PARALYSIE FACIALE
Les paralysies faciales d'origine otitique ont été étudiées en 1896 dans un mémoire de Chipault et Daleine et peu de temps après par Villemin (1898). Un chirurgien hongrois, Tomka (1), en a fait une étude très détaillée basée sur l'analyse de 146 observations. Leur traitement chirurgical a été surtout envisagé par Chipault, par Moure et Liaras (1899) et dans l'ouvrage si souvent ci té déjà de G . Laurens (1906). Ces paralysies consécutives à l'action que le pus, les fongosités, les séquestres osseux exercent sur le nerf dans son long trajet à travers le canal de Fallope sont d'un pronostic variable suivant l'étendue des désordres nerveux, suivant qu'il y a simple congestion ou altération plus profonde du nerf. Dans tous les cas, lorsqu'on se trouve en présence d'une paralysie faciale, le mieux est d'instituer le plus rapidement possible une thérapeutique énergique, qui a pour but d'obtenir la guérison par la décompression ou la désinfection du nerf.
Tel est le but à poursuivre; les moyens de l'atteindre varient suivant les cas : si la paralysie survient au cours d'une otite aiguë suppurée, la paracentèse du tympan est généralement suffisante. Si on l'observe au cours d'une otorrhée chronique simple, il peut se faire que le seul curettage de la caisse fait délicatement conduise à la guérison en supprimant les causes de compression et d'infection du nerf (osselets, polypes, séquestres, fongosités). En cas d'échec de cette méthode simple, il faut recourir à l'évidement pétro-masloïdien. Cette opération est indiquée d'emblée, si l'otorrhée s'accompagne d'accidents de mastoïdite ou de troubles cérébraux. Au cours de l'évidement pi'tro-mastoïdien, il faudra explorer avec soin le trajet du facial au niveau de la paroi postérieure du conduit, au niveau du plancher de l'aditus et sur la paroi interne de la caisse, et faire disparaître les causes susceptibles de provoquer la paralysie, c'est-à-dire les fongosités, les séquestres.
Cette conduite, qui amène souvent la guérison des troubles paralytiques, paraît préférable à la résection d'emblée du canal de Fallope,
(1) S. Tomka (Hongrie), A ncrvus facialis viszonya a lialloszero bantalmaihoz (Orvosi Helilap., n»» 45-51.).