LA TENSION ARTÉRIELLE DANS LES MALADIES
longue sur la pression artérielle qu'elle modère. Puis, sous lïnlluence d'un effort, d'une marche, d'une émotion, de la position couchée durant le sommeil, cette tension s'élève encore; aussi l'accès d'angor trouve-t-il le plus souvent un moyen héroïque dans l'emploi des inhalations de nitrite d'amyle, qui déterminent prompteraent un abaissement de cette tension. Celle-ci augmente après les repas, ce qui explique, mieux, que la plénitude de l'estomac ou l'existence des réflexes gastriques, l'apparition fréquente des accès angineux à la suite de repas plus ou moins copieux. C'est alors que j'ai fait cesser des attaques souvent sévères d'angor post prandiuin, en modifiant la quantité ou la qualité des aliments, et en soumettant les malades au régime lacté qui a pour résultat d'abaisser la tension artérielle.
Bien d'autres exemples pourraient encore être cités ; ceux-là sont suffisants pour démontrer l'importance pratique de la question.
D. — HYPERTENSION PERMANENTE
Jusqu'ici, j'ai étudié l'hypertension transitoire et pasmgère. J'arrive maintenant à une question plus importante, à l'hypertension Or, celle-ci a été regardée à tort comme appartenant seulement à la néphrite interstitielle k laquelle elle succéderait. C'est le contraire qui est vrai : X hyper tension artérielle est la CAUSE de X artériosclérose; elle précède pendant un temps plus ou moins long révolution de diverses maladies (cardiopathies et néphrites artérielles, etc.), lesquelles sont ellesmêmes sous la dépendance de la sclérose vasculaire.
Donc, les faits se succèdent dans l'ordre suivant : spasme artério-capillaire, hypertension artérielle , sclérose artérielle, sclérose viscérale (cardiopathies artérielles, néphrites interstitielles). Les preuves cUniques abondent Voici quelques exemples des-
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tinés à démonlrer que riiypcrLension artérielle peut constituer à elle seule tout l'état morbide, et que c'est elle que la thérapeutique doit d'abord viser.
Il y a sept ans, chez un faux asthmatique * , j'avais déjà remarqué les signes d'une tension artérielle exagérée, et parmi eux le retentissement diastolique de l'aorte. 11 ne présentait alors que de la dyspnée d'effort, c'est-à-dire une dyspnée survenant le plus souvent sous l'influence de la marche ou d'un effort quelconque. Trois années se passent pendant lesquelles l'hypertension artérielle restait toujours le seul phénomène morbide. Puis, éclatent des accès angineux; enfin, depuis un an seulement, ce malade a de la néphrite interstitielle.
Il y a trois ans, un homme de quarante-neuf ans ^ est atteint d'accès de dyspnée effrayants, survenant sous l'influence du moindre efl'ort, de l'action de s'habiller, de monter à son lit ; il y a de l'œdème des membres inférieurs, et cependant les poumons sont indemnes, le cœur n'est le siège d'aucun souffle, d'aucune arythmie ; seul, le second bruit aor tique est très retentissant. Je prescris, même en l'absence d'albumine qui n'a jamais été constatée, le régime lacté exclusif, l'iodure de sodium, la trinitrine, qui ont pour effet de faire baisser la tension artérielle de 27 à 19. La dyspnée cesse, l'œdème péri-malléolaire disparaît, et depuis trois ans que le malade continue sa médication un peu mitigée, la guérison ne s'est pas démentie, parce que, depuis cette époque, la tension artérielle n'a jamais dépassé le chiffre de
ciUlion des nerfs vaso-conslricleurs, eLc. Par la compression ds l'aorLe ascendante chez les chiens, on élève la pression inLra-cardiaque du double environ, et on délermine une dUalalion aiguë du cœur qui souvent a pour conse(|uence la régurgiLaLion du sang dans les gros Ironc veineux. Dans six cas sur sept, le If Hoy el. son élève Adanii ont conslalc cliez les chiens en expérience une soric iVœdùmc localisé aux appareils valvulaires, avec congestion sanguine el liemorrhagies poncliforines, dilatation des vaisseaux et chute de l'epithelium. Or, il était à remarquer que cet aulèmc siégeait exactement aux mêmes endroits 011 l'on remarque l'épaississementnbreux des valvules dans les maladies, comme dans la néphrite interstitielle, caractérisées par une aiigmonlaliou permanente de la tension artérielle. Chez les animaux en expérience, rhyperteiision vasciilaire n'avait pu être ((ue temporaire et n'avait déterminé qu'un simple œdème, (iiii est sans doute le début des épaississements scléro-lihreux des valvules. — Comme on le voit - et je suis heureux de le constater, - ces auteurs distingués ont donné la preuve expérimentale de faits cliniques que j a. avances depuis plusieurs années; ils ont pu expérimentalement produire des dila at.ui . ÏlRuës du cœur par hypertension artérielle, dilatations que , a. décrites dan. le cours .le l'artério-sclérose cardiaque {Soc. med. des Iwp., nov. 1887). • Oiis. XXVI. - - Oits. XXVII.
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20 au spliyg-mo-raanomôtre. Cet homme n'avait encore ni affection rénale, ni affection cardiaque, et il évitera ces maladies s'il sait et veut toujours modérer sa tension artérielle.
Il y a deux ans, mon ami le D' Le Piez (de Saint-Germain) me fait voir un malade ' présentant, avec des accès d'oppression provoqués par l'efïort, tous les signes d'une dilatation aiguë du cœur. J'attribue celle-ci et la dyspnée à l'hypertension artérielle que je combats par les mômes moyens. Depuis cette époque, tous les accidents ont définitivement disparu.
Au mois de novembre '1887, je vois à Fiers (Orne), un malade âgé de soixante-cinq ans, en proie à des accès nocturnes d'anxiété respiratoire et de dyspnée formidable Tout cela disparaît avec la diminution de la tension vasculaire promptement obtenue par la médication, et cet homme, que Ton pouvait croire atteint d'une affection cardiaque grave, ne souffrait que d'une hypertension surélevée. Depuis un an, les accidents dyspnéiques n'ont plus reparu, et le cœur fonctionne réguUèrement.
Il y a quelques mois, je constate par hasard, chez un de mes confrères \ à laide du sphygmo-manomètre dont je voulais lui montrer le mécanisme, une élévation de la tension artérielle jusqu'à 26. Je l'interroge; il m'affirme, en souriant, qu'il n'est pas malade et qu'il éprouve seulement de l'essoufflement en marchant. Mais j'avais constaté déjà chez lui un retentissement diastolique de l'aorte et la dyspnée d'effort dont il souffrait me semblait être le phénomène avant-coureur d'accidents beaucoup plus graves. Or, quelques semaines après, il venait en toute hâte se plaindre de violents accès d'oppression et d'un œdème dur des membres inférieurs. Il n'y avait pas d'albumine dans les urines, et je constatai, par la palpation mieux qu'à l'oreille, un léger mouvement de galop cardiaque. Tous ces accidents se sont évanouis pour ne plus se reproduire, par l'emploi des dépresseurs de lu tension artérielle.
Qu'est-ce que cela prouve ? C'est que l'hypertension artérielle peut précéder, pendant des mois et môme pendant des années, 1 évolution de 1 artério-sclérosc dont elle dépend; c'est que là clm.que doit savoir reconnaître de bonne heure les signes de
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LEÇONS ])E TIIlCnAPRUTIOUK ET DE CLINIQUE MÉDICALES
celle liypei'lension, afin que la Ihérapciiliquc puisse liâlivcmcnt en combattre les effets et retarder ainsi le développement do rarlérlo-sclérose généralisée. Or, si la tension artérielle doit être définie X effort du sang pour sortir diù vaisseau, on comprend que plus cet effort sera considérable, plus l'irritation inflammatoire des parois vasculaires qui aboutit à l'artério-sclérose aura de tendance à se produire. Les auteurs anciens avaient certainement entrevu l'hypertension artérielle, lorsqu'ils parlaient de « pléthore » et de la « violence de l'impetus du sang ».
Je connais à l'avance l'objection^ que l'on peut faire à cette manière de voir. Tous les symptômes que je rattache à l'hypertension artérielle simple et le retentissement diastolique du second bruit aortique sont déjà, me dit-on, des indices de l'artério-sclérose généralisée, et rien ne prouve que celle-ci ne soit pas déjà en pleine évolution. — Je pourrais répondre à mon tour : Démontrez-moi que cette artério-sclérose existe déjà et que l'éclat du second bruit de l'aorte en est le signe toujours accusateur. En tous cas, ne vous semble-t-il pas étrange que le régime lacté uni aux médicaments dépresseurs de la tension vasculaire, puisse faire disparaître en quelques jours et pendant des mois ou des années, des accidents que vous mettez sur le compte de la sclérose artérielle et que je rattache à l'augmentation de la pression sanguine? Vous comprenez fort bien qu'en deux ou trois jours on puisse faire disparaître les symptômes de l'hypertension arté-
* Celte objection vient d'être précisément formulée par MM. Bucquay et Marfan dans ces termes : « La valeur du retentissement diastolique est donc capitale pour le diagnostic de l'artério-sclérose. » Elle serait encore plus grande, si, comme M. Huchard l'a affirmé récemment, ce signe était l'indice le plus précoce de l'arlcrio-sclérosc et s'il était prouvé qu'on peut l'entendre avant que les artères ne soient indurées, que le cœur ne soit hypertrophie, qu'il n'y ait des phénomènes angineux, que les reins ne soient touches. Si cela était, la constatation du retentissement diastolique permettrait un diagnostic précoce, et partant un traitement efficace. Mais les faits que nous avons observes ne sont pas d'accord avec cette assertion. L'éclat du second bruit entendu dune manière permanente à l'aorte ne s'observe guère que dans l'arterio-sclerose généralisée ; mais nous n'affirmerions pas que ce bruit prime chronologiquenienl tous les autres symptômes, quoique théoriquement la chose soit admissible. « (lîucquoy et .Marfan. Elude sémîologiquo sur le second bruit du cœur. RriHic de méd., 10 nov. 1888, p. 8G8.)
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cord avec mes asseri
portante que je me permets de leur signaler.