‹ Maladies du cœur et des vaisseaux [electronic resource]Chapitre 14 sur 83 · LA TE.NSIU.N AIITEIUELLE DANS LES MALADIES · texte numérisé non relu

LA TE.NSIU.N AIITEIUELLE DANS LES MALADIES

rielle, mais vous ne pourrez jamais croire que la môme médication soit capable d'arrêter dans le môme laps de temps l'évolution de Tartério-sclérose.

La PATiioGÉNiE de l'hypertension artérielle doit être recherchée dans l'état du cœur, du sang ou des vaisseaux.

Au cœur, on a pris l'effet pour la cause, et si l'augmentation de l'énergie et de la musculature cardiaques peut, dans une certaine mesure, produire l'élévation de la tension artérielle, elle lui est le plus souvent consécutive. On n'oserait jamais prétendre que l'hypertrophie du cœur puisse et doive jamais précéder un rétrécissement d'orifice. De même, cette hypertrophie doit être consécutive à l'obstacle ou au rétrécissement créé à l'extrémité de l'arbre circulatoire par le spasme artériel.

La quantité et la qualité du sang ont une influence restreinte, mais réelle. Si l'élément aqueux du liquide nourricier est augmenté (pléthore séreuse), il doit en résulter de l'hypertension'artéricllc. Aussi, est-il permis de constater souvent un désaccord entre l'ingestion des liquides et l'excrétion urinaire; ce désaccord existe quand un individu boit, par exemple, deux litres de liquide par jour et qu'il rend seulement un litre d'urine. Donc, l'indication thérapeutique consiste à prévenir la rétention aqueuse et à rétablir l'équilibre, tout en tenant compte des pertes de liquides subies par l'organisme au moyen des divers émonctoires (sécrétion sudorale, exhalation pulmonaire).

La qualité du sang ]oxiQ aussi un certain rôle : par exemple le saturnisme détermine, comme on le sait, une hypertension artérielle; SI cette dernière résulte d'abord de l'état spasmodique du système vasculaire, elle est due également à l'état des globules rouges, devenus plus volumineux, plus adhérents aux parois de. vaisseaux, ce qui détermine ainsi un obstacle au courant circulaoirc. - Enfin, le sang peut encore renfermer des produits toxiques dus à la rétention des matériaux de déchet que les divers Z^TT P^^^'^^^Pl"^ qu'insuffisamment éliminer. C'est là cnçoio une cause de spasme vasculaire et d'hypertension arté-

Mais, c'est surtout à l'état du système artériel périphérique au

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cause réelle de cette hvncrtprminn

.U'^iLtnsion. Cet état spasmodique — pas-

LKCjU.NS hl-; TllliRAl'EUTlnUE K'f \)\ù CLINinUE MÉDICALES

sagcr ou permanent — et l'hypertension artérielle qui en est la conséquence ont été attribués, bien à tort, par Gull et Sutton, Mohamed, Johnson et presque tous les auteurs étrangers ou français, seulement à la néphrite interstitielle. Or, il faut rattacher, non à cette dernière maladie, mais au spasme artériel tous les symptômes qu'on a mis sur le compte des lésions rénales : les algidités locales, les accès de pâleur et de refroidissement, les syncopes et asphyxies locales des extrémités, l'inégalité passagère des deux pouls radiaux, certaines attaques de dyspnée et d'angor pectoris, certaines dilatations aiguës du cœur, etc.

Parmi les causes assez nombreuses de l'hypertension artérielle, il faut citer : la goiide, qui est aux artères ce que le rhumatisme est au cœur, Varthritisme, Vintoxication saturnine, le tabagisme (le tabac déterminant la vaso-constriction, comme l'a démontré Cl. Bernard), Vabus des boissons, qu'il ne faut pas confondre avec l'alcoolisme (celui-ci et la syphilis produisant plus rarement l'artério-sclérose). D'après Broadbent, V hérédité doit aussi être invoquée, et c'est sans doute ainsi que les cardiopathies artérielles sont directement héréditaires, contrairement aux cardiopathies valvulaires qui ne le sont que très indirectement par l'intermédiaire du rhumatisme. Il faut encore ajouter le surmenage, l'époque de la puberté et de la ménopause, Vétat gravide. Enfin, les émotions, déterminant souvent des accès de spasme vasculaire, peuvent contribuer pour leur part à. produire l'hypertension artérielle d'une façon passagère ou permanente.

L'existence du spasme artériel sous l'influence de la moindre émotion est, en effet, démontrée par les expériences de Mosso à l'aide de son appareil, le pléthgsmographe. C'esi un vase long dont le col est fermé au moyen d'un bouchon traversé par un tube rempli d'eau ; lorsque, après avoir plongé la main et l'avant-bras dans le vase, on provoque une émotion mônïe légère, on voit immédiatement l'eau descendre dans le tube, ce qui ne peut s'expliquer que par la diminution de l'irrigation sanguine due au spasme artériel. Eli bien, supposez des émotions prolongées ou subintrantes, et vous assistez alors à un état pres([ue permanent de spasme vasculaire et d'iiypcrtension artérielle. C'est ainsi que naît le goitre exophtalmique,

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— la maladie émotionnelle par excellence, — et caractérisée par rélcvation de la pression vasculaire, contrairement à l'opinion généralement admise.

Donc, les émotions fortes et répétées peuvent déterminer des a(r(3ctions cardiaques par leur action incessante sur le système circulatoire périphérique. C'est là une des raisons pour lesquelles l'artério-sclérose est, d'après mes observations, si fréquente dans notre profession. Elle est \d.maladie des médecins, parce que leur profession est celle des émotions et du surmenage. Pour les mômes raisons, elle est aussi celle des hommes politiques, des financiers, etc.

Parmi les symptômes fonctionnels de l'iiypertension artérielle, il faut citer l'oppression, la dyspnée d'effort, les palpitations ayant un caractère pénible et douloureux, parfois une légère sensation d^mxiété précordiale, des algidités locales, des accès de pâleur des téguments, etc. J'ajoute encore, avec Broadbent, la tendance à la somnolence, les vertiges, la céphalalgie, certaines névralgies, en un mot, la plupart des accidents produits par le spasme artériel.

La céphalalgie et les névralgies ont des caractères particuliers qm n'ont jamais été décrits. C'est une sorte de céphalalgie pul^ saille, et il s'agit plutôt de ;J6-e«^/o-névralgies artérielles, caractérisées par de violents battements dans les tempes, le cou et la tête. L'un des malades que j'ai observé dernièrement et qui m avait été adressé par mon ami le professeur Hallez (de Lille) ne pouvait faire quelques pas ou un simple effort sans éprouver immédiatement des battements extrêmement douloureux dans toute a tête, battements qui cessaient rapidement par le repos Mais Ils se produisaient aussi parfois d'une façon spontanée. ai a peine besoin de dire que la médication antinévralgique par ■ésnlMMV l'^^^^i^i"^ n'avait produit aucun

' t n l, ' ''r -^mnmnt sur la consta-

su ès les médicaments dépresseurs de la tension tasculaire Ce te médication rationnelle suivie pendant deux mois fit il ' ra-tre définitivement cette atlection, rebelle à tous les U.uLm nt 'lepuis environ deux ans. tuuLtiueius

80 LEÇONS DE TllÉUAl'HUTlQUK ET DE GLl.NloUE MÉDICALES

Parfois, on constate à l'orifice mitral un souffle bref, rapide, post-systolique, qui a pour caractère d'être transitoire, de s'accompagner souvent de dilatation aiguë du cœur et de disparaître avec le spasme vasculaire. C'est là déjà un signe physique important. Mais il en existe d'autres plus constants : dans l'hypertension artérielle, tout l'effort du liquide sanguin se fait sentir sur l'aorte, qui s'élargit et subit des alternatives de dilatation et de retrait suivant les variations de pression artérielle. Cette ectasie aorlique n'est qu'un symptôme, elle ne constitue pas encore une maladie, mais elle peut donner lieu à une insuffisance aortique fonctionnelle et passagère. Plus tard, l'aorte est forcée, elle subit une dilatation permanente, et l'on constate, en plus, Vélévation des artères sous-clavières.

Mais un des signes les plus importants est le retentissement diastolique de l'aorte en coup de marteau ressemblant parfois à une corde vibrante ou à un éclat métallique. On le constate le plus souvent vers le deuxième ou troisième espace intercostal droit, parfois au-devant du sternum, pljis rarement au niveau de la pointe du cœur, en dedans du mamelon. En même temps le choc précordial est augmenté, donnant à l'organe le caractère du cœur impulsif. Vous ne confondrez pas ce retentissement diastolique de l'aorte qui est seulement une exagération ou une modification de Vintensité du second bruit, avec le bruit clangoreux ou tympanique ainsi appelé par Gueneau de Mussy , et qui est à la fois une modification dans l'intensité et le timbre du second bruit, comme MM. Bucquoy et Marfan l'ont fait justement remarquer. Le retentissement diastolique indique seulement l'existence de l'hypei'tKînsion artérielle; le brmt tympamque (bruit de gong de Gairdner) est le plus ordinairement symptomatique d'une dilatation ordinairement considérable ou cl un anévrysme de l'aorte. Parfois cependant, lorsque ce vaisseau se dilate sous l'innuence des résistances périphériques provo- ' quées par le spasme artériel, le retentissement diastolique prena un timbre métallique qui peut le rapprocher pensivement du bruit clangoreux. Mais, dans tous les cas, vous ne confondre/^ pas le retentissement diastolique de l'aorte, dont le maximum dm-

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„g"L>- {Fm»cc«Mic«lf, \m, 72..)

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tensilé à droite du sternum au foyer aor tique signifie hypertension artérielle (affections artérielles et aor tiques), avec le retentissement diastolique de l'artère pulmonaire, à gauche du sternum et qui traduit l'existence d'une augmentation de la tension sanguine dans la petite circulation (affections mitrales, troubles fonctionnels cardiaques et dilatation des cavités droites du cœur d'origine gastrique, etc.)

On voit enfin des accès de dilataiion aiguë du cœur ou d'iiyposystolie passagère dans les cas où l'hypertension est soudaine et transitoire ; mais lorsqu'elle est continue, elle se termine par la dilatation permanente, et ensuite par l'Iiypertrophie du cœur. Les battements des artères du cou et des régions temporales sont exagérés ; le pouls radial est fort, vibrant, concentré, tendu, cordé, comme disaient les anciens ; mais parfois il a les apparences de la petitesse, et l'on est étonné de constater au sphygmomanomètre une force qu'on ne lui soupçonnait pas à la simple palpation du doigt; plus rarement il est dicrote, ce qui prouve une fois de plus, que le dicrotisme n'est pas toujours en rapport avec une diminution de la tension artérielle.

Puisque l'hypertension artérielle est préexistante à l'artériosclérose, puisqu'elle en est la cause par l'intermédiaire du spasme vasculaire, les iin-uigations TiiÉnACEUTiauEs s'imposent •

Il faut soutenir l'effort du cœur et diminuer les obstacles péri^ phenques : défendre tous les médicaments capables d'amener la vaso-constnction et l'hypertension artérielle, el parmi eux l'erg '

seigle, le chloral, le plomb, la behadone, la cocaïne, la dig o^e, la qumme, auxquels on peut ajouter, d'une façon douteuse

ci ie le cafc, le the, les boissons abondantes, les liqueurs et les biôres lortes, le vin pur, le tabac, les excès de table 'abus de

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plète. A ce point de vue, hi viande de bœul' et le poisson sont également nuisibles.

On doit recourir aux médicaments qui donnent lieu à la vasodilatation et à l'abaissement de l'artério-tension : l'opium, la trinitrine, le nitrite d'amyle, les iodures. Vous devez recommander une alimentation mixte, composée surtout de viandes blanches, de légumes frais et herbacés, lesboissons étendues d'eau, les boissons diurétiques, le laitage, etc. Dans certains cas, lorsque la plénitude vasculaire est considérable, il y a indication de prescrire le régime sec de Chorael.

Enfin, il faut de bonne heure favoriser les fonctions de la peau par des bains répétés, des lotions froides, et surtout par des frictions . excitantes pratiquées souvent et régulièrement sur les membres, ces différents moyens ayant pour but et pour résultat de favoriser la circulation sanguine à la périphérie, et de combattre, chez les malades menacés d'artério-sclérose, la tendance à la vaso-constriction.

Telles sont les principales indications thérapeutiques que nous fournit la connaissance de l'hypertension artérielle. C'est là un nouveau sujet d'études encore inexploré, fort important dans ce siècle où l'on vit trop et trop vite, où le surmenage nerveux et le surmenage circulatoire en font le siècle de la névropathie et de l'artério-sclérose. Vous savez maintenant que celle-ci est toujours précédée et produite par l'hypertension artérielle. Donc, reconnaître cette dernière, avant même l'apparition de la sclérose vasculaire, ce n'est pas seulement faire acte de clinicien, c est aussi et surtout contribuer à l'œuvre de la thérapeutique, seule efficace et vraie : la thérapeutique préventive.

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