‹ Maladies du crane et de l'encéphaleChapitre 22 sur 123 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les effets produits par le projec-

lile sont variables: tantôt ils se traduisent par une simple éraillure ou un sillon à la surface des téguments : tantôt le projectile a décrit un trajet en séton avec un orifice de sortie situé souvent en un point fort éloigné de l'orifice d'entrée, la balle ayant contourné le squelette crânien au lieu de le perforer. J'ai eu l'occasion de voir plusieurs fois, au niveau de la région temporale, des projectiles qui, n'ayant pas la force de perforer la paroi osseuse, s'étaient arrêtés dans l'épaisseur du muscle temporal, où ils traduisaient leur présence par de la douleur localisée, du gonflement et de la gène dans les mouvements de la mâchoire. Ces plaies par armes à feu sont fré quemment souillées par des corps étrangers, tels que des cheveux, des débris de la coiffure, des fragments de bourre, des projectiles, qui sèment autour d'eux l'infection et favorisent l'apparition de la suppuration en un point souvent éloigné de la porte d'entrée.

SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC. — La symptomatologie est en général très bénigne; il se fait, par l'orifice de pénétration de la balle aux bords irréguliers, œdématiés et souvent noircis par la poudre, une hémorragie généralement peu importante; parfois apparaissent consécutivement des névralgies plus ou moins rebelles provoquées par la lésion de filets nerveux.

Un point mérite de retenir l'attention au point de vue du diagnostic : c'est la question de savoir si, chez un sujet atteint d'une balle dans la tète, le projectile est demeuré sous les téguments ou s'il a perforé la paroi osseuse du crâne pour pénétrer dans la substance cérébrale. S'il est des cas où le blessé présente un ensemble de troubles nerveux qui ne laissent aucun doute sur la pénétration profonde du projectile, il en est d'autres où, bien que la substance nerveuse ait été lésée, l'état du blessé observé peu de temps après l'accident est tellement satisfaisant que rien ne permet de suspecter la lésion profonde ; or la question est importante au point de vue thérapeutique. En pareil cas, la radiographie est appelée à fournir de précieux renseignements sur la situation du projectile ; mais, à défaut de radiographie, l'exploration de la surface du crâne, faite méthodiquement, peut révéler en un point parfois très éloigné de l'orifice d'entrée une élevure, une saillie plus ou moins prononcée, qui indique la situation superficielle du projectile. On peut encore se servir, lorsque les résultats fournis par le palper sont négatifs, de l'exploration de la plaie à l'aide du stylet, mais à la condition que cette exploration soit faite avec une extrême prudence, avec un instrument rigoureusement aseptique et après avoir eu soin de désinfecter soigneusement les parties superficielles de la plaie pour éviter de porter l'infection dans les parties profondes au contact des méninges. On pourra tirer des indications précieuses de la direction suivie par le stylet, des sensations de corps

ARRACHEMENT DU CUIR CHEVELU. 53 étrangers, d orifice osseux ou d'esquilles osseuses fournies par rinstrument.

TRAITEMENT. — Le traitement de la plaie produite par le projectile n otFre ici rien de spécial ; si l'on se décide à abandonner le projectile, il faut avoir soin de surveiller attentivement la plaie pour se tenir prêt à intervenir dès l'apparition des accidents infectieux. Mais il est toujours préférable de pratiquer l'extraction de laballe, dont la palpation et la radiographie permettent de déceler la présence et le siège: la plaie se cicatrise généralement alors avec rapidité. Si le trajet suivi par le projectile sous les téguments venait à s'infecter, on pourrait être conduit, pour lutter contre la suppuration, à mettre à nu par une incision toute la longueur du trajet.

Page 1