INSUFFISANCE CARDIAQUE
extrémités, congestion du foie, dyspnée excessive. D'ordinaire, on attribue la dyspnée el la cyanose à l'intensité des altérations scléroemphysémateuses ou bronchitiques, la congestion hépatique à la dégénérescence graisseuse, l'œdème à la la cachexie. Cette interprétation semble d'autant plus justifiée qu'il u'ya aucun trouble circulatoire apparent, que le pouls esl régulier ou présente seulemenl quelques irrégularités exl rasystoliques. Mais, si l'on ausculte le cœur, on constate, non sans Bur| rise, dans la région xipholdienne, un souffle systolique manifestement lié à une insuffisance tricuspidiennoel précédé parfois, quelques jours auparavant, par un rythme, de galop rétro-sternal. A l'écran radioso pique le ventricule droil esl dilaté el l'arc pulmonaire agrandi. Ces données permettent de ré ta • blir l'enchaînement des phénomènei el de les attribuer non aux causes incriminées ci-dessus, mais à une insuffisance ventriculaire droite. La régularité du pouls s'explique par ce fail que le \ •• 1 1 1 r; cuir esl seul insuffisant, alors <[u"i! serait en arythmie complète -i l oreillette l'était également , Cette étape cardiaque, ou mieux, comme dit Lutembacher, ce ■ Byndrome tricuspidien terminal « des affections pleuro-pulmonaires esl dû à l'élévation progressive de la près sion dans la petite circulation el précède la mort d<- quelques jours.
L'insuffisance subaiguë du cœur droit, consécutive 6 la distension aiguë du ventricule gauche, se \<ui chez les suj< Ls atteints d'hypertension artérielle ou de lésions de l'aorte : <'ll«- évolue également en quelques semaines vers la mort; elle résulte d<- l'extension de la dilatation cardiaque aux cavités droites. Nous en avons exposé le méc nismeet le tableau clinique dans un chapitre précédent Voy. p.64t
La forme progressif esl la plus habituelle el la mieux connue. Elle s'annonce à assez longue échéance par un certain nombre de symptômes subjectifs et de BÎgnes objectifs.
Parmi les symptômes subjectifs, le plus importantes! ladysp d'effort. Bile a pour caractère de n'apparaître que dans des circonstances particulières, notamment dan- la marche, surlouten terrain montant, certains sujets pouvant fournir des courses proloi sans grande fatigue en terrain plat, alors que la moindre déclivité du sol provoque de l'anhélation. Cette dyspnée n'est douloureuse que par la sensation pénible de suffocation qu'elle produit : elle se 'alun' par le repos, et le malade n'est pas troublé dans son sommeil, pourvu <|u'il prenne Boin d'avoir la lôte légèrement élevée au-dessus du plan du lit el d'éviter le décubitus sur l<- côté gauche
\ ce moment, la gêne circulatoire n'est encore que 1res mod< Elle a cependant déjà pour effet défavoriser les congestions brouchiques et di> les rendre plus tenaces A la suite d'une mi< catarr haie en apparence banale, la i>>u\ persiste d'une façon insolite pendant quelques jours el même pendant quelques semaines I i tendance a la stase viscérale se révèle aussi par de la lenteur dans
les digestions, par mu- sensation de plénitude gastrique, par de la somnolence après les repas et par une sorte de torpeur cérébrale.
A celé s'ajoutent des palpitations survenant soit au repos, ce qui esl rare, soit plutôt dans la marche, en même temps que la dyspnée, et s'arrêtant comme elle après la suspension de l'effort.
A cette période, les signes objectifs son! d'ordinaire peu marques. Ils consistent dans une coloration légèrement cyanique des lèvres et des pommettes, dans une distension des veines jugulaires, qui sont apparentes sous la peau, sans être véritablement turgescentes. Les malléoles sont le siège d'un œdème discret qui se manifeste à la fin de la journée, pour disparaître le lendemain au moment du réveil.
Le pouls peut rester tout à fait régulier ou ne présenter de loin en loin que quelques irrégularités extrasystoliques. I Cependant, si l'oreillette esl déjà insuffisante, il existe de l'arythmie complète de date ancienne ou récente. Quant à la pression artérielle, elle ne donne aucune indication particulière.
L'examen du cœur ne révèle rien de spécial, à moins de lésions organiques concomilantes. Parfois, cependant, il montre que l'organe commence à se dilater, que sa pointe est abaissée et rejetée vers la ligne axillaire.
L'exploration radioseopique fournit des renseignements plus importants el permet de constater l'agrandissement des cavités droites cl l'allongement de l'axe longitudinal du cœur.
Les choses subsistent ainsi pendant des semaines ou île- mois sans s'aggraver notablement, surtout si le malade esl soumis à une hygiène cl à un traitement appropriés ; puis, à la longue, sous L'influence d'écarts de régime, île fatigues, les troubles s'accentuent el l'insuffisance cardiaque enlre dans sa période délai.
L'anhélation ne se manifeste plus seulement dans la marche ou dans les efforts; les moindres mouvements suffisent à la provoquer. Mlle se calme moins vile sous l'influence du repos. La nuit, le malade est obligé de prendre la position demi-relevée, la tête reposant sur deux ou trois oreillers ; l'encombrement catarrhal des bronches devient presque permanent et, dans l'expectoration, toujours plus abondante au réveil, on n de la présence de cellule- chargées de pigments hémoglobiniques. L'auscultation de la poitrine révèle l'existence de râles muqueux ou de râles lins aux deux basi
L'œdème gagne le mollet el les cuisses; la cyanose dea lèvres, des pommettes el des extrémités digitales est plu- marquée: les jugulaires l'ont fortement saillie -ous la peau. Le l'oie esl congestionné el dépasse le rebord des fausses côtesde deux ou trois travers de doigt ; il <•>! douloureux à la palpation, el le malade a une sensation constante de gêne épigastrique, de tension abdominale qui le force souvent a desserrer ses vêtements. Si l'on appuie