COUPS DE FEU DE LA VOUTE CRANIENNE
•effets qui varient avec la force vive du projectile et qui ont été étudiés expérimentalement par Nimier, Van Coler et Sclijerning. D'après Nimier, dans les coups de feu tirés avec la balle de guerre actuelle « jusqu'à 800 mètres environ, on voit autour des deux trous crâniens le double système des fissures radiées et des fissures circulaires. Plus loin ces dernières commencent à devenir moins bien dessinées ; elles disparaîtraient dans les coups à 1600 mètres, alors que persisterait encore une fissure de jonction entre les deux orifices représentés chacun par un
trou net. A partir de 2 000 mètres, la netteté des deux trous sans fissures serait la règle ».
3° Éclatement du crâne. — Tantôt il s'agit d'une véritable explosion du crâne, que des fissures ne répondant à aucun type réduisent en éclats ; c'est ce qui se produit en général dans les coups de feu tirés à une distance inférieure ou égale à 50 mètres. Tantôt, lorsque le coup a été tiré à une ■distance égale ou supérieure à 100 mètres, « le fracas crânien est moindre, et l'on reconnaît une certaine svstématisation des
Kig-. &0. — Coup de feu antéro-poslérieur (balle Label tirée à 1000 mèlres). — Trou d'entrée et fissures qui en émanent (Nimier).
Fig. 51. — Coup de feu antéro-postcrieur (balle Lebel tirée à 1000 mètres). — Trou de sortie avec les fissures radiées et circulaires (fracture en roue) et la terminaison d'un trait de fracture émané du trou d'entrée (Nimier).
lignes de fracture » ;
Chauvel et Nimier ont décrit des fissures qui, parties des orifices de pénétration, se portent au loin, ou courent de l'une à l'autre, coupant ou suivant les sutures, sans que celles-ci influent sur leur direction. « D'une façon générale, dit Nimier, les fissures tracent
Tun des méridiens de la sphère crânienne, parallèle à la direclion de la violence traumatique : autrement dit, elles sont antéro-postérieures dans les coups de feu fronlo-occipitaux ou occipito-frontaux, transverses quand le projectile a passé d'une tempe à l'autre.»
Certaines de ces fissures ont une régularité presque schématique ; c'est ainsi qu'on peut distinguer, dans les coups de feu frontaux ou occipitaux, une fissure transversale circulaire, qui sépare le crAne en deux moitiés, l'une supérieure, l'autre inférieure, et dans les coups de feu transversaux, une fissure circulaire, qui semble vouloir diviser le crâne en deux moitiés, antérieure et postérieure. La direction des fissures traumatiques dépend donc du sens dans lequel s'exerce la violence traumatique.
Pour expliquer la production de ces dégâts osseux, il faut faire intervenir non seulement la transmission au crâne d'une partie de la force vive du projectile qui l'ébranlé, mais encore, l'effort excentrique,, la pression hydraulique comme on l'appelle aussi, du contenu encéphalique, qui emprunte à la balle une partie de sa force vive (Nimier). 11 résulte, en effet, des expériences citées par Konig, que les grands fracas du crâne sont dus à un éclatement de la paroi osseuse, sous l'influence de la pression excentrique de l'encéphale obéissant aux lois de l'hydrostatique, grâce à sa consistance molle. « Par la poussée de la balle, la masse encéphalique est projetée en tous sens vers la périphérie, et l'intensité de cette pression hydrostatique est en raison directe de la vitesse du projectile » (Gérard-Marchant). Pour bien établir que le contenu crânien joue dans la production des effets explosifs signalés un rôle réel, il suffit de tirer expérimentalement sur des crânes vides ; on n'obtient plus alors d'effets explosifs (Nimier).
C. Coups de feu de la base du crâne. — Il existe trois variétés de fractures de la base consécutives aux plaies du crâne par armes à feu.
Les fractures irradiées de la voûte à la base; les fractures directes ; les fractures indirectes ou indépendantes.
l" Fractures irradiées de la voûte à la base. — Ces fractures sont assez fréquentes; elles présentent tantôt un aspect irrégulier, qui défie toute description et n'a pas d'intérêt chirurgical, tantôt, au contraire, un aspect plus régulier, les fissures se propageant alors suivant les lois que nous avons indiquées.
2° Fractures directes. — En pareil cas, le projectile frappe directement la base du crâne, mais les effets qu'il détermine sont bien différents selon la force vive dont il est animé : il faut séparer ici encore les plaies de guerre des plaies observées dans la pratique civile. Ce sont surtout ces dernières que nous aurons en vue, car, dans les plaies par armes de guerre, les lésions beaucoup plus importantes n'offrent guère d'intérêt chirurgical.