‹ Maladies du cœur et des vaisseaux [electronic resource]Chapitre 43 sur 83 · i LKÇO^S DE TIlKRAl'KUTlQllE KT W. CIJNIQUK SIÉIJICALES · texte numérisé non relu

i LKÇO^S DE TIlKRAl'KUTlQllE KT W. CIJNIQUK SIÉIJICALES

a. L'angine vraie se montre surtout ù l'âge de l'arLério-sclérose, le plus souvent après (piaranle ans, et je vous rappelle que Lar ligue, sur un total de 63 cas, a vu apparaître le syndrome en question 55 fois après quarante ans.

Mais chez les hystériques et les névropathes, l'angine de poitrine fausse s'observe à tous les âges, à six ans, comme Tommasi' en a cité un exemple, ou encore chez la femme au moment de l'hystérie de la ménopause, après quarante ans^

b. L'angine de poitrine vraie est plus fréquente chez l'homme que chez la femme, en raison de la plus grande fréquence des causes productrices des affections artérielles, parmi lesquelles il faut citer l'alcoolisme, la syphilis, l'intoxication saturnine, le tabagisme, le surmenage, etc. C'est ainsi que sur 67 cas, Lartigue a compté 60 hommes et 7 femmes, et que John Forbes, sur 88 malades, a vu 80 hommes et 8 femmes.

La pseudo-angine hystérique est plus fréquente chez la femme que chez l'homme, en raison de la prédominance de l'état nerveux chez la première. Mais il ne faut pas oublier que l'hystérie n'est pas rare chez l'homme, et que celui-ci peut être atteint de pseudoangine. Je vous en ai cité quelques cas, et l'un de mes élèves, M. Le Clerc en a relaté des observations nouvelles dans sa thèse inaugurale ^ .

c. Dans la maladie de Rougnon-Heberden, les accès sont presque toujours provoqués par tout mouvement qui nécessite un etfort, par la marche précipitée et contre le vent, ou sur un plan incliné, par les montées d'étages, etc.

Chez les hystériques, les accès sont le plus souvent spontanés,

* Tommasi. Cité par Cardarelli {Le malaUie nermse e funzionaiio del cuore, 1882).

' ZiU rapporte quelques cas d'angine de poitrine de l'âge critique [DeW eta crilica nello sialo di salule e dimalallia. Traduit de l'anglais. Rome 1872).

' M. Le Clerc a cité dans cette thèse trente-quatre observations d'angine hystérique, parmi lesquelles celles de m\ [The minlicid and physical joiirnal or London, 1880);— de Desportes {Trailé de rangine de poi(ri>ie.l'a.\'is, 1811)j — de Millot (thèse inaug. de l'aris, 1812) ; - d'Ëichwald (18G3); - de Cordes (18/i ; de Hernheim (1877); — d'Angelo Cianciosi (Lo sperimenlale, 18/8); — de Glascaw (1881); — de Macdowald (Edinburg mod. journal, 1882); — de Marie (/{evue de médecine, m2); - d'Auhry (thèse de l'aris, 1S82); - de Hurd (Aew- Vork med. Record, 1883). - Tout dernièrement encore, M. Liégeois rapportait {Bull. med. des Vosges, n" o. 1887) deux cas d'angine de poitrine che^ les hystériques.

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ils surviennent dans le calme de la conversation, au repos, et parfois sous l'influence d une simple émotion ; souvent j^ér'iodiques, noctunies, revenant à la môme heure^ sujets à répétition, et pouvant former pendant un mois ou deux des crises d'accès auxquelles succède le plus souvent une période d'accalmie plus ou moins longue. Ainsi, ces accès peuvent se répéter un nombre considérable de fois sans amener ou sans indiquer le moindre trouble dans la santé. J'ai cité plus haut l'observation d'une malade qui avait 40 à .50 accès par jour, j'en ai vu une autre qui a eu plus de 300 crises dans une année, et dans le Traité des Nécroses, j'ai rappelé que M. Rigal avait observé une malade qui eut dans l'espace de deux ans, plus de 200 accès angineux très intenses.

Quelle différence, au point de vue de la gravité, entre les pseudo-angines hystériques qui ne se terminent jamais par la mort après deux cents ou trois cents accès, et l'angine vraie qui peut tuer si rapidement les malades dès les premières atteintes du mal ! Sans doute, on peut voir dans cette dernière forme, des malades chez lesquels le moindre mouvement ou le plus petit effort déterminent le retour des crises, et celles-ci peuvent être aussi très nombreuses dans l'espace d'une journée ; mais il ne faut pas oublier que leur répétition est absolument subordonnée à la répétition des causes occasionnelles.

d. Dans les cas où la pseudo-angine de poitrine peut être la première manifestation d'une hystérie latente jusqu'alors, elle est alliée à d'autres symptômes qu'il faut savoir chercher (anesthésie de l'épiglotte, hémianesthésie; hypéresthésie ovarienne) ; elle peut-remplacer aussi d'autres troubles nerveux parmi lesquels' des crises convulsives, des douleurs névralgiques, des accidents parétiques ou spasmodiques divers, etc. ; enfin, le plus souvent, les crises pseudo-angineuses sont précédées, accompacjnées ou suivies de quelques symptômes névropathiques. C'est ainsi qu'on observe quelques phénomènes prodromiques caractérisés par une sensation de frisson, de refroidissement périphérique par quelques sueurs froides. Une malade de Charcot sentait cl abord toute la partie gauche de son corps devenir froide comme e marbre; une autre éprouvait dans l'intervalle des accès une 1res vive douleur au petit doigt; chez une autre encore, il

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s'agissait d'une aura à siège abdominal, consistant dans une sensation de gonflement profond, d'expansion douloureuse de tous les viscères abdominaux, qui convergeait vers le plexus solaire en déterminant ensuite une angoisse tlioracique et une sensation de barre entre les deux mamelons '. Parfois, la crise est annoncée par une lipothymie ou par une syncope, par un frisson général, un tremblement des membres, elle peut encore être précédée par une aphonie subite. Dans un cas observé par Angelo Cianciosi, chaque accès était annoncé par un gonflement douloureux des seins.

Le plus souvent, les crises angineuses des hystériques sont accompagnées de manifestations névropathiques, et parmi elles il n'en est pas de plus fréquentes que les troubles respiratoires qui se montrent sous la forme de dyspnée, de polypnée, de suffocation, de respiration précipitée, singultueuse ou entrecoupée, de respiration sifflante ou d'arrêt respiratoire avec état lipothymique, de soupirs, de spasmes diaphragmatiques ; d'autres fois, ce sont des éblouissements, des troubles de la vue, des bourdonnements d'oreilles, etc.

Enfin, les accès se terminent par des crises de larmes, par une émission d'urine abondante et limpide, par des éructations et des émissions répétées de gaz, des bâillements, une syncope ; elles peuvent laisser à leur suite quelques symptômes qui deviennent comme des témoins de la névropathie, et c'est ainsi qu'une de nos malades dont je vous ai raconté l'histoire est restée aphone pendant plusieurs mois, qu'une autre a conservé une douleur fixe au petit doigt dans l'intervalle des attaques, qu'une autre a encore été prise d'une contracture du bras gauche.

Tous ces accidents ne sont pas observés dans les angines vraies, ils portent avec eux l'empreinte, le cachet spécial de la maladie. Quand ils existeront, vous n'hésiterez pas dans votre diagnostic,

e. Mais je suppose l'accès de pseudo-angine hystérique isolé de toutes ces manifestations nerveuses, comme le fait se rencontre assez souvent. Vous n'en ferez pas moins le diagnostic en vous appuyant sur ce caractère important auquel j'attache une grande valeur, je veux parler de la spontanéité des accès. Il n'en est pas

' Aubry (thèse 1882).

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de même, comme je ne cesse de vous le répéter, pour l'angine vraie : ses crises sont presque toujours provoquées par l'effort.

e. Dans la pseudo-angine, les crises prennent plus franchement la forme vaso-motrice que dans l'angine vraie : alors, l'accès produit par un spasme artériel généralisé, débute par un refroidissement extrême des extrémités, par un frisson violent avec claquement de dents ; les deux bras ou le bras gauche surtout, les extrémités des doigts sont pâles, livides et exsangues, d'autres fois violettes et cyanosées ; la sensation d'onglée et de doigt mort est très accusée, la face présente des alternatives de pâleur et de rougeur, les pupilles sont contractées et inégales (Charcot), la pupille gauche est dilatée (Cordes) ; les artères du cou battent avec violence, le cœur est agité par de folles palpitations qui ébranlent la paroi précordiale, il peut même devenir le siège de souffles transitoires, comme je l'ai constaté quelquefois ; le pouls est fort, vibrant, précipité, ou il est faible, petit, serré, presque absent des deux côtés; d'autres fois il est rapide, incomptable, et c'est ainsi que Byrom Bramwell a signalé un accès terminé par un véritable état de collapsus dans lequel on comptait jusqu'à 180 et 200 pulsations par minute. D'autres fois cependant, le cœur est calme, ralenti, et les modifications du pouls sont presque nulles. Puis, la douleur s'accuse au cœur, non pas dans la région sternale, mais à la partie moyenne de la région précordiale, avec ou sans irradiations au cou, à l'épaule, au bras, à l'avant-bras et aux doigts.

/. D'autres fois, la pseudo-angine hystérique prend la forme franchement névralgique : Ici, les troubles vaso-moteurs sont à peine accusés, le mal ne commence pas par la périphérie, mais par le cœur; la douleur est précordiale, puis elle irradie dans divers sens, au cou, à la tète, aux bras, aux membres inférieurs ; elle s'accompagne de névralgies diverses qui souvent peuvent survivre à l'accès, de névralgies intercostales, mammaires, crurales, ou même de névralgie phréniquc, ce qui prouve l'erreur de ceux qui croient toujours que cette dernière est l'indice d'une angine de poitrine organique.

(/. Elle peut prendre encore la forme mixte dans laquelle les

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troubles névralgiques eL vaso-molcurs sont mélangés à des degrés divers dans le môme accès.

h. La douleur n'a pas le plus souvent les caractères d'une compression, d'un étau comme dans l'angine vraie, mais bien plutôt ceu\ d'une distension, d'un cœur trop gros, d'un cœur voulant s'échapper de la poitrine, d'une distension des organes thoraciques. Bientôt, vous voyez ces douleurs s'amender pendant quelques minutes pour reprendre encore, et c'est ainsi quon a vu des crises composées d'accès subintrants avoir une durée d'une heure, de deux, heures, de douze heures (Bouchut).

i. Pendant ces crises qui peuvent être si violentes, quelle est l'attitude des malades? Elle n'est pas celle de ces angineux vrais, qui calmes, immobiles, retenant tout effort, osant à peine respirer, dans l'attente d'un grand dang-er qui les menace et dont ils ont conscience, attendent en silence la fin de cette agonie de souffrances. L'hystérique n'aime pas souffrir en silence : elle crie, elle s'agite, elle est tapageuse, elle ne craint pas Feffort, elle répète qu'elle va mourir, et elle ne meurt jamais; de plus, elle exagère ses souffrances, elle amplifie ses douleurs et présente toujours les mêmes attributs de son caractère que je vous ai souvent décrit'. Ses crises angineuses sont plus bruyantes que dangereuses, il y a plus de bruit que de mal, et c'est d'elles que l'on peut dire, comme de toutes les manifestations névrosiques ou hystériques : Beaucoup de bruit pour rien. [Much ado about notldny.)

Mon collègue Landouzy a, de la même manière, exprimé cette situation, en disant des malades atteints d'angine organique et de ceux atteints d'angine hystérique : « Les premiers sont à plaindre et ont tout à craindre; les seconds sont à plaindre et n'ont rien à craindre. »

Pour vous démontrer que l'angine de poitrine revêt une physionomie spéciale, je pourrais vous citer encore beaucoup de fails que j'ai observés ; j'aime mieux les emprunter à quelques-uns de mes confrères pour bien vous confirmer l'exaclilude de la description.

' Voir il ce sujet clans noire Traite dus .Xevroses letude suivanle : Caraclcrcf. mœurs, clal mental des hyslériqucx, 1883, p. 958, e\. Archives de neurologie, 1882.

En 1841, M. Bouchul' faisait paraîlrc quatre observations d'angine depoitrinCy et sur ces quatre faits, il me suffira de vous en citer deux :

Le soir, immédiatement après dîner, une jeune femme ^fuE prise d'étouflements, puis elle ressentit une violente constriction à la poitrine, douleur vive au sternum et au cou, serrement à la gorge. Elle se coucha, et je la trouvai assise sur son lit, s'agitant dans tous sens et poussant de grands cris. Face pâle, gonflée, larmoiement des yeux. La peau est fraîche, les extrémités froides; sueur générale et froide, suffocation imminente, douleur pongitive excessivement aiguë à la partie antérieure gauche de la poitrine... Trois heures après, l'accès durait encore, mais la douleur était moins vive. (Or l'accès dura même douze heures pendant lesquelles la malade ne souffrait pas, mais étouffait un peu.)

Le second fait est relatif à un interne en pharmacie^, âgé de vingttrois ans, nerveux, irritable, très impressionnable qui avait été somnambule pendant sa jeunesse, t Pendant une nuit du mois de septembre 1839, au milieu du sommeil et sans cause appréciable, il éprouva une vive douleur à la région précordiale, puis il perdit connaissance. Il se débattait dans son lit en criant et en se frappant la poitrine. Le bruit nous ayant éveillés, M. Altham,mon collègue et moi, nous courions lui porter nos soins. Nous trouvâmes ce malheureux jeune homme évanoui ; car il ne nous vit pas, quoique ses yeux fussent ouverts et mobiles. Il se tordait sur sa couche comme s'il voulait échapper à la douleur ; sa main parcourait sa poitrine en arrachant son linge, et de temps à autre il s'écriait d'une voix altérée : Oh ! mon Dieu, ùtez ce poids, j'étouffe. » Cette attaque dura une demiheure, et se reproduisit plusieurs fois avec les mêmes caractères.

Larliguc, en reproduisant ces observations, les fait suivre des reflexions suivantes dont vous approuverez la sagesse avec moi : « Cette douleur pongitive sous le sternum, cette anxiété extrême, cette instantanéité dans l'apparition des douleurs, tout cela appartient à l'angine de poitrine ; mais ce qui ne lui appartient plus, c'est cette agitation en tous sens, ces cris que poussaient les malades, ces ctouffements, cette prolongation de l'attaque, etc. Cette agitation et ces cris ne sont plus les caractères de la douh'ur qui appartient aux nerfs ganglionnaires; ce sont, au conlraire, ceux (le, la douleur qui réside dans les nerfs cérébraux Cette

^^'^ Uouchut. Marche et nature de l'angine de poitrine (Reçue médicale, déceinijre 2 Ubs. CC.mi.X. - = Obs. CCXL.

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main qui parcoiirail la parLio anLcrieure de la poitrine, comme pour en arraolior la grille de fer qui la labourait, cette voix altérée qui demandait du secours, ces poings fortement serrés qui frappaient le sol, tous ces traits constituent le véritable tableau de la douleur ordinaire, lorsqu'elle est extrême et de la névralgie des nerfs cérébro-spinaux, lorsqu'elle est intense; mais ce n'est certes, ni le tableau de l'angine de poitrine, ni le caractère de sa douleur. »

Vous voyez, messieurs, combien Lartigue, dès 1846, était près de la vérité, lorsque, au sujet de ces observations, il reconnaissait une différence si frappante entre l'angine hystérique et l'angine vraie*. Sans doute, les distances cliniques qui séparent l'angine vraie de l'angine hystérique ne sont pas toujours aussi grandes ni aussi tranchées, et leurs caractères peuvent se ressembler par plusieurs points. Mais les nombreux exemples que j'ai mis sous vos yeux, doivent vous montrer qu'il s'agit à proprement parler de deux affections absolument différentes, non seulement au point de vue clinique, mais au point de vue nosographique. L'une est une affection artérielle; l'autre une affection nerveuse. La première relève d'un rétrécissement organique le plus souvent, spasmodique parfois, des artères nourricières du cœur; l'aulrc procède de causes multiples : ici, c'est l'élément névralgique qui prédomine, là ce sont les troubles vaso-moteurs, c'est un étal spasmodique généralisé à tout le système artériel qui bientôt retentit sur le cœur et donne lieu à celte sensation de distension cardiaque si caractéristique. Dans les deux cas, les nerfs du cœur sont en souffrance ; mais dans l'angine vraie, ils souffrent secondairement, par ischémie de leurs expansions terminales et c"csl cette ischémie, celte lésion artérielle que la thérapeutique doit

« A rcxcmple de Téallicr, LarUguc admeU,ait l'exislcnce de la ;mci<»!0.7<îsiralgie, et •« soiL qu'on la regarde, dil-il, ainsi que je l'ai fait, comme une alTecUon de poitrine, ou qu'on la considère comme une variélé, une espèce particulière de celte maladie il lui reconnaissait les caractères distinclifs suivants : La pneumo-pastralgie est plus fréquente chez les jeunes sujets et les femmes, « elle no parait pas avoir Ijcsoin pour débuter de l'influence des causes qui font éclater les atta(|ucs d'angine », la douleur sous-sternale " n'a pas le caractère ordinaire de la douleur de l'angine de poitrine », et elle s'accompagne d'éloudemcnts. Le premier accès au lieu de durer quelques secondes cl de se dissiper par le repos comme le font les premiers paroxysmes de l'angine, dure plusieurs heures et disparait lentement. Au lieu d'aller sans cesse en s'aggi'avant, comme l'angine de poitrine, elle disparait habituellement après quelques accès. (Lartigue. Loc. cil., p. lûO.)

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s'upi)li([uci' à comballre; dans l angine fausse, au contraire, c'est le plexus cardiaque qui est atteint primitivement d'hypéresthésie, et c'est contre elle seule que doivent être dirigés les efforts du thérapeute. En un mot, médication artériqlle dans un cas, médication antinerveuse ou antinévralgique dans l'autre.

Voici, du reste, le résumé de ce diagnostic que je vous présente sous forme de tableau :

Angine vraie.

Siège et cause anatomique : système artériel, sclérose coronaire-

Plus fréquente à l'âge de l'artériosclérose, après quarante ou cinquante ans.

Plus fréquente chez l'homme.

SyiiPTOMEs : Provocation des accès par tout acte nécessitant un effort.

Accès spontanés parfois, relativement rares.

Rarement accès périodiques et nocturnes. Parfois, /"aKsse périodicité des accès.

Accès isolés de tout autre symptôme.

Forme vaso-motrice rare.

Douleur angoissante avec sensation de compression et d'étau.

Siège sous-sternal de la douleur, le plus souvent au niveau de l'aorte.

Douleur de peu de durée (2 à lo minutes), cessant avec l'elTort, ou avec l'arrêt de la marche.

Atlitude du malade : silence, arrêt de la marche, immobilité absolue, faisant le plus souvent disparaître la douleur.

Pkonostic : Affection grave, presque toujours mortelle.

TiiAiTEMENT : Médication artérielle.

Pseudo- angine hystérique.

SiiîGE et CAUSE ANATOMIQUE : Système nerveux, névralgie des nerfs et des plexus cardiaques, névrose vasomotrice.

A tout âge, même dès Fàge de six ans.

Plus fréquente chez la femme.

Symptômes : Provocation exceptionnelle des accès par l'effort. Le plus souvent, accès spontanés.

Fréquemment accès périodiques, survenant à heures fixes, et nocturnes.

Accès associés à d'autres symptômes névrosiques.

Forme vaso-motrice fréquente.

Douleur moins angoissante avec sensation de distension du cœur.

Souvent siège franchement cardiaque de la douleur.

Douleur souvent de longue dunie (1 à2 heures), ne cessant pas avec l'effort.

Attitude du malade : agitation incessante, continuation de la marche, ou son arrêt sans disparition de là douleur.

Pronostic : Affection bénigne, jamais mortelle.

TRArrEMENT : Médication anti-nerveuse ou anti-névralgique.

Ne voyez-vous pas un enseignement dans la r/ravi/r souvent inexorable de cette angine vraie qui tue le malade, non pas au milieu du paroxysme de la douleur, mais souvent par une

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syiicope sans douleur; cl dans la bénignité de celle pseudoangine caracLériséc presque loujours par des douleurs plus longues, plus inlenscs et qui ne se lermine jamais par la mort? Vous pouvez dès lors en déduire facilement les conséquences : ce n'est pas, comme on l'a dit, la douleur qui est le lait dominanl de fangine vraie, puisque ce n'est pas par elle que les malades succombent; mais c'est bien l'état permanent d'ischémie myocardiaque qui place sans cesse le malade dans une imminence morbide de syncope mortelle. Dans l'angine hystérique, il n'en est plus de même, el la douleur est le « fait dominateur » que la thérapeutique doit combattre.

Traitement. — 11 résulte de ces considéralions, que c'est la douleur que vous devez surtout chercher à combattre dans le pseudo-angor hystérique. Donc il faut employer les injections de morphine au moment des accès, les inhalations d'éther et même de chloroforme, dans les formes névralgiques; dans les formes vaso-motrices l'inhalation de quelques gouttes de nitrite d'amyle. C'est dans ces derniers cas encore que l'emploi de la nitro-giycérine trouve son indication (à la dose quotidienne de 6 à 12 gouttes de la solution au centième). Je vous recommande, toujours dans les mêmes formes, de faire pratiquer sur les membres des frictions excitantes.

Vous pourrez encore prescrire le chloral, soit sous forme de lavement, soit en potion; les préparations d'antipyrine en injections sous-cutanées ou par la voie stomacale à la dose de 2 ou 3 grammes par jour, ou encore celles de phénacétine (1 gr, 50 en trois fois dans la journée). Quand les crises surviennent surtout pendant la nuit, vous pourrez prescrire, outre les injections de morphine et les préparations de chloral, un nouveau somnifère, le sulfonal, à la dose de 1 à 3 grammes le soir. Cependant, il faut vous rappeler que ce médicament laisse à sa suite, le lendemain matin, comme je l'ai démontré', un sentiment d'ivresse, de vertige, une sensation d'accablement et de somnolence qui peuvent durer une partie de la journée.

Enfin, comme pour toutes les manifestations hystériques, vous pourrez aussi exercer une pression sur la région ovarienne

' .Société de thérapeutique, février 1889.

liypércslliésiéc; cepcndaiU je dois vous prévenir que ce moyen, souvent excellent pour l'aire avorter ou disparaître des crises convulsives,ne m'a jamais réussi contre les crises sténocardiques.

Dans l'intervalle des accès, donnez encore des antispasmodiques, des calmants, du bromure de potassium, des préparations d'aconitine à la dose de trois pilules d'un quart de milligr, par jour.

Enfin n'hésitez pas à conseiller l'hydrothérapie, soit sous la forme de lotions froides ou tièdes, soit encore sous celle de frictions au drap mouillé, ou de douches générales. Cependant l'enveloppement avec le drap mouillé et les lotions froides devront être prescrites avec prudence, à cause de la sensation de froid trop rapide qu'elles déterminent, et parce que j'ai vu ces pratiques produire des accès angineux. Quant aux douches, il faut les administrer d'après les règles suivantes sur lesquelles j'ai déjà insisté dans mon travail de 1883 : « L'hydrothérapie doit être employée en dehors des accès, sous forme de douches légères, de courte durée, en commençant d'abord par des douches tièdes à jet brisé et n'arrivant que progressivement à la douche froide à 24". On doit se garder de la diriger d'abord sur la région précordiale qu'il ne faudra pour amsi dire qu'effleurer, et vous devrez surtout porter son action sur les membres inférieurs. »

Lorsque les accès offrent une périodicité réelle, vous pourrez prescrire aussi des préparations de quinine, et plus particulièrement le valérianate de quinine à la dose de 0,50 à 0,60 centigr. par jour, et vous y associerez les préparations arsenicales à la dose de 2 à 3 milligr. d'arséniatc de soude à chaque repas pendant un mois ou six semaines. 11 faut vous rappeler à ce sujet que l'arsenic est, selon moi, à la fois un sédatif etun tonique du système nerveux; vous en connaissez les bons effets dans la choréc et pour rna part j'ai renoncé depuis longtemps aux préparations dites antispasmodiques, à la valériane, au musc, à l'asa fœtida, et môme au bromure de potassium qui ne me paraissent avoir aucune action réelle dans le traitement de l'hystérie.

Vous avez vu souvent, surtout dans la forme névralgique de la pseudo-angine, la névrose compliquée d'irritation spinale. C'est alors que vous devrez faire pratiquer tous les jours des pulvérisations d'élher sur le trajet de la colonne vertébrale auxquelles je préfère des pulvérisations de chlorure de méthyle sur le trajet du rachis. Cette médic;Uion analgésique que j'ai instituée

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depuis plusieurs années contre rirriluliou spinale qui pour moi n'est aulre chose qu'une névralgie médullaire, ou une hypéreslliésie de la moelle, a pour résullal d'insensibiliser le centre spinal et de faire disparaître les névralgies les plus rebelles d'origine centrale'. On peut encore y joindre l'application de teinture d'iode et de pointes de feu renouvelées tous les huit ou dix jours, et même l'apphcation de courants continus, le pôle positif placé à la région cervicale, le pôle négatif à la région dorsale. C'est pour répondre à la même indication, que Laennec s'est servi de l'aimant avec un certain succès.

Vous aurez aussi recours au traitement hydrominéral, et parmi les eaux que je vous conseille de prescrire, je vous recommande celles de Néris, Luxeuil, Royat, Plombières, Bagnères de Bigorre, la Malou, Dax et Saint-Amand, Âx, Ussat, etc.

Enfin, comme pour toutes les afTections hystériques, le traitement moral et le changement de milieu, ainsi que l'isolement produiront les meilleurs elfcts. C'est ainsi que Stokes, après sa description de la névralgie du cœur, ajoute ces sages conseils : « L'un des moyens les plus efficaces pour la guérison, c'est de convaincre le malade qu'il n'est point atteint d'une aOection du cœur. » Il ne sera donc pas irrationnel d'appliquer la suggestion au traitement de ces sténocardies hystériques.

Pour obéir à l'indication d'isolement et changement de miheu si judicieusement conseillés par Weir Mitchell, je ne serais pas éloigné d'envoyer mes malades à Gérardmer ou à Divonne pour les faire en même temps bénéficier du traitement hydrolhérapique Comme ces pseudo-angines se terminent par la guérison, d en résulte que toutes les statistiques connues dans la science avant la distinction capitale de l'angine vraie et des angines fausses, sont entachées d'erreur. C'est un point sur lequel j insiste depuis longtemps, et ces statistiques ne sont pas plus exactes que celles qui avant Bretonneau considéraient en bloc tous les cas de croup cl de faux croup. Cardarelli a émis sagement cette opinion que je partage : « L'hystérie en faisant rentrer dans la statistique l'élément jeune et le sexe féminin a rendu le pronostic moins grave et a contribué à enriclùr la statistique de guérisons. »

. Il lluchard. Des pulvérisalions de chlorure de mêthyle sur le rachis dans le intilemenl de lu chorée, de l'irrilation spinale, des névralgies, clc. (-boc ' Ihérapeutique, 1888.;

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