‹ Maladies du cœurChapitre 55 sur 97 · INSUFFISANCE DE LARTÈRE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

INSUFFISANCE DE LARTÈRE PULMONAIRE

L'insuffisance de l'artère pulmonaire a été signalée sur le cadavre par Norman Chevers en 1862, Bur le vivant par E. Dupré en Barié en 1890, Gerhardl en 1892. On la considérait comme tout à fait exceptionnelle, au point que Rehfisch, sur 3l rdio-

pathies, ne l'avait notée que 9 rois. Depuis on s reconnu q fréquence est «mi réalité plus grande, si l'on lient compte de l'insuffisance fonctionnelle, ignorée alors, el dont des exemples nombreux ont été rapportés dans ces dernières ann

Cette lésion est congénitale ou acquise Congénitale, elle est d'ordinaire associée 6 d'autres malformations cardiaques, et elle résulte le plus souvent d'une inocclusion de l'orifice par réduction du nombre de ses valves. Vcquise, elle est organique ou fonctionnelle.

L'Insuffisance acquise orfranlque esl consécutivi *oil ;ï une perforation ou a un ■ perte de substances des lames valvulaires au cours d'une endocardite maligne ulcéreuse, soil •• la rétraction lente H progressive de leurs bords libres par endocardite chronique.

I n autre mécanisme a été invoqué par certains auteurs, Maurice Raynaud notamment, c'est l'étal fenêtre ou criblé . Il esl cars risé par la présence sur les valves sigmoldes de fentes linéaires ou *!«* pertuit, «lu- ;i un pro< i ssus, d'ailleui

sorption moléculaire. Cette anomalie n'est pas exceptionnelle, mais rien ne prouve qu'elle puisse se traduire par une insuffisance orificielle. Garnier ;i fait justice de cette interprétation en ce qui concerne l'insuffisance aortique; elle n'est probablement pas plus vraie pour l'insuffisance pulmonaire.

L'insuffisance est rarement isolée et, d'habitude, elle s'accompagne de rétrécissement ; cela a été noté vingt-trois fois sur quarante-trois. Dans ce cas, il existe une dilatation du vaisseau en aval de l'orifice, et les parois du ventricule droit sont hypertrophiées.

L'affection reconnaît d'ordinaire pour cause une infection antérieure, surtout le rhumatisme, ou l'infection puerpérale, ou encore la fièvre typhoïde, comme dans un cas de Castaigne. On a incriminé également l'athérome pulmonaire, consécutif lui-même à une lésion chronique des poumons ou à une sténose mitrale. Cette conception, assez séduisante et d'ailleurs plausible, établirait une analogie parfaite entre les insuffisances pulmonaire et aortique, en créant, à côté de l'insuffisance pulmonaire par endocardite, une forme nouvelle, artérielle.

Enfin, pour compléter encore la ressemblance, l'insuffisance pulmonaire pourrait aussi être due à un traumatisme de la région précordiale. Dans un cas de Stoldt, elle apparut à la suite d'un coup de pied de cheval qui avait produit non une rupture valvulaire, mais un épanchement sanguin sous-endocardique.

L'insuffisance de l'artère pulmonaire détermine de la gène respiratoire, liée à la dilatation des cavilés droites, mais elle n'a rien de spécial.

Le signe le plus important consiste dans la présence d'un souffle diaslolique, doux, siégeant le long' du bord gauche du sternum, dans le troisième espace, et se prolongeant jusqu'à la base de l'appendice xiphoïde. D'après Gerhardt, il serait plus inlense au moment de l'inspiration, à cause de l'augmentation de pression dans les cavités ventriculaires. Si la lésion est double, le souffle doux d'insuffisance est précédé d'un souille systolique rude de rétrécissement dans le deuxième espace du côté gauche.

L'insuffisance fonctionnelle on relative serait, comme nous l'avons dit, moins rare qu'on ne l'a cru jusqu'ici et, à en juger par les travaux récents, plus fréquente que l'insuffisance organique.

D'une manière générale, elle résulte de l'élargissement progressif de l'artère et de l'orifice pulmonaires, par excès dépression dans la I mM il o circulation. Elle apparaît dans trois condition- principales : à la période avancée de certaines lésions chroniques du poumon, au cours de la sclérose primitive pulmonaire ou des sténoses mitrales très accentuées.

Les relations de l'insuffisance «le l'artère pulmonaire avec les lésions chroniques du poumon, pressenties parStokes, ont été bien

LÉSIONS \.\i.\ ULAIRES. »:i- i "

étudiées par Gouraud. I» en onl été rapportés par Kolesko,

Bristowe, etc. ; mais ils ^< «n t peu démonstratifs. Il- coaceroaienl pour la plupart des sujets atteints depuis longtemps de bronchite, d'emphysème ou de Bclérose du poumon.

Le rôle de la Bclérose primitive de l'artère pulmonaire b signalé par Romberg el par Vust. Les malades présentaient une dyspnée permanente el une cyanose intense. \ l'auscultation, <>n constatait un souffle diastolique 'I insuffisance pulmonaire, le Ion:: du bord gauche du sternum. Lei cavités droites étaient considérablement hypertrophiées; l'artère pulmonaire était le siège d'une sclérose généralisée, et il n'existait aucune altération valvulaire.

Le plus souvent cepen tant l'insuffisance fonctionnelle '!<• l'artère pulmonaire est consécutive à des lésions mitrales, notamment àla Bténose. «i. Steell 3 a consacré d'importants travaux en iven 1906. Il b montré que, chez certains maladt b, le rétrécissement <!<•

l'oritice mitral a j r effet de provoquer une augmentation ex< es

sive de la pression dans l'artère pulmonaire avec dilatation du vaisseau, dont l'orifice finit par être forcé, ce qui se traduit par l'apparition d'un Bouffie diastolique doux, l<- long du bord gauche du sternum. James \'>;wi. en 1894, a publié un fait analogue qu'il a expliqué «l»- la même façon. Depuis, Pavinski, Gouget, Rudolf, Sailer «-n ont rapporté d'autres. Pour Hall, l'insuffisance relative de l'artère pulmonaire se rencontrerait dans i p. km» des cas de Bténose mi traie.

Enfin Lutembacher a apporté une contribution importante à la question, en montrant que l'insuffisance pulmonaire consécutive au rétrécissement mitral peut être due soit simplement à des conditions mécaniques el .i la dilatation passive du vaissi au, -".1 ;• la local i sation but ce vaisseaude processus infectieux, Bi fréquents, c >mme on le Bail, chez les sujets atteints de cardiopathies valvu mitrales

Depuis que notre attention a été attirée sur ces faits, qous en avons constaté de semblables C< tle vari lé d'insuffisance pulmonaire n'est donc pas exceptionnelle ; et, -1 on l'a méconnue pendant -1 longtemps, c'est très probablement parce que l'on a confondu fou sou ftle avec celui de l'insuffisance aortique, dont il emprunt tains caractères: timbre, temps d'apparition, notamment. Quant .1 son siège gauche, '>u n'en était pas autrement surpris, puisque l'on savait que, parfois, le souffle diastolique de l'insuffisanc< tique se per< "il mieux de ce côté.

\ussi. pour éviter une pa aille méprise, on se souviendra que Tin suffisance de l'artère pulmonaire peut compliquer la sténose milrale, <-i quand, au cours de cette aOection, on entendra un souffle d lique 1 siège insolite, on nura soin de préciseï son foyer il au? tation, -"ii mode de propagation, etc On examinera la circulai

périphérique, le pouls, la pression artérielle, etc., ot, s'il n'y a aucune preuve formelle d'une insuffisance aortique, on pensera ;< L'éventualité «l'une insuffisance de l'artère pulmonaire. L'examen radioscopique donnera alors <los indications précieuses. Il montrera, ;iu cas d'insuffisance aorlique, une augmentation toujours notable du ventricule gauche et, au cas d'insuffisance pulmonaire, la l'orme si caractéristique du cœur « en sabot », avec élargissemenl <!<■ l'arc pulmonaire.

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