‹ Maladies du cœurChapitre 75 sur 97 · INSUFFISANCE DES CAVITES DROIT E · texte numérisé non relu

INSUFFISANCE DES CAVITES DROIT E

En raison de la lenteur habituelle de son évolution et de la multiplicité de ses symptômes, cette variété d'insuffisance est celle qui a été connue le mieux des anciens auteu s. Son histoire, ébauchée par Corvisart, a élé complétée par les auteurs du siècle dernier, notamment par Beau, Friedreich et Potain.

L'insuffisance du cœur droil s'observe de préférence à la suite des cardiopathies aiguës ou chroniques. Relativement précoce au cas de symphyse cardiaque, demyocardite infectieuse ou toxique, la myocardite éthylique par exemple, elle esl souvertl différée chez les sujets atteints de cardiopathies mitrates, el très tardive dans les lésions valvulaires aortiques.

Elle survient également à la suite de certaines maladies de l'appareil pulmonaire, comme la sclérose du poumon ou des plèvre- et la phtisie fibreuse.

Enfin ou a prétendu qu'elle pouvait être consécutive à des troubles

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de l'appareil gastro-hépatique ou de l'utérus. Maie ainsi que i l'avons dit, cola est plu- que douteux.

L'insuffisance du cœur droit, contrairement ;i celle du cœur gauche, se manifeste assez rarement par des accidents subits, plus eouvenl elle es! lente el insidieuse Néanmoins <>n peul en distinguer trois formes : la forme aiguë, la forme subaiguë e! la forme proj sive.

La forme uoui se voit Burtoul au cas de lésion mitrale, Burloui de rétrécissement. Parfois elle roconnall pour cause un Burmenage intempestif. Une de nos malades pn sentait depuis longtemps une insuffisance mitrale qui n'avail donné lieu ;'■ aucun acci denl notable. I H jour, s'étanl trouvée obligée de porter des paquets trop j » « • ~ ; 1 1 » t - , elle fut prise d'une oppression extrême, bientôt suivie de cyanose avec distension des jugulaires el augmentation énorme du volume du foie \ la percussion, les cavités cardiaques étaient considérablement élargies Ces accidents ne régn — >renl que lentement après un traitement énergique.

Mais c'est principalement au cours d<- la gr< I ';>'■-

couchemenl que -<• déclare l'insuffisance aiguë du cœur droit Elle affecte de préférence les femmes atteintes de rétrécissement mitral, et les accidents qu'elle détermine sont connus sous le nom d dents gravido-cardiaques. Ilsdébulenl vers le quatrième mois «le- la gêne respiratoire, d'abord paroxystique, avec présence dans la poitrine de râles disséminés, mais plus nombreux à la base des poumons. Les choses persistent ainsi pendant quelques joui quelques semaines, puis la dyspnée augmente, devient continue et revêt l'allure d'un véritable catarrhe suffocant. Les muqueuses ♦•l les extrémités digitales prennent une teinte cyanique, les veines jugulaires se distendent, les battements du cœur -«• : pitent, ce qui a souvent pour effet de modifier les bruits anormaux entendus jusque-là. Néanmoins d est presque toujours de constater l'existence d'un Bouffie Byslolique ou d'un roulement diastolique de la pointe, indices de la lésion orificielle ; souvent à ce Bouffie B'en ajoute un autre - >ant dans la région xipholdienne el dû à une insuffisance Iricuspidienne. l*e cœur est nota blemenl dilaté dans le sens transversal Sa pointe est al liss rejetée en dehors. \ la percussion, on note un débord de la n cardiaque à droite du Blernum.

Le thorax est dilatée! globuleux, par suite d'un l'emphy-

sème aigu du poumon ; les râles de plus en plus abondants vant les régions, crépitautsousous crépitants, el li< itence

d'un |" o essus œdémateux el de fi derniers, ta sonorité lympanique fail place à de lu submalité

I expectoration présente des modificali cléristiquea. Au

début, elle est simplement i ongeslive ou muco purulente, i

à ce momenl l 'examen microscopique permet «l 'y l rouver un cei tain no libre de globules blancs contenante Uur intérieur des pigments hémoglobiniques. Dans lesjours suivants, les phénomènes hémorragipares se confirment et s'exagèrenl , les crachats prennent une coloration rosée, puis rouge, et enfin franchement hémoptoïque. Les hémoptysies, d'abord discrètes, deviennent bientôt très abondantes il se reproduisent incessamment. On n'a pas de peine alors à reconnaître leur relation avec des foyers d'infarctus pulmonaire siégeant de l'un ou l'autre côté de la poitrine, ou dans les deux à la fois,el occupant une éten lue plus ou moins grande. Très souvent la mort survient, au cours de ces hémorragies, du f?it de L'asphyxie qui peut tuer l'enfant en même temps (pie la mère.

Parfois l'évolution de cesaccidents est si rapi îe que la terminaison fatale se produit sans qu'aucun autre signe se soit manifesb ce n'est un peu d'oedème d(^ jambes, de la congestion douloureuse du foie et de la diminutiou des urines. Ces signes sont naturellement [dus accusés quand 1 évolution de l'insuffisance est moins précipitée.

L'interruption spontanée ou provoquée de la grossesse met quelquefois, niais non toujours, un terme aux accidents. Par contre, ils peuvent débuter seulement après la délivrance, et ils s'expliquent alors par le surmenage que le travail de l'accouchement a imposé au cœur en état de méiopragie. Le tableau clinique qu'ils réalisent est connu sous le nom de « cœur forcé ».

La forme subaigi e s'observe dans trois circonstances principales : à la suite de cardiopathies mitrales, d'altérations chronique- des poumons ou des plèvres ou de l'insuffisance aiguë du ventricule gauche.

Dans le premier cas, el'e n'a de particulier (pie son étiologie et la rapidité de son évolution. Elle survient fréquemment après des fatigues excessives, des marches prolongées comme nous l'avons vu au cours de la guerre, ou après des écarts de régime, notamment une alimentation trop riche en chlorure de sodium. Ici encore la grossesse peut avoir une influence néfaste. L ne femme atteinte de rétrécissement niitral avait accouché normalement. Quelques semaines après, sa respiration commença à être gênée, puis survint de la stase périphérique et viscérale, de l'œdème îles jambes el une arythmie complète, indice d'un fonctionnement défectueux de l'oreillette, s'installa subitement. L'insuffisance du cœur droit, révélée par ces symptômes, brûla les étapes et aboutit en quelques mois à la mort.

Les altérations chroniques du poumon et de la plèvre réalisent un tableau clinique un peu différent, bien décrit par Lulembacher. ('/est à la période tout à fait terminale des scléroses pleuro-pulmonaires, tuberculeuses le plus souvent, que les accident- appar ussenl : œdème des membres inférieurs, cyanose de la face el des

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