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TUMEURS DE LA PAROI OSSEUSE. — CARCINOME

lambeau dans le? téguments péricraniens. Puis la tumeur sera circonscrite par les orifices de trépanation créés avec la Iraise en tissu osseux sain, c'est-à-dire au moins à 1 centimètre en dehors des limites de la tumeur et tout autour d'elle. Les orifices de perforation seront réunis les uns aux autres, et le lambeau osseux auquel tient la tumeur, ainsi isolé des parties voisines, sera enlevé avec précaution. Bien entendu, si la dure-mère n'est pas envahie, il faut la respecter, et l'opération sera terminée en assurant l'hémostase, car l'hémorragie est toujours très abondante.

Si, au contraire, la dure-mère est envahie, l'opération se trouve compliquée et le pronostic aggravé, car la résection de la portion de dure-mère atteinte est nécessaire. Il peut même se faire qu'on soit obligé de s'attaquer à la substance nerveuse elle-même, si elle est malade, dans les conditions que nous indiquerons plus tard, en étudiant les tumeurs de l'encéphale.

Le lambeau cutané sera rabattu au-dessus de la brèche crânienne et la plaie drainée.

La fermeture secondaire de la brèche osseuse par une autoplastie pourrait être tentée dans les cas où, au bout d'un certain temps, on pourrait espérer une guérison durable, sans récidive.

On concjoit que les résultats obtenus seront d'autant plus satisfaisants que la tumeur aura été opérée plus tôt et plus largement; plus on attend pour intervenir, plus l'opération menace d'être grave et plus les chances de récidive sont grandes.

4° Carcinome. — Le carcinome des os du crâne peut être observé à l'état de métastase, ou secondairement à un cancer parti de la peau et propagé au squelette. Les cancers du sein, de la prostate, etc., semblent prédisposer tout particulièrement aux métastases du côté du crâne (Cushing). Les noyaux cancéreux peuvent être multiples et atteindre de grandes dimensions. Leur pronostic est fatal.

Cushing rattache à l'étude des tumeurs des os du crâne l'histoire de deux variétés de tumeurs qu'il appelle le myélome et le chlorome.

b" Myélome (1 ). — On est ici en présence d'une tumeur conséquence d'une maladie delamoelle, qui conduit à la raréfaction du tissu osseux, aux fractures spontanées et aux diiï'ormités. La tumeur, qu'on peut observer au niveau de la voûte du crâne, est la manifestation locale d'une maladie générale, qui se manifeste par la présence dans les urines d'un corps albumineux connu sous le nom de Bence- Jones, qui l'a découvert. La constatation de cette albuminurie, précédant l'apparition des tumeurs, peut aider dans une certaine mesure au diagnostic. Toutefois, en l'absence de tumeurs analogues sur d'autres

(1) .Teli.inek, Zur klin. Diagnose uncl palh. Analomie des nuiltip'un Myeloms [Virchow's Archiv, Bd. CLX.W'II, 1901, n. 96.

points du squelette, la tumeur pourrait être confondue avec un sarcome. Naturellement la tumeur ne saurait être justiciable d"aucune intervention chirurgicale, et, dans Tétat actuel de nos connaissances, cette maladie est absolument incurable (Cushing).

6° Chlorome (1). — <i C'est une forme rare de tumeur, qu'on observe chez les jeunes gens, et associée à la leucémie. Les tumeurs sont dues à l'hyperplasie de la moelle osseuse et sont surtout communes dans les os du crâne et de la face. Elles ont un développement rapide et font des métastases comme les sarcomes les plus malins. A la coupe, ces tumeurs ont une coloration verdâtre, dont l'origine est inconnue » (Cushing). Bien entendu, ces tumeurs, qui sont la manifestation locale d'une maladie générale, ne relèvent d'aucun traitement chirurgical.

7° Tumeurs du crâne à structure osseuse. — Dans ce groupe de tumeurs, essentiellement bénignes, je fais rentrer toutes les tumeurs que les auteurs désignent sous les noms d'ostéomes, tVhyperostoses et d'exostoses.

Suivant la nature du tissu osseux qui entre dans leur constitution, ces tumeurs osseuses sont dures, éburnées, formées de tissu osseux compact ou au contraire spongieux. Elles se développent soit aux dépens du périoste, soit aux dépens du cartilage.

Les hyperostoses sont tantôt de nature infectieuse (ostéomyélite, ostéosyphilose), tantôt consécutives à une irritation locale. Parmi ces dernières, il en est une dont A. Poncet nous a donné la description, et que je vais décrire ici en quelques mots: c'est Vhyperostose crânienne des scieurs de long. Elle est caractérisée par une hypertrophie régulière, uniforme de l'os, formant dos d'âne, siégeant sur le sommet de la tète et occupant laligne médiane. Lesdimensions de la périostose sont plus ou moins considérables suivant les cas. « L'exi.stence de ce durillon osseux, écrit Poncet, s'explique par le genre de travail auquel se livrent les scieurs de long. Appelés à scier de longues pièces de bois, ils doivent, à un moment donné, pour permettre à la scie d'allerplus loin, faire avancer lapoutre maintenue sur un ou plusieurs chevalets. Ils exercent ces mouvements avec la tète. » Or ces pièces de bois sont très pesantes, et on conçoit (jue les pressions répétées qu'elles exercent puissent à la longue provoquer une irritation locale et l'apparition de la périostose. Souvent, au niveau de la portion d'os hypertrophiée, la peau est épaisse et calleuse.

Les exostoses, envisagées à un point de vue général, sont, on le sait, les unes liées au développement de l'os sur lequel elles ont pris

(1) RisEL, Zur KennLniss des Chloroms {Deutsclies Arc liio. f. A Zin. .Werf., Bd. LXXII, 1902, p. 31). — Simon, A case of myelogenous leiilca;mia, cLc. [(/loier. Journ. of med. Se, 190.3, vo!. CXXV, p. 984).

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