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parues. Dès lors, la thérapeutique devenait absolument dépendanté de nos connaissances cliniques, et le succès de la médication était subordonné à l'étude des causes, du mode pathogénique et des symptômes de l'artério-sclérose.
L'artério-sclérose dont j'ai poursuivi l'étude depuis plusieurs années, présente des causes nombreuses; mais cellesci ne peuvent nous donner la clef des indications thérapeutiques. Exemple : L'artério-sclérose est souvent due à la goutte; or, une médication antigoutteuse composée de colchique, de sulfate de quinine ou de saUcylate de soude, est absolument incapable d'enrayer l'envahissement progressif des artères. Donc, la médication doit viser directement ces dernières et s'adresser au mode pathogénique suivant lequel se produisent les dégénérescences vasculaires.
En étudiant la tension artérielle dans les maladies ^ j'ai vu que l'artério-sclérose en général et celle du cœur en particulier présentent une période initiale plus ou moins longue pendant laquelle la tension vasculaire est augmentée. Cette hypertension — la cause et non l'effet de la sclérose artérielle — est le plus souvent produite par l'état de spasme permanent ou intermittent des vaisseaux'. Les anciens insistaient autrefois sur la pléthore, Parry parlait de « la violence de l'impétus du sang », et ils n'avaient pas absolument tort. Mais, ils donnaient là une formule vague et confuse, capable d'entretenir l'idée d'une thérapeutique toujours spoliative. Le Broussaissisrae en est né, il en a vécu, et il a fini par en mourir.
La notion pathogénique de la vaso-constriclion et de
• /„ lemion arlériclle dans les maladies et ses indications thérapeutiques cl de Ihérapeuliquc, n" 41,24nov. 1887).
CONSinKIlATIONS fiKNKflALRS SUR LES CARDTOPATFIIKS ARTKUIFf.l.KS vu
l'hypertension artérielle substituée à celle de la pléthore etde l'augmentation de la masse sanguine, posait et résolvait l'indicalion capitale de la médication vaso-dilatatrice et dépressive au début de l'artério-sclérose ' . Gettepremière période, sine maleria, est importante à reconnaître, parce qu'à ce moment l'aiFection est curable'. Alors, tout médicament est superflu, et le régime ainsi que l'hygiène doivent faire les frais de la médication. Je suis convaincu, pour ma part, que les excès et surtout les erreurs d'alimentation, en jetant dans l'organisme un grand nombre de substances toxiques, telles que les ptomaïnes non éliminées par le filtre rénal devenu de bonne heure insuffisant ou imperméable, sont une cause fréquente d'artério-sclérose ; en un mot, certaines toxines alimentaires possèdent des propriétés convulsivantes agissant, les unes sur les muscles des membres comme dans le cas de contracture des extrémités d'origine gastrique, les autres sur la musculature vasculaire. Il en résulte, dans tout le système artériel, un état de spasme plus ou moins permanent, lequel produit rapidement de l'hypertension et consécutivement l'artério-sclérose. La conclusion thérapeutique est celle-ci : Il faut prescrire un régime d'oii sont exclus les aliments plus ou moins riches en ptomaïnes ou en matières extractives Ceux qui viendront après moi confirmeront ces idées et auront ainsi, avec les déductions thérapeutiques que soulève cette grande question, l'explication de la grande fréquence des affections cardio-artérielles.
Au stade prémonitoire et fonctionnel de l'artério-sclérose (stade préartériel), va succéder la période des lésions (stade artériel). La maladie est constituée, elle est encore
Ulililc lien médicaments ddprexscurs de la tension artérielle dans les cardiopathies artérielles (Revue générale de clinique et de Uiérapeuliqiie 2.> août J887). ' '
Les cardiopathies valvulaires el les cardiopathies artérielles (parallèle clim^ue e< Ihcrapeulir/ue). (Revue générale de clinique el de thérapeutique, 4 et II août 1887.) ~ Contribution à l'élude clinique de l'artério-sclérose du cœur (boc. med. des liùp., 2.') novembre 1887).
La dj/spnée toxique dans les cardiopathies artérielles, el leur traitement (Soc. de thérapeutique, 12 juin 1889).
CIIAriTRR PRlîUMINAmF.
curable et il faut la combattre, non seulement par le régime et l'hygiène, mais aussi et surtout par les iodures qui agissent sur la contractilité et la tension artérielles qu'ils diminuent, et sur les parois A^asculaires elles-mênies qu'ils modifient. Il faut que la médication soit poursuivie de bonne heure et sans relâche, si l'on veut éviter ou retarder la troisième période, artéPio-viscérale, le plus souvent incurable, puisqu'elle est caractérisée par la sclérose et la disparition des éléments nobles des organes.
Un exemple va démontrer l'importance pratique de cette division de l'artério-sclérose en périodes artérielle et viscérale^ c'est-à-dire en périodes curable et incurable. Voici un syphilitique : Vous avez reconnu chez lui, de bonne heure, l'existence d'une artérite cérébrale, et jusque-là votre thérapeutique a pu être toute-puissante si vous avez su agir avec énergie et rapidité. Mais cette endartérite s'accompagne, par la suite, d'une sténose du vaisseau, bientôt suivie d'une oblitération, qui va déterminer au loin un ramolhssement cérébral. Contre cette nouvelle lésion origine et non de nature syphiH tique, contre cette mort partielle de la substance encéphalique, vous ne pouvez plus rien, ou vous pouvez peu de chose.
Pour l'artério-sclérose des organes et du cœur en particulier, — qu'elle soit due à la syphilis ou à toute autre cause, — les mêmes considérations sont applicables. Tant que l'artérite cardiaque n'a pas envahi le myocarde d'une façon définitive, la thérapeutique n'est pas désarmée. Mais, du jour oîi l'oblitération et la sténose artérielles ont amené la régression du muscle cardiaque par insuffisance de l'irrigation sanguine et de la nutrition, nos ^moyens d'action deviennent de plus en plus limités. C'est alors qu'on abuse des « toniques du cœur » et de la digitale en particuher, sans songer qu un myocarde ainsi altéré est incapable de répondre à leur excitation A cette période, une médication d'un autre genre s'impose • Il s'agit d'alléger, de favoriser le travail du cœur en cherchant partout et toujours à supprimer les barrages
CO^SIDKnATFONS GKNKUALKS SHU LKS (:ARF)IOPATniES ARTIÎRIELLKS ix
vasculaives, en ouvrant largement les voies circulatoires du cœur périphérique, en facilitant au profit du cœur central la dilatation des vaisseaux. Là, dans cette troisième période, est le succès, ou plutôt l'espoir de la thérapeutique.
Tels sont les principes de I'artériothérapie appliquée au traitement des affections du cœur; telle doit être cette thérapeutique pathogéniqiœ dont j'ai rappelé les bons effets dans mes (( leçons sur les indications thérapeutiques », et dont Bouchard avait démontré la valeur et l'efficacité. C'est encore cette même thérapeutique qui m'a indiqué les principes de la médication anti-angineuse : celle-ci ne doit pas exclusivement viser la douleur, comme on l'avait cru; elle doit s'attacher à combattre toujours la lésion artérielle, et surtout l'ischémie cardiaque dans son mode de production et dans ses effets.
C'est ainsi que la médication artérielle de l'artério-sclérose du cœur et de l'angine de poitrine vraie a été constituée.
J'ai dit que les cardiopathies chroniques doivent être di^àsées désormais en deux grands groupes : l'un, celui des cardiopathies VALVLLAiRES qui Commencent à la valvule pour finir au muscle cardiaque et aux vaisseaux, et qui sont caractérisées dès leur début par la tendance à \ hypotension artérielle ; l'autre, celui des cardiopathies artérielles ou vasculaires qui commencent aux vaisseaux et aumyocarde pour finir àla valvule, et qui se traduisent au contraire par tous les signes de V hypertension artérielle ; les premières indirectement héréditaires par l'intermédiaire du rhumatisme, les secondes directement héréditaires et relevant du processus scléreux général par des causes diverses et nombreuses dont l'action sur le système artériel est incontestable : vieillesse, tabagisme, saturnisme, alcoohsme, syphihs, ménopause, causes morales, régime alimentaire, etc. On comprend dès lors leur grande fréquence, à ce point que la proportion de celles-ci comparées au nombre de celles-là est dans le rapport de / a P). Différentes des cardiopathies valvulaires par leur étio-
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logie, par Icui' pathogénio, par leur processus anatomique, par leurs indications thérapeutiques, les cardiopathies artérielles ont une physionomie chnique tout à fait spéciale :
Elles sont latentes dans leur évolution, insidieuses dans leur début, paroxystiques dans leur marche, accidentées et saccadées dans leurs allures, compliquées et variables dans leurs manifestations viscérales, soudaines et brutales dans leurs explosions asystoliques ;
Elles présentent des physionomies diverses, d'oîi les formes douloureuse, pulmonaire ou dyspnéique, arythmique^ tachycardique^ bradycardique, asystoliqve, ou mieux cardiectasique. Cette dernière est la plus fréquente de toutes, à ce point que l'on peut ériger cette loi : Tout cœur atteint d'artério-sclérose est un cœur en imminence continuelle de dilatation aiguë ou chronique.
Ces différentes formes cliniques résultent de la prédominance de quelques symptômes; il en est d'autres qui résultent de l'association fréquente de l'artério-sclérose d'autres organes à celle du cœur. C'est ainsi qu'on observe les formes : cardio-rénale, — la plus commune de toutes — cardio-hépatique^ cardio-pulmonaire^ cardio-cérébrale et cardiomédullaire.
A ceux qui me reprocheraient de voir l'artério-sclérose partout et toujours, je réponds :
L'artério-sclérose est l'œuvre de tous les jours et de tous les instants, à ce point qu'on en a trouvé les traces déjà moins d'un mois après la naissance, et que l'on pourrait décrire une artériosclérose physiologique. Elle est bien la « rouille de la vie », et c'est ainsi que la vie est par ellemôme la cause de la mort. Quand l'artério-sclérose survient ainsi normalement, elle échappe d'abord à l'observation, elle appartient à peine au domaine de la thérapeutique. Mais, quand elle arrive avant l'âge, et d'une laçon hâtive, le médecin doit en scruter les causes, en étudier la symploraatologie, en poursuivre la guérison ; il doit la reconnaître
CONSIDKRATIONS GÉNKIIALES SUR LES CARDTOPATFITRS ARTÉRIELLES xi
dans les maladies aiguii^s dont elle peut modifier la physionomie et aggraver le pronostic ; il doit se rappeler qu'elle domine la pathologie tout entière, et ce n'est pas l'une des études les moins intéressantes que celle de I'influence car- DLVQDEDANS LES MALADIES. Lorsqu'une pneumouic OU uue simple bronchite atteint un vieillard ou un homme vieux par ses artères, et que ces affections se terminent par les symptômes de défaillance du myocarde, je dis que la maladie est au poumon et le danger au cœur, et j'affirme que la thérapeutique doit viser surtout ce dernier organe. Aussi, depuis 188i2, à la suite de recherches réitérées sur la caféine, j'ai trouvé souvent, dans ce médicament, un agent précieux pour relever la force contractile du cœur, assurer la diurèse, et tonifier les malades ^
Lorsque l'artério-sclérose généralisée n'est pas le résultat de l'alcoolisme ou de la syphilis dont l'action sur le système artériel se locahse surtout sur l'artère pulmonaire, sur l'aorte, et les vaisseaux encéphaliques, interrogez les antécédents héréditaires, et vous y verrez souvent la diathèse goutteuse qui est aux artères ce que le rhumatisme est au cœur; vous verrez, à travers plusieurs générations, des maladies diverses du système artériel, des anévrismes de l'aorte, des angines de poitrine, des cardiopathies artérielles, des hémorrhagies cérébrales, des hémiplégies, désaffections du cerveau et de la moelle, des paraplégies, des néphrites interstitielles, etc.
Il faut admettre cette influence héréditaire pour comprendre la production de morts subites jusqu'alors inexpliquées. Dans une famille, le grand-père, le père, le frère et le fils meurent subitement ; puis, les enfants ne présentent plus, à l'époque de la puberté ou de la ménopause, que des troubles fonctionnels du cœur. Pourquoi cela? C'est
^ De la caféine dans les afferJiom du cœur (Riiliclin de Uiérapeiiliqiie, 1882). — La congeslion pulmonaire grave du début de la rougeole, et uiililé des injections caféiqtm (lieviic mensuelle des maladies de l'enfance, 1888).— Z)e l'influence cardiac/uc dans les maladies ; uiililé des injeclions sous-culanées de caféine société t e lliérapeuUqiie, juin 1888). — La caféine dans les étals adynamiques l^ociele de ihérapeutifiue, juin 1889).