II. — MÉNINGITES AIGUËS ET SUBAIGUES DE CAUSE GÉNÉRALE
Toute infection générale peut se compliquer de méningite aiguë ; le microbe de la maladie causale ou un microbe d'infection secondaire passe à un moment donné dans le sang et vient se fixer sur les méninges. Les fièvres éruptives, la grippe, la fièvre typhoïde, le rhumatisme, l'infection puerpérale, les infections colibacillaires et surtout les infections pneumococciques, peuvent se compliquer de méningite. D'après Netter, le pneumocoque serait l'agent pathogène en cause dans 60 p. 100 des cas énoncés.
Je n'insiste pas sur les désordres anatomiques et sur les caractères cliniques de ces méningites, qui ne dilTèrent pas des méningites d'origine traumatique ou d'origine auriculaire qui ont été décrites précédemment.
Au point de vue thérapeutique, nous sommes malheureusement, comme pour toutes les méningites, trop souvent impuissants. Deux moyens d'action ont été préconisés : la trépanation et la ponction lombaire. Or la trépanation qui déjà n'a fourni que des résultats médiocres dans les cas de méningites traumatiques et auriculaires, en a donné de bien moins satisfaisants encore dans les cas qui nous occupent. Ces résultats ne sauraient nous étonner. En effet, dans les méningites traumatiques ou auriculaires, on peut espéi^er, en' n'agissant pas trop tard et en supprimant la source de l'infection par une trépanation, enrayer la marche envahissante de l'inflammation, lorsque la méningite est encore localisée ; mais, dans ces méningites où l'infection se fait par voie sanguine, l'inflammation estrapidementdiff'use, etl'on ne voit guère la possibilité dedésinfecter la surface de l'encéphaie recouverte de fausses membranes et d'un pus concrei, à travers un orifice étroit de trépanation.
Reste la ponction lombaire, qu on peut employer non seulement comme moyen de diagnostic, mais aussi comme moyen thérapeutique. La ponction agit en diminuant, par la soustraction d'une certaine quantité de liquide céphalo-rachidien l'hypertension qui est due à l'augmentation de sécrétion de ce liquide et peut-être aussi en enlevant une partie des germes contenus dans le liquide.
On a proposé, dans ces dernières années, de faire suivre la ponction de l'injection d'une substance modificatrice, telle que le collargol ou l'électrargol. Des observations de Barth (1905), de OEttinger et Malloizel (1906), de Widal et de Sacquépée (1907), concernant des cas de méningites cérébro-spinales à méningocoques, ont montré l'action favorable de ces médicaments (1).
On a observé en effet, à la suite des ponctions, des améliorations et quelques rares guérisons complètes. On est donc toujours en droit
(1) Voy. les Bull, de la Soc. méd. des hôp. de Paris, 1905, 1906, 1907.
d'essayer de cette méthode inoflensiveenla combinant au traitement médicaL On sera autorisé à adjoindre à la ponction lombaire l'injection decollargol ou d'électrargol. Danslecasd'ŒtlingeretMalloizel, où il y avait méningite séro-purulente à streptocoques consécutive à une amygdalite phlegmoneuse, les injections intrarachidiennes d'argent colloïdal furent faites à la dose de 1 centimètre cube ; l'amélioration se fit rapidement à la suite. On pourrait recourir à des doses plus élevées ; des ponctions ont été répétées à la dose de 5 centimètres cubes.
En tout cas, la ponction lombaire, quand elle ne guérit pas, peut rendre service à titre palliatif, en atténuant les accidents dus à l'hypertension du liquide céphalo-rachidien.