant une endomyocardite inflammatoire par dilacération des fibres de l'infundibulum.

Plus Bouvent, cependant, le rétrécissement est imputable à une

endocardite consécutive au rhumatisme à une maladie infectieuse

septicémique, la septicémie puerpérale notamment, qui, comme on le sait, se focalise volontiers sur le cœur droit. < >n a également insisté sur le rôle de la syphilis acquise ou héréditaire et de la tuberculose

Les lésions siègent sur les valvules elles-mêmes, qui, comme dans tous les cas de cardiopathies valvulaires chroniques, sont rétractées et adhérentes, <>n Bur l'infundibulum. Cette seconde forme de rétrécissement, appelée rétrécissement préartériel, esl due h une endomyocardite des fibres de la région.

Le vaisseau esl presque toujours dilaté, parfois considérablement, en aval du rétrécissement : dans un cas de Philouze, sa circonférence atteignait i- centimètres. <vn a prétendu que cette dilatation

était spéciale au rétrécisse al acquis, ce qui est inexact. Elle

;i été constatée par Mosnj et Portocalis el par nous-même dans des cas de rétrécissement congénital, mais Bur l>- vivant lement, à l'écran radioscopique. Pour des raisons < j u«- nous avons indiquées précédemment, elle ne se retrouve pas sur 1«cada \ re

SYMPTOMES ET ÉVOLUTION. Quand le rétrécissement constitué dès !<■ toul jeune âge, il en résulte un trouble dans la crois- - ince des Bujets, qui restent petits, malingres el chétifs.

Quand il s'est développé j » 1 « i -- tard, il détermine seulement <l<' la pâleur du visage el de la dyspnée d'eflbrl ; mais, au cas de n ment très serré, la dyspnée peut frtre excessive <•! rendre impossible toute activité phj sique

Par contre, l'affection ne s'accompagne jamais d< qui

la distingue du rétrécisseraenl congénital. Il peut bien j avoir, il est vrai, i un Btade avancé, une coloration bleuâtre des extrémités, «lue ;i la stase sanguine ; mais celle ci, analogue par Bes caractères el Bon

lu \i ri Dfl mi î.i ■ wiii. — -

mécanisme a ce que l'on constate dans les autres cardiopathies val vu laires, n'a rien à faire avec la véritable cyanose.

La percussion de la région précordiale dénote quelquefois l'existence d'une zone de matité peu étendue accolée an bord gauche du sternum et due à la dilatation du vaisseau.

Les signes les plus importants sont fournis par la palpation, l'auscultation el l'examen radiologique.

A la palpation, on constate une sensation de frémissement ou de thrill perceptible dans le deuxième espace intercostal du côté gauche. I hn-lquefois peu marquée quand le sujet est surir dos, elle est toujours plus nette quand on le fait incliner fortement sur le côté ou coucher sur le ventre. Ce frémissement est exactement systolique.

Au frémissement correspond un souffle, également systolique. et d'ordinaire intense et comme râpeux. Tl a son maximum dans le deuxième, parfois, d'après Gilbert et Chabrol, dans le troisième

espace, même dans le cas de sténose sans rétrécissement préartériel. Le souffle se propage vers la clavicule et jusque dans le dos.

L'examen radioscopique permettrait ;'i lui seul, dans les cas litigieux, de faire le diagnostic de la lésion, tant l'asped présenté par le cœur est caractéristique. Il est constitué par trois éléments essentiels, qui sont : une Fig. 93. — Rétrécissemeni pulmo- augmentation plus ou moins notable

naire — P, pointe du cœur gauche: i . . , , ..

P'.p. edu cœur droit (.■,..,„■ du ventricule droit, un accroissemen

en sabot).

de la convexité «le l'arc pulmonaire, lequel est d'ordinaire le siège de forts mouvements d'expansion, et l'absence presque constante, au moins dans les stades initiaux, de modification du ventricule gauche. La forme ainsi figurée, dite « en sabot » (fig. 93 . es! duc a la prédominance du diamètre transversal sur le diamètre longitudinal du cœur.

La circulation périphérique ne présente aucune anomalie. Cependant, d'après Courtellemont, le pouls serait habituellement petil el lent, comme dans te rétrécissemeni aorlique.

Le diagnostic de l'affection esl relativemenl aisé. Le souffle du rétrécissemeni de l'artère pulmonaire ne saurai! être confondu avec aucun autre. Le seul <|ui pourrait lui ressembler esl celui «le la communication interventriculaire, qui donne lieu aussi à une sensation de frémissement et qui est également systolique; mais ce souffle a son maximum dans le troisième espace intercostal gauche cl non dans le deuxième; de plus, il a une direction transversale et ne

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remonte p la clavicule. Quanl au Bouffie systolique ano

nique de la régi le l'artère pulmonaire, il a des caractères h"i>

différents du souffle organique pour qu'une erreur soil possible. I! est en effet doux, superficiel, ne se propage dans aucune direction - i jamais, si intense soil il, il ne - accompagne de frémissement. \u c;i^ de doute, <mi aura recours a l'examen radioscopique, el - il ré^ èle la configuration si spéciale <'n sa bol . <>n devra conclure <|U' bien d'un Bouffie organique qu'il s'agit.

Le rétrécissement acquis de l'artère pulmonaire peu serré, semble fiin- niiii p;ili 1)1 r ;iwr um- longue survie. Vous avons \ ii. bu cours de la guerre, an certain nombre de sujets qui, atteints de cette affection, n'en ont pas moins supporté sans accidenl les fatigues de la campagne. Mais si le rétrécissemenl est I rès étroit, l'activité physique est notablement entravée el des complications surviennenl A l'< sion <!•' surmenage ou de maladies intercurrentes. Elles Be mani festeni d'ordinaire sous la forme de bronchites tenaces, de congestions pulmonaires, «!<• broncho pneumonies, etc. I ne autre éventualité encore plus fâcheuse es! celle <\o la tuberculose pulmonaire, fréquente chez ces sujets, peul être parce qrfe l'étal précaire de leur Ban té les oblige a séjourner dans des milieux hospitaliers, trop souvent contaminés,

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