ARTKRIO-SCLKROSK DES GOUTTEUX ET GOUTTE RÉNALE
roslcomalacie; d'une autre part, les arguments fournis par Lecorché en faveur de XhypermUnlion pour la pathogénie de la çoutte sont aussi solides et vraisemblables que les arguments contraires en faveur de Vhijponutrition. Enfin, ces vues théoriques n'ont rien ajouté à la thérapcntique des maladies constitutionnelles ou diathésiques; il est inutile de s'y arrêter pour la question qui nous intéresse.
Mais il faut, au point de vue pratique, apporter une plus grande importance à l'uricémie (aciduric ou lithémie des Anglais), à cette tendance si répandue de l'organisme à faire de l'acide urique, que Marchai de Calvi a pu dire plaisamment que « l'humanité tourne à l'acide ou à l'aigre ». Dans le but de combattre cette tendance, l'administration prolongée de faibles doses de substances alcalines, du bicarbonate de soude, par exemple, peut suffire parfois pour le traitement de l'uricémie, ce qui prouve que les alcalins agissent moins par leurs propriétés chimiques que par leur action sur les sécrétions digestives et le système nerveux. Néanmoins, on peut prescrire de hautes doses de bicarbonate de soude (10 à 20 gr. par jour) sans craindre les dangers sur lesquels Cullen et Huxliam avaient autrefois insisté, et qui ont été singuHôrement exagérés par Trousseau. Les alcalins exercent le plus souvent une véritable action reconstituante et produisent très rarement cette cachexie dont on a tant abusé, ou la transformation de la goutte aiguë en goutte chronique, comme on l'a craint. Mais si les sels de potasse sont plus diurétiques et plus dissolvants que les sels de soude, ils sont plus toxiques; aussi faut-il avoir recours de préférence aux seconds.
Parmi les eaux alcahnes qui répondent à l'indication de diminuer la formation de l'acide urique, nous placerons Vichy en première ligne; puis viennent Vais, Royat, Saint-Nectaire, Fougues, Ems, Neunahr, Bilin et Wildungen.
La liihinp, expérimentée pour la première fois en 18i-3 par lire, et recommandée surtout par Garrod, agit par ses propriétés diurétiques et dissolvantes, et par la formation d'urates de lithine très solubles. Mais il faut on prolonger l'emploi pendant de longs mois à la dose quotidienne de 25 centigrammes à un gramme. — Vous me voyez aussi souvent prescrire l'iodure de lithium qui, a la dose de 2o à .^30 centigrammes par jour, agit à la fois par liode et par la lithino. Enfin, parmi les eaux minérales qui ren-
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ferment celle dernière subslancc en plus grande quanlilc, il faul ciler celles de Royal cl de Marligny.
On peul aussi recommander l'emploi de l'acide bcnzoïque ou du benzoate de soude qui, à la dose de 23 centigrammes à un gramme, exercent une action dissolvante par la formation d'un liippurale de soude soluble.
Voici une formule à laquelle j'ai souvent recours contre ladiahèse goutteuse et surtout contre la goutte avec tendance à la néphrite ura tique :
Extrait de stigmates de maïs. 6 grammes.
Benzoate de soude 3 —
Carbonate de lithine 3 —
Huile essentielle d'anis lil gouttes.
Pour soixante pilules. Prendre deux pilules au commencement de chaque repas, pendant vingt jours chaque mois, et continuer ce traitement pendant un à trois ans.
On peut ajouter, suivant indication, à cette formule, une faible dose d'extrait de colchique : lo à 30 centigrammes.
3° 11 est inutile d'insister sur la troisième indication, puisqu'elle répond au traitement des différentes gravelles, traitement que je suppose connu et dont on trouvera les principales règles dans les considérations précédentes.
4° Si cette thérapeutique préventive n'a pas réussi, et si vous vous trouvez en présence d'un aibuminurique ou d'un rénal atteint d'un accès de goutte, quelle sera votre conduite?
Or, vous ne devez pas oublier que cette attaque aiguë est une crise, c'est-à-dire un effort curateur de la maladie qu'il faut toujours savoir respecter. CuUen avait raison de dire que « patience et flanelle » suffisent contre cette douleur de la goutte cl Sydenham de regarder cette dernière comme <( un remède très amer dont se sert la nature ».
Aussi, est-il de règle générale que l'on ne doit jamais administrer de médicaments actifs surtout dès lo début d'une attaque de «'outte aiguë dans les cas où la perméabilité rénale est suspecte. Tout au plus peut-on prescrire de faibles doses de colchique ou de sulfate de quinine. Ces deux médicaments, surtout le premier, entravent la formation do l'acide urique (Graves, Garrod, Raukc),
AHTlîIllO-SCLliUÛSK DES GOUTTEUX ET GOUTTE IIÉ.NALE
et leur aclioii est Irès dillcreiile de celle des salicylates qui activent son élimination.
Si le salicylate de soude doit être proscrit dans tous les cas de goutte rénale, et même, selon moi, dans presque tous ceux de goutte aiguë régulière, c'est en raison des accidents fluxionnaires qu'il peut déterminer dans les différents organes, et peut-être aussi à cause de l'irritation que son élimination doit produire à travers le rein. Certains auteurs ne partagent pas ces craintes et tendent à admettre que l'administration prolongée et à hautes doses de salicylate de soude n'a jamais paru provoquer l'apparition de l'albumine ou môme l'augmenter dans les cas de néphrite.
Quoi qu'il en soit, il est préférable de s'abstenir, et si ce médicament présente peu de contre-indications à son emploi dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu, il doit être banni de la thérapeutique de la goutte aiguë, avec ou sans complications rénales. Je suis donc plus radical — ou mieux plus réactionnaire — que Bouloumié lequel a étudié si soigneusement les contre-indications à l'emploi des salicylates dans la goutte, et je dis en m'appuyant sur une assez longue et décisive expérience : Dans la grande majorité des cas, l'attaque aiguë de goutte est par elle-même une contre-indication à l'emploi des préparations salicylées.
Jusqu'ici, notre thérapeutique ne s'est adressée qu'au rein et à ses lésions. Mais il existe d.ms la goutte un autre organe le loie, qui présente presque toujoars, soit des troubles l'onctionncN soit des accidents congestils. On sait, depuis Scudamore et Portai, que cet organe se congestionne le plus souvent au moment des attaques aiguës de la goutte et que cette tuniélaction congestive peut même devenir permanente; on sait encore qu'à l'approche ue ces accès on a remarqué parfois la décoloration des matières ^•<-'aIes, phénomène dù à un état que les Anglais décrivent sous le nom de torpoi' of ihe Ucer.
Les variations de sécrétion de l'urée et de l'acide urique sous
m LEÇONS DK TlIlÎRAPRUTinUE KT DE CI.IMQrR MKItirAl.i: S
l'influence de maladies ou de troubles fonctionnels du foie tendent aussi à démontrer que cet organe doit jouer certainement un grand rôle dans la production de Turicémie et de la diathèsc goutteuse. Sans doute, on commettrait une grande erreur ou une exagération en localisant dans un seul organe la fonction si complexe de la désassimilation des matières albuminoïdcs, et il est bien plus conforme aux données de la physiologie de placer dans tous les organes et dans l'intimité des tissus, ce travail incessant des oxydations organiques. Mais il n'en est pas moins vrai que ce rôle appartient principalement au foie. On sait maintenant, depuis les premières observations de Parkes, il y a plus de quarante ans, depuis celles de MurcMson et de Brouardel, que dans les maladies congestives ou inflammatoires du foie n'intéressant pas profondément l'élément glandulaire, il y a augmentation dans l'excrétion de l'urée, tandis que dans toutes les maladies aboutissant à l'altération profonde et destructive de ce même élément, il y a au contraire diminution de l'urée, à laquelle on a pu rattacher dans certains cas une sorte à'urémie hépatique.
D'un autre côté, un des signes les plus constants des troubles fonctionnels ou de presque toutes les maladies du foie, c'est la formation incomplète de l'urée, c'est-à-dire la production de l'acide urique que l'on trouve alors en excès dans le sang et les urines. Or, sans avoir besoin de discuter ici la théorie deGarrod. qui attribue avec tant de raison la goutte à l'excès d'acide urique. ou à son défaut d'élimination par suite d'un état fonctionnel ou organique d'imperméabilité rénale, il résulte des données précédentes que le traitement de la goutte en général, et surtout de la goutte rénale, doit viser deux organes, le rein et le foie; car. ainsi que le disait Murchison, ils sont intimement liés dans leurs fonctions, le premier ayant le rôle d'éliminer des produits en grande partie formés par le second.
Mais ce n'est pas pour cette unique raison que la thérapeutique générale de la goutte doit s'adresser à ces deux organes. Dans le traitement de la goutte compliquée d'albuminurie, il faut non seulement s'adresser au rein, mais aussi au foie dont les troubles fonctionnels ou les accidents congeslifs peuvent provoquer l'apparition d'une albuminurie que l'on doit bien différencier de celle qui survient cà la suite et comme conséquence des dlverse^