MÉNINGITE SÉREUSE D'ORIGINE OTIQUE
à l'étranger, celte forme de la méningite est particiiliérenient l'rcquente chez l'enfant. Elle survient au cours de l'otorrhéc chronique et surtout des supj3urations labyrinthiques ((i. Laurence).
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Au point do vue anatomique, elle est caractérisée par l'accumulation du licpiide céphalo-rachidien dansles espaces sous-arachnoïdiens, parl'hydropisie des ventricules, avec anémie, pâleur et œdème du cerveau. Au point de vue pathogénique, deux théories sont en présence : pour les uns, elle serait la conséquence d'une infectionméningée àso i début; pour d'autres, il s'agirait de troubles vaso-molcurs caractérisés par la dilatation des vaisseaux sanguins méningés et l'hypersécrétion du liquide céphalorachidien.
SYMPTOMES. — La méningite séreuse a une évolution généralement bruyante; elle s'accompagne de symptômes de compression cérébrale et de phénomènes d'excitation corticale : céphalée intense, vertiges, nausées, raideur de la nuque, troubles convulsifs et paralytiques, pouls ralenti et parfois coma, œdème de la papille ; si l'on pratique la ponction lombaire, on voit s'écouler du liquide céphalorachidien clair, en abondance et sous forte pression. ( li'-néralement la fièvre est peu élevée.
DIAGNOSTIC. — Le diagnostic est le plus souvent hésitant; on songe à un abcès du cerveau, et c'est au cours de l'intervention chirurgicale, en enfontjant le trocart dans la substance cérébrale à la recherche de l'abcès, qu'on voit s'échapper, au lieu du pus, du hquidc céphalo-rachidien clair et sous forte pression.
TRAITEMENT. — La méningite séreuse, aljandonnée à elle-même, se termine par la mort ; elle olfre au contraire de grandes chances de guérison, lorsqu'on applique un traitement décompressif.
On commence par faire en même temps la ponction LOMBAmE et la
TRÉPANATION DE LA MASTOÏDE ET DE L\ CAISSE aveC ITlisC à UU, CXplo-
ration et incision de la dure-mère au besoin. On assurera ainsi le drainage de la cavité méningée par la double voie : crânienne et rachidienne (G. Laurence). La ponction lombaire pourra être répétée plusieurs fois ; à chaque séance, on pourra retirer de 50 à 80 grammes de liquide chez l'adulte, de 15 à 20 grammes chez l'enfant.
En cas d'échec de ces méthodes, on aura recours à la ponction DU VENTRICULE LATÉRAL OU, commc ccrtaiiis auteurs l'ont proposé, à l'oLVERTURE DE l'espace sous-aragiinoïdien. Pour la ponction du ventricule latéral. Poirier conseille d'appliquer une couronne de trépan à 3 centimètres au-dessous du conduit auditif externe chez l'enfant, à 4 centimètres chez l'adulte, de mettre à découvert la deuxième
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circonvolution temporo-spliénoïdale et, sur son sommet, d'enfoncer bien perpendiculairement à la surface de l'écorce, jusqu'à une profondeur de 4 centimètres, un trocart assez fin.
En cas d'évidement pétro-mastoïdien préalable, on pourrait utiliser la voie sus-antrale pour pratiquer la ponction.
B. Méning-itc purulente. — ÉTI0L06IE. — La méningite purulente peut être pi-imilive; j'ai indiqué précédemment quelles sont les voies par lesquelles l'infection peut se propager alors aux méninges : je n'y reviens pas. D'autres fois, elle est secondaire à une phlébite des sinus, à la rupture d'un abcès cérébral ou à l'ouverture d'un abcès extradural dans la cavité arachnoïdienne.
D'après Kôrncr, la méningite prise isolément serait moins fréquente que l'abcès cérébral et la phlébite des sinus; sur 115 observations d'otites suppurées compliquées, il signale 43 cas d'abcès encéphaliques, 41 cas de phlébite des sinus et 31 cas de méningite. La méningite est plus fréquente à droite qu'à gauche et chez l'homme que chez la femme.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Au point de vue anatomique, il importe de distinguer des méningites localisées et des méningites généralisées. Les premières peuvent être localisées à l'étage moyen du crâne ou à l'étage postérieur cérébelleux; elles forment alors de véritables abcès méningiens compris entre les faces du rocher et les parties voisines des centres nerveux. Séparés des parties voisines par des adhérences plus ou moins solides, ces abcès sont une menace constante de généralisation aux méninges. Dans le cas de méningite purulente généralisée, on trouve le cerveau recouvert de la pie-mère, rouge, congestionné, ramolli dans sa couche la plus superficielle, enveloppé par des fausses membranes purulentes et par un liquide plus ou moins louche, qui occupe l'espace sous-arachnoïdicn. Le même liquide purulent se retrouve dans les ventricules et dans le canal rachidien. Ces lésions sont d'abord limitées au voisinage de l'oreille malade; puis elles s'étendent parfois avec une grande rapidité, tout en restant prédominantes au niveau de la base du cerveau et du cervelet.
SYMPTOMES. — Le début de la méningite s'annonce souvent par un frisson violent, qui peut se répéter par la suite, bientôt suivi d'une fièvre intense, oscillant entre 39 et 40", continue, avec de faibles rémissions. En même temps apparaît une céphalée d'abord localisée, puis bientôt généralisée, souvent intoléra])le, avec photophobie, nausées, vomissements bilieux répétés, vertiges, constipation opiniâtre.. Ces symptômes peuvent s'accompagner d'autres signes qui sont en rapport avec la localisation initiale des lésions méningées;