‹ Maladies du crane et de l'encéphaleChapitre 71 sur 123 · LÉSIONS INFECTIEUSES DU CRANE · texte numérisé non relu

LÉSIONS INFECTIEUSES DU CRANE

Un lambeau cutané en fer à cheval sera taillé dans la région qu'occupe la tumeur, et celle-ci sera mise à nu par dissection du lambeau cutanéo-périostique. S'il y avait adhérence entre la tumeur et les téguments, il faudrait, bien entendu, enlever la portion envahie de ceux-ci en môme temps que la tumeur. Dans tous les cas, on pratiquera d'abord l'extirpation de la portion extracranienne du néoplasme ; puis l'orifice osseux de perforation mis à nu sera agrandi à l'aide de la pince à morcellement, autant qu'il sera nécessaire pour exposer largement la portion intracranienne de la tumeur. S'il s'agit d'une tumeur perforante venue du dehors et indépendante des méninges, l'enlèvement de la tumeur pourra être simplement et rapidement terminé ; mais, lorsqu'on est en présence d'un foyer développé primitivement dans les méninges, l'ablation de la partie profonde de la tumeur ne peut être faite qu'avec la portion de dure-mère sur laquelle elle a pris naissance. Pour prévenir la récidive, il faudra que la portion de dure-mère réséquée dépasse notablement les limites apparentes du mal (au moins 1 à '2 centimètres), et, pour éviter une hémorragie trop abondante au cours de la résection durale, il sera bon de faire primitivement la ligature des gros vaisseaux aflerents ou efférents. On peut observer, en effet, au cours de l'opération qui nous occupe, des hémorragies parfois très abondantes. Une opérée de Delagenière succombait exsangue le soir même de l'opération. La résection de la dure-mère peut être très étendue; c'est ainsi que, dans un cas d'épithéliome perforant, Terrier dut enlever un large fragment de la dure-mère pariétale, réséquer le sinus longitudinal supérieur et la faux du cerveau sur une étendue de 7 à 8 centimètres ; Delagenière (du ]\Ians), après avoir fait au crâne une ouverture qui mesurait 10 centimètres dans un sens et 8 dans l'autre, excisa la duremère dans toute la partie qui correspondait à l'ouverture crânienne.

Quant aux résultats fournis par l'opération, ils sont difficiles à apprécier, comme pour toutes les tumeurs, en ce qui concerne les résultats éloignés; mais, au point de vue des résultats immédiats, on peut affirmer qu'ils se sont certainement améliorés et que la mortalité opératoire s'est abaissée depuis le mémoire de Pousson (1889), où l'auteur l'estimait à 27 p. 100.

Page 1