MÉNINGITE PURULENTE D'ORIGINE OTIQUE
si la méningite s'csl développ(''e priniilivemenl au niveau du Loil de la caisse, elle a vite fait de fetentir sur les nerl's de la base du crAne, d'où paralysies oculaires cl modificalions pupillaircs ; si la localisalion primitive s'est faite au niveau de Fétage postérieur du crâne, on constate de la raideur de la nutpie, des troubles de la respir'alion et du pouls. Mais les lésions ne tardent pas à dill'user, et le tableau clinique se complète : le malade passe d'abord par une phase où dominent les symptômes d'irritation (délire, convulsions, hyperesthésies, rétraction du ventre en bateau, rétrécissement pupillaire), à laquelle succède une période de paralysies (déviation conjuguée des yeux, nystagmus, dilatation inégale des pupilles, paralysie faciale, hémiplégie, paralysie des sphincters avec incontinence d'urine et des matières); à ces différents troubles, il faut ajouter l'œdème de la papille, les irrégularités du pouls et de la respiration, la respiration de Cheyne-Stokes, les cris hydrencéphaliques, la raie méningitique, etc. Aux phénomènes délirants, succède généralement une période de somnolence qui conduit peu à peu le malade vers le coma.
Cet ensemble symptomatique évolue avec une intensité et une rapidité plus ou moins grandes, d'où des forme suraiguës, aiguës, qui mènent rapidement à la mort et des formes subaiguës à évolution plus lente, susceptibles de guérison.
DIAGNOSTIC. — Le diagnostic de la méningite doit être fait avec
les AUTRES COMPLICATIONS INTRACRANIENNES DES OTITES, doilt j 'étudierai
les caractères cliniques dans les chapitres suivants ; je n'y insiste donc pas. .Je me contenterai de faire remarquer ici que, dans certains cas où le foyer de méningite suppurée est localisé, le diagnostic avec I'abcès du cerveau est impossible. Mais qu'importe après tout, puisque dans les deux cas le traitement est le même. Chez un sujet atteint d'otite, des accidentsde méningite tuberculeuse ou de méningite CÉRÉBRO-SPINALE épidémique peuvent se produire d'unef açon indépendante de l'otite; or il n'est pas toujoursfacile de savoir en présence de quelle variété de méningite on se trouve. On pensera à la méningite cérébro-spinale épidémique en cas d'épidémie de cette maladie ; on se rappellera également que la raideur de la nuque etl'impossibilité d'empêcher le malade de fléchir les genoux quand on l assied (signe de Kernig) se rencontrent plus fréquemment dans la méningite cérébro-spinale que dans les autres formes de la méningite.
La méningite tuberculeuse peut prêter d'autant plus à confusion que parfois l'otite est de nature tuberculeuseetsusceptible de se compliquer d'une méningite de même nature ; en général, la marchede la méningite tuberculeuse est plus traînante, ses symptômes sont d'emblée plus dill'us; l'examen du fond de l'œil révèle parfois l'existence de tubercules dans la choroïde, et la ponction lombaire permet
quelquefois de conslater Texistence du bacille de Koch dans le liquide céphalo-rachidien.
Dans certains cas, le diagnostic est très difficile entre la méningite et certains Accn)EiNïs psel do-méningitioues qu'on a décrits encore sous le nom de mémngisme, qui surviennent au cours de l'évolution d'une otite ou d'une mastoïdite, et dont le tableau clinique offre parfois une grande ressemblance avec celui de la méningite vraie. Ces accidents, observés surtout chez les enfants, semblent devoir être attribués,, par analogie avec ce qui se passe au voisinage d'autres foyers infectés, à des phénomènes de congestion septique, d'infiltration, d'œdème se développant au contact d'une oreille moyenne infectée. Cesaccidentsde réaction méningée ont ceci de remarquable, c'est qu'ils cèdent à une simple paracentèse du tympan ou à la désinfection des cavités de l'oreille parla trépanation de la mastoïde avec ouverture large des cellules mastoïdiennes et de la caisse. Ces opérations constituent en pareil cas les meilleurs moyens de diagnostic et de traitement à la fois.
Dans tous les cas où le diagnostic de la méningite est douteux, il faut sans hésiter recourir actuellement à la ponction lombaire. Elle nous fournira d'utiles renseignements sur l'aspect du liquide céphalo-rachidien, sur sa constitution chimique et bactériologique. Le liquide retiré est le plus souvent trouble, variant comme coloration depuis le jaune verdàtre jusqu'à la purulence franche. La pression du liquide est généralement assez élevée. Le liquide contient plus d'albumine qu'à l'état normal. On y constate une polynucléose intense et fréquemment des microbes (streptocoques, staphylocoques, pneumocoques, etc.). La présence des microorganismes est moins fréquente et moins constante que celle des polynucléaires ; et assez souvent, bien que contenant manifestement des microbes visibles à l'examen sur lames, le liquide ne cultive pas et ne donne que des résultats négatifs, si on tente l'inoculation aux animaux (Wicart) (1). Il semble que la polynucléose du liquide céphalorachidien s'observe dans les méningites localisées comme dans les méningites diffuses. Dans certains cas, le liquide peut se montrer clair alors qu'il existe de la méningite; mais, en centrifugeant le liquide, il se forme un léger culot dans lequel on peut trouver des polynucléaires et des microbes.
Uexamen du sang dans la méningite donne des résultats dill'ércnts suivant que la méningite est circonscrite ou dill'use. La méningite circonscrite donnerait lieu à une leucocytose de 20000 à 25 000 globules blancs avec 94 p. 100 de polynucléaires en moyenne, tandis qu'une méningite généralisée donnerait une leucocytose de 35 à 40
(1) WiCAUT, Les abcès du lobe sphéno-lemporal du cerveau d'oi-ig^ine otique Thèse de Paris, 1906, n» 361.