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TUMEURS DE LA PAROI OSSEUSE. — EXOSTOSES

Il en est autrement- Iors(iue l'exostose s'est développée à la face interne du crâne. Elle peut, en pareil cas, déterminer à la longue des troubles nerveux par compression de l'encéphale. Au niveau de la base du crâne, elle peut provoquer des lésions des troncs nerveux; c'est ainsi que dans un cas de Chouppe [Arch. de jj/ujsiologic, septembre 1872) une petite exostose du rocher dissociait les fibres du ganglion de Casser et provoquait de la névralgie faciale.

D'une façon générale cependant, le pronostic des exostoses peut être considéré comme bénin.

ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE. — J'aidéjàditqu'aupoint de vueétiologi([ueil régnait une grande incertitude sur l'origine des exostoses. Il est un fait certain, c'est que quelques-unes d'entre elles datent de l'époque de la croissance et peuvent être rattachées au développement de l'os ; mais beaucoup sont apparues à une époque où la croissance du sujet était achevée. On a alors incriminé des causes diverses, et en particulier le traumatisme, qu'on rencontre en etret dans quelques cas à l'origine de la tumeur.

Quant au point dedéparl exact de la tumeur, il est fort mal connu. Est-ce simplement le périoste? Est-ce la membrane suturale se comportant à la façon du cartilage juxta-épiphysaire ou cartilage de conjugaison des os longs ? Est-ce la membrane suturale, devenue le siège, comme l'admet Chipault, d'un point spécial d'ossification ; l'exostose serait alors comparable à un os anormal? Est-ce la moelle osseuse du diploé ? Mauclaire, Milian se sont demandés si, dans le cas particulier d'exostoses de la région mastoïdienne, la tumeur osseuse « ne se serait peut-être pas développée aux dépens des cellules mastoïdiennes normales ou aberrantes»? Il y aurait, d'après Mauclaire, un rapprochement à faire entre ces exostoses éburnées de la région mastoïdienne et les exostoses éburnées des sinus frontaux et des sinus maxillaires. iMais ce n'est là qu'une hypothèse.

Enfin Cushing admet que, dans la région occipitale en particulier, des exostoses peuvent se développer au point d'insertion des muscles et reconnaître une pathogénie analogue à celle de l'ostéome des cavaliers. En somme, toute cette question est encore très obscure et a besoin d'être éclairée par une observation rigoureuse des faits nouveaux.

DIAGNOSTIC. — Le plus souvent le diagnostic est facile. On peut cependant confondre, nous l'avons vu, un sarcome à son début avec une exostose ; c'est l'évolution des accidents, rapide en cas de sarcome, qui permet de faire le diagnostic.

Les exostoses intracraniennes, en l'absence de tumeurs analogues appréciables sous les téguments, ne peuvent être que suspectées chez un sujet présentant des accidents de compression encépha-

liquc; le diagnostic est impossible en pareil cas sans la radiographie.

TRAITEMENT. — Les exostoses de petit volume qui ne gênent en aucune; façon le sujet qui en est porteur peuvent èli-e abandonnées à elles-mêmes. Ce sont en effet des tumeurs à développement lent et de caractère bénin.

Lorsque, au contraire, on est en présence d"une tumeur osseuse, disgracieuse, gênant par son volume et par le siège qu'elle occuoe, à plus forte raison si cette tumeur provoque des troubles fonctionnels, comme dans le cas d'une tumeur à développement intracranien, il faut en faire Tablation. Celle-ci est facile si l exoslose est de petit volume et implantée par un pédicule: il suffit de mettre à nu sa base, qu'on sectionnera au ras de la surface crânienne à l aide du ciseau et du maillet, après avoir détaché le périoste. Mais, sil'exostose est de grandes dimensions et très dure, comme c'était le cas chez un malade de Mauclaire, l'opération peut être pénible. « Les coups de maillet, dit Mauclaire, durent être tellement violents rjuil // eut lieu de craindre la commotion cérébrale consécutive. Il fut impossible d'avoir l'exostose en un seul morceau ; il fut nécessaire de la fragmenter en cinq ou six fragments. »

Il est évident que, si on se trouvait en présence d une exostose à développement intracranien, il faudrait, avant de trépaner, s'assurer du siège de la tumeur osseuse par une analyse soigneuse des troubles fonctionnels observés et en s'aidaut des renseignements fournis par la radiographie.

Avant d'abandonner l'étude des tumeurs du crâne à structure osseuse, je dois une mention à ces productions osseuses spéciales qu'on désigne sous le nom LÏostéophytes, qui ne sont pas à proprement parler des exostoses et qu'on a rencontrées au cours de la grossesse, à la surface interne des os du crâne et particulièrement au niveau de la surface interne du frontal. Ces productions osseuses sont de dimensions et de nombre variables, de texture spongieuse ; leur surface est lisse ou lobulée. Elles s'accompagnent rarement de manifestations cliniques et, d'après Cushing, elles pourraient très probablement se résorber spontanément.

Il faut également mentionner une variété plus intéressante de tumeurs osseuses, qui se développent dans les sinus annexés â la base du crâne et qu'on a décrits sous les noms d'ostéomes des sinus sphénoïdaux, ethmoïdaux, frontaux. 11 s'agit là d'une forme spéciale d'exostosc sur laquelle l'attention a été attirée par Bornhaupt et Tichof, qui en ont rapporté 78 observations et qui a été récemment étudiée par Citelli (de Catane) dans un mémoire des Archives internationales de larijngologie (1908) consacré à l'étude

TUMEURS DE Lx\ PAROI OSSEUSE. —

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