‹ Maladies du cœurChapitre 79 sur 97 · INSUFFISANCE CARDIAQUE. SS · texte numérisé non relu

INSUFFISANCE CARDIAQUE. SS

céphalée, el par dea signes physiques, augmentation de volume cîu c<r-ur. souffle Bystolique et enfin irrégularité des battements du cœur et du p:>uls.

o Le cœur, dit-il, esl augmenté de volume, el il sufGl simplement de pratiquer la mensuration pour s'en convaincre. Mais 1 auteur n en donne aucune preuve ; il n'indique ni le procédé donl il s'est servi, ni les résultats auxquels il esl parvenu. ' >r, si l'on mesure le i œur, comme nous l'avons rail avec notre maître Potain, on voit que, chez les sujets de huit à vingt ans, le cœur subil un accroissement, non excessif mais parallèle à celui <!»• l'âge, du poidsel de la taille el que, quand il n'en esl pas ainsi, l'augmentation anormale «lu volume du cœur résulte <l<- conditions pathologi [uea indépendantes de la croissance : déviations rachidienne respiratoire avec obstruc-

tion nasale <>u pharyngée, alîecl ions chroniques des poumons, etc..

Quant au souffle systolique, Germain Sée ne dil pas «»ii il -i< >ge. Son existence lui suffit, el il oe -<• pose même pas la question de savoir comment un souffle peul révéler une hypertrophie du cœur.

Reste l'arythmie qui consisterai! dans des battements très rapprochés, se manifestant par séries de li"i> ou quatre pour reprendre ensuite un rythme régulier |" ndanl un certain nombre de pulsations. Or il n'\ a qu'une arythmie qui réponde à ces caractères l'arythmie respiratoire, très fréquente chez les jeunes sujets el Bans signification pathologique.

Les troubles fonctionnels n'onl pasplus de valeur. La ta< hycardie ou les palpitations n'onl rien à faire avec une augmentât!» volume du cœur; elles >"iit de règle chez les chlorotiques, dont le cœur esl |>lwi"t pelil <in<' gros. La dyspnée reconnaît de multiples dans lesquelles l'influence cardiaque a entre que pour une faible part, à moins de cardiopathie organique. La céphalée est un phénomène banal qui peut être Lié à la croissance, à des troubles dyspeptiques, mais non ;> une hypertrophie du cœur.

La notion de l'hypertrophie il»- croissance a été combattue par Constantin Paul, par iiuchard el par nous même.

Dana un travail publiéen 1895 avec Potain, nous avons montré <|uc l'on englobe sous le nom <\ hypertrophie de croissance des rails très disparates où l'hypertrophie du cœur n'entre en général pour rien Les BÎgnés .i l'aide desquels on prétend la reconnaître ne témoignent en aucune façon de Bon existence, el l'examen direct du cœur montre au contraire qu'elle fait précisément défaul quand la croissance esl Beule en cause, Sous des influen :esdi vons-

nous ajouté, le cœur peul -an- doute subir certaines rao lifications dans Bon rythme el même des dilatations pass blablement ces dilatations se produisent pendant la péi rois-

sance plus aisémenl qu'à aucune autre époque de la vie, mais

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imputer à une soi-disant hypertrophie idiopathique les désordres énoncés ci-dessus, c'est aller à l'encontre des laits. »

Dans un travail publié récemment avec Donzelot, nous avons confirmé ces données au moyen de la radioscopie. Nous nous sommes élevé contre l'abus du diagnostic d'hvperlrophie et des réformes militaires qu'il entraîne. Le plus souvent, cette soi-disant hypertrophie lient à la disposition particulière du cœur, dont le grand axe est dirigé verticalement en raison de la constitution du thorax. Nous en avons conclu, d'accord avec le Bulletin officiel du Ministère </c lu Guerre sur l'aptitude physique au service militaire de 19 IG, qu'un pareil diagnostic ne peut justifier une proposition de réforme que s'il s'appuie sur la radioscopie et s'il est accompagné de l'énoncé des causes qui ont provoqué ou qui accompagnent l'hypertrophie.

Hypertrophie de travail. — On a désigné sous ce nom l'hypertrophie des parois ventriculaires que produiraient chez des sujets sains l'exercice méthodique et l'effort. Cette sorte d'hypertrophie constituerait un acte physiologique très différent de la dilatation provoquée parle surmenage physique chez desindividus insuftisamment entraînés ou débilités.

Cette donnée ne repose, ce qui est assez singulier, que sur des faits tirés de Panatomie comparée.

Dans des recherches faites en 188 i par Bcrgmann, à l'instigation de Béllinger, cet auteur nota que le cœur des animaux sédentaire?, comme le cochon et la vache, était relativement plus petit que celui des animaux de course, le cheval, le chien, le lièvre et surtout le cerf. Les oiseaux à vol rapide ont le cœur trois à quatre fois plus gros que celui de l'homme comparativement à la masse du corps. Ces constatations ont suffi aux auteurs allemands pour conclure que, ehez l'homme, les . exercices physiques devaient entraîner une hypertrophie du cœur.

A cette induction par analogie nous avons avec Potain préféré l'observation directe. En 1893, nous avons examiné un certain nombre de sujets entraînés aux exercées, notamment des moniteurs de gymnastique de régiment. Nous avons vu qu'en effet le volume du cœur augmente, mais proportionnellement à la durée de l'ei traînement, pour revenir à la normale dès qu'il est suspendu. Cela esl d'ailleurs logique et, pour s'adapter à un effort continu, le cœur doit nécessairement devenir plus gros, comme les muscles du mollet chez les coureurs de profession. S'agit-il là d'une hypertrophie ? Assurément non, car le mot d'hypertrophie implique l'idée d'un excès de développement, alors que, dans les cas précédents, l'augmentation de volume est e>.act< ment graduée sur le travail a fournir et, en d'autres termes, physiologique.

Pour ces raisons, nous estimons que la notion de l'hypertrophie de travail doit être rayée de la nosologie.

I> si l FISANCE ( A.RDIÀQUE. i.i

Hypertrophie de la grossesse. En l>-s, puia plus lard en

is7«j, I. archer a conclu <Ju résultat de 130 autopsies que travail >\o la gestation avait normalemenl pour eOel d'hypertrophie r le cœur. Cette assertion, admise p ir Blol ol par Duroziez, a été contestée par Gerbardt, par Friedreich el par Fra ntzel. Ce dernier .-iiiieur a montré que l'on ne pouvait tirer aucune corn lusion du travail de Larcher, parce qu'il n'a pas tenu un compte suffisant la taille <lrs sujets, de leur poids, ni des c lusea de la mort.

Dreysel a repris la question dans ses recherches faites de 18" 1890 à l'Institut pathologique de Munich. Comme Larcher, il «lit avoir noté que le cœur augmentait pendant la ^r' et que celle

augmentation, de 8 p. 100 en moyenne, était proportionnelle à celle du poids du corps, fœtus compris. Ultérieurement Lohlein el MuB< r n'en ont pas moins déclaré que, dans lea conditions normales de la grossesse, le cœur n'était pas hypertrophié. Même affirmation de la part <\c Letulle, appuyée sur des examens cadavériques où le p moyen du cœur do femme en état de gestation a été trouvé de 233 grammes, alors que le poids normal est de 1 2 là 2 l< gère

augmentation tenait d'ailleurs à ce que, dans la moyenne, et li compris le cœur d'une femme de quarante-trois ans li d'une

éclamptiqup, pesanl l'un et l'autre plus de 250 gramme?.

h.-us un travail publié en 1890 avec notre interne Millet, nous avons confirmé sur le vivant les observations de ces auteurs. Sur trente et une femmes, nous n'avons constaté que sept fois un dév< loppemei i anormal du cœur, proportii □ qui peut tout d'abord paraître un peu foi te, mais qui s'explique par ce fait que nos obs rvatlons ont été r< cueillies dans un Ben ice de médecii o de la Mat rnité ou ne Be trouvent que des fen mes enceintes mala ip-

posées t< lies. D'ailleurs, dans ces sept cas, l'anomalie de déve'oj | ement - expliquait par des raisons indé| ei

\«ui< .liions donc '-H conclusion que rien o'autori e a adme qu'il existe au cours c*e la grosse se une hypertrophie cardiaque, idiopathique < u essentielle.

Hypertrophie essentielle congénitale. — En 190*, Hedinger a rapporté le <-a- d'un enfant de quatre mois m<>it de broncho pneumonie, chez lequel le cœur pesait 190 grammes, < trame celui d'un adolescent «le quatorze à quinze ans. Lliyperlr phie por'ait -tir le ventricule gauche, <vt il n'j avail aucune malformation i u laire capable '!«' l'expliquer.

L'auteur a rappelé à cette occasion que Bednar, puis lia.. Benecke, Epron Bvaientdéjà signale* l'hypertrophie totale < le

du cœur chez des nouveau-nés, indépendan ment '!«• t«>nt autre lésion,

• es faits Boni i i!ii< iles a inlerp éler lledii ^cr suppose un trouble de la fonction chromaffine, analogue à celui m\<> [ué par nous-même

et par Wicsel pour rendre compte de certaines hypertrophies cardiaques qualifiées d'idiopathiques. Ce n'est là, ajoute-t-il, qu'une hypothèse, car dars les cas qu'il a publiés les capsules surrénales étaient indemnes de toute lésion.

Nous n'avons Irouvé dans les travaux français aucune confirmation de la soi-disant hypertrophie congénitale primi'.ive. C'est €n tout cas un sujet qui demande de nouvelles recherches.

Hypertrophies symptonialiques. — L'hypertrophie est tota'e ou partielle. Elle a pour effet de déterminer une augmentation de volume du cœur, naturellement plus marquée dans le premier cas que dans le second. Il y a Jeux moyens de la reconnaître : la pesée et la mensuration.

La méthode de la pesée ne donne pas la mesure réelle de l'hypertrophie, car elle ne peut pas faire abstraction des autres facteurs, — surcharge graisseuse, néoformation conjonctive, — qui interviennent pour une part plus ou moins importante dans le poids total de l'organe. Cette réserve faite, et en admettant que chez l'homme normal le cœur pèse 300 grammes et 280 chez la femme, on pe^t considérer comme hypertrophié tout cœur dont le poids atteint 350 grammes chez l'un et 300 grammes chez l'autre. Les chiffres plus forts de 500 à 600 grammes ne sont pas rares, môme celui de 1 000 grammes n'est pas exceptionnel.

La mensuration peut être pratiquée grossièrement en comparant le volume du cœur avec celui du poing du sujet qui lui est sensiblement équivalent à l'état normal, ou au moyen d'un ruban méliique, en ayant soin de faire porter les recherches au même endroit, à la partie moyenne des ventricules (Je préférence. Le tableau suivant, emprunté à Letulle, donne l'épaisseur comparée des parois normales et hypertrophiées :

Cœur normal. Cœur hypertrophié.

Ventricule droit 5 A »i millimètres. 8 à 10 millimètres.

Ventricule gauche 10 à 15 — 18 à 20 —

Oreillette droite 2 à a — 4 à 5 —

Oreillette g\.uche 2 à 3 — 5 à 6 —

Cloison 1J à l.i — 16 à 15 —

L'aspect du cœur hypertrophié varie suivant la plus ou moins grande importance des lésions associées : adipose cardiaque, présence de traclus fibreux, etc. Quand l'hypertrophie est pure, la paroi cardiaque est dure et résistante. Sa coupe présente une teinte rouge uniforme.

A quoi lient l'hypertrophie ? A l'hyperplasie des cellules ou à leur hvpernutrition ? D'après Letulle.il ne semble pas qu'il s'agisse d'hyperplasie, bien que cet auteur, en raison de la difficulté qu'il y a à interpréter les coupes hislologiques, ne soit pas très affirmalif. « En tout cas, dit-il, les cellules musculaires grêles de 5 à 8 a, seul

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