‹ Maladies du crane et de l'encéphaleChapitre 37 sur 123 · II. — COMPLICATIONS SECONDAIRES, INFECTIEUSES · texte numérisé non relu

II. — COMPLICATIONS SECONDAIRES, INFECTIEUSES

Les infections consécutives aux traumatismes intéressant les parties molles péricraniennes sont localisées ou diffuses.

Les infections localisées se traduisent par de la rougeur avec tuméfaction des bords de la plaie, des phénomènes douloureux, de la fièvre et des troubles généraux plus ou moins intenses suivant le degré de l'infection. II existe autour de la plaie enflammée et suppurante des traînées lymphangitiques, qui s'accompagnent d'engorgement douloureux des ganglions voisins. En pareil cas, si l'on veut prévenir les inflammations dilluses de voisinage, il faut avoir soin d'éviter tout ce qui peut favoriser la rétention septique dans la plaie, et, dans ce but, débrider celle-ci s'il y a lieu, enlever les points de suture s'il en existe, faire des irrigations, maintenir la plaie béante et recourir aux pansements humides, tant que l'inflammation n'a pas cédé. Si ces prescriptions sont bien suivies, la réparation se fera généralement d'une façon rapide. Bien entendu, les cheveux auront toujours été rasés au voisinage de la plaie et le cuir chevelu nettoyé à grande dislance.

Les infections difl'uscs ont un caractère beaucoup plus grave. Elles sont le plus souvent consécutives à des infections localisées mal traitées; elles étaient surtout fréquentes avant l'application de la méthode antiseptique. Parmi ces complications dilTuses, il faut citer Vérysipèle et le phlegmon diffus du cuir chevelu.

Cette dernière affection arrêtera seule notre attention.

Le phlegmon diffus du cuir chevelu, décrit pour la première fois par Dupuytren et plus tard dans la thèse de Guibal (1869), esl particulièrement rare. On l'a vu compliquer des plaies confuses, irrégulières, mal désinfectées et pansées d'une façon défectueuse, ou encore un érysipèle du cuir chevelu. Le phlegmon occupe la couche cellulaire sous-aponévrotique. Il se traduit par les signes ordinaires de la suppuration : douleur, chaleur, œdème des téguments, troubles généraux plus ou moins graves, pouvant revêtir dans certains cas le caractère ataxo-adynamique ; la nappe purulente soulève le cuir chevelu décollé; elle met à nu le périoste, qui peut être lui-même décollé ; puis peu à peu la suppuration devient superficielle et se fait jour au dehors à travers la peau ulcérée. Il est rare qu'on assiste à la nécrose des os du crâne : mais le malade peut succomber à des accidents d'infection purulente, à des accidents de méningo-encéphalite ou simplement par cachexie. « Le diagnostic est à faire avec l'érysipèle et l'ostéomyélite. Avec l'érysipèle, il esl d'autant plus délicat que les deux affections peuvent coexister; la rougeur des téguments et l'engorgement des ganglions sont toutefois beaucoup plus nets dans l'érysipèle. Avec l'ostéomyélite, il semble difficile d'arriver à un diagnostic précis avant l'incision, qui montre le siège exact du pus au-dessus ou au-dessous du périoste crânien « (Chipault).

L'intervention chirurgicale doit être précoce ; on fera de multiples incisions dans toute l'étendue de la surface suppurante; celle-ci sera

COMPLICATIONS ENCÉPHALIQUES. 153 largement drainée et irriguée. La guérison sera plus ou moins rapidement obtenue; elle sera surtout lente à se faire lorsque les os auront été misa nu sur une large étendue; mais à la longue les téguments finiront toujours par se recoller.

B. - COMPLICA I lOINS EÎNCKPIIALIOI KS DES TRAUMAIISWES CRAKIIv\S.

Duret, en 1878, dans sa thèse de doctorat sur les traumatismes cérébraux, a admis que les accidents nerveux déterminés par ces traumatismes pouvaient être distingués en primilif's, secondaires et tertiaires.

Les ACCIDENTS PRIMITIFS DE CAUSE MÉCANIQUE débutent au moment de l'accident ou dans les heures qui suivent ; ce sont la commotion, la contusion, la compression cérébrale, dont l'étude est si complexe.

Les ACCIDENTS SECONDAIRES DE CAUSE INFECTIEUSE sont la conséquence d'une infection propagée au cerveau ou à ses enveloppes et ayant pour point de départ le foyer de fracture ; ce sont la niéningo-encéphalite, la hernie et l'abcès du cerveau.

Les ACCIDENTS TERTIAIRES OU TARDIFS, qui peuvent apparaître ■des années après le traumatisme, sont d'origine cicatricielle ; ils se traduisent par de la céphalée, des troubles épileptiques, paralytiques, psychiques, etc.

Je vais décrire successivement ces trois groupes d'accidents.

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