TUMEURS DE LA PAROI OSSEUSE. — EXOSTOSES
naissance (exosloses ostéogônitjiios), les autres indépendantes de ce développement (exostoses non osléogéniques). Ces exostoses non ostéogéniques reconnaissent pour cause un traumatisme, une irritation locale ; ce sont plutôt alors des hyperostosescjue de véritables exostoses qu'on observe. Elles ont aussi pour origine, dans certains cas, une inl'ectionde l os, véritable ostéomyélite. Leshyperosloses et les exostoses d'origine syphilitique qui appartiennent à cette variété sont étudiées à propos de la syphilis des os du crAne; nous n'y insisterons donc pas ici.
Il semble qu'au crâne on rencontre les deux variétés d'exostoses (ostéogéniques et non ostéogéniques) ; l'existence des exostoses ostéogéniques ne paraît pas douteuse : mais il faut reconnaître que, dans un grand nombre de cas, il est bien dilTicile de se prononcer sur la nature exacte de l'exostose observée : et bien des auteurs n'ont pas osé, au point de vue étiologique, mettre une étiquette certaine sur les cas dont ils ont rapporté les observations. Aussi existe-t-il encore beaucoup de confusion, au point de vue pathogénique surtout, sur cette question des exostoses, qu'un certain nombre de travaux modernes se sont ell'orcés cependant de nous faire connaître.
HISTORIQUE. — Parmi ces travaux, je mentionnerai le chapitre que leur consacrait Chipault dans la première édition de ce Traité; l'article de Rieiï'el sur les exostoses ostéogéniques dans la Gazelle des hôpilaux (1895): la thèse de A. Poirrier sur les exostoses de la voûte du crâne (Paris, 1895); les communications de Mauclaire et Milian sur les hyperostoses et exostoses éburnées non syphilitiques delà région temporale à la Société anatomique ( 1905) ; les articles que leur consacre von Eiselsberg dans les Arch. /'. klin. Cliir. (1907) et C-ushingdans sa Chirurgie de la lête (1908).
CARACTÈRES CLINIQUES. — Quelle que soit la cause qui ait présidé àleurdéveloppement, les exostoses présentent les caractères suivants :
Elles naissent soit à la face externe, soit à la face intei'ne du crâne et se développent lentement, progressivement, en soulevant les téguments péricraniens ou la dure-mère. Elles sont uniques ou multiples. Leur forme est variable: il en est de sessiles, d'arrondies, à surface lisse ou légèrement mamelonnée, plus ou moins largement étalées à la surface de l'os (fig. 83) ; il en est de pédiculées, qui sont rattachées à l'os par un pédicule plus ou moins large, parfois assez étroit pour que l'exostose se sépare de l'os sous-jacent ; elles ont une forme en cône, en champignon, etc. (fig. 84). Leur volume est également variable : tantôt c'est un petit nodule rencontré à la surface de l'os, tantôt une tumeur volumineuse, qui, dans une observation de Mauclaire, « était aussi large que la paume d'une main d'adulte ».
Chirurgie. XIII, 20
Entre ces dimensions extrêmes, on peut rencontrerions les intermédiaires.
Ces tumeurs osseuses sont de consistance très dure ; elles sont, en
efï'et, formées le plus souvent d'un tissu compact, éburné. Elles sont généralement indolores.
Ces exostoses ont été observées sur la voûte du crâne au niveau des régions fronlo-pariétale, frontale et fronto-orbilaire (Riefl'el et Poirrier):
elles siégeaient soit au niveau, soit au voisinage des sutures. On a signalé l'existence d'assez nombreuses exostoses éburnées au niveau du conduit auditifexterne.il semble également que la région temporo-niastoïdienne soit un lieu d'élection pour le développement de ces exostoses : Holl, Cooper, Textor, Mauclaire, Milian, Marion en ont rapporté des exemples.
Fig. 83. — Exostose éburnée et étalée de la région mastoïdienne (cas de Mauclaire).
Fig. 8i. — Exostose de la région mastoïdienne grandeur naturelle) (cas de Hott).
Les exostoses développées à la surface externe du crâne ne provoquent pas en général de troubles fonclionnels marqués; elles sont, je l'ai déjà dit, rarement douloureuses ; elles sont plutôt gênantes dans certains cas par la situation qu'elles occupent et par leur volume.