‹ Maladies du cœur et des vaisseaux [electronic resource]Chapitre 45 sur 83 · II. Pseudo-angines du goitre exophtalmique. — H n'y aurait · texte numérisé non relu

II. Pseudo-angines du goitre exophtalmique. — H n'y aurait

guère lieu de s'arrêter à ces manil'eslalions angineuses^ des névroses, si cet incident dans des maladies proléilormos n'était fécond en surprises et n'embarrassait pas souvent le praticien par la multiplicité de ses causes.

Voici, par exemple, des accidents sténocardiques que vous avez observés chez une femme de notre service atteinte de la maladie

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do Parry Esl-on en présence d'une sLénocardie d'origine nerveuse ou d'origine cardiaque? L'hésitation n'est pas légitime quand on tient compte des modalités de l'accès, des circonstances au milieu desquelles intervient cet accident. Il existera bien parfois des symptômes cardiaques, des phénomènes asystoliques, voire même des lésions anatomiques de l'organe central de la circulation ; mais, ce n'est pas à dire pour cela que l'angine de poitrine est toujours, dans l'espèce, imputable au cœur. Non, à coup sûr, quand on considère la nature du goitre exophtalmique ; car cette maladie n'est pas seulement une névrose cardiaque, mais une névrose générahsée. La preuve, comme je le disais déjà en 1883, en est fournie par les symptômes cardio-vasculaires qui ne sont pas les seuls observés ; par la multiplicité des accidents que l'on rencontre dans cette affection : du côté de l'appareil moteur (parésies, paralysies, convulsions et tremblement), de la respiration (dyspnée, toux, hémoptysies), du tube digestif (vomissements, anorexie, boulimie, dyspepsie, diarrhées profuses), des facultés psychiques (alternatives de dépression et d'excitation cérébrales, manie, hjqiocondrie), de la peau (urticaire, taches pigmentaires, vitiligo), les circonstances étiologiques qui lui donnent souvent naissance (hérédité d'affections nerveuses diverses, émotions vives, colère, etc.). Son association fréquente avec la chorée et surtout avec l'hystérie, tout cela prouve encore qu'il s'agit d'une névrose générale, et non d'une névrose limitée seulement à l'appareil cardio-vasculaire. — Il n'est pas jusqu'à l'expérimentation physiologique qui ne démontre le siège du goitre exophtalmique dans les centres nerveux; car Filehne (de Breslau) a pu faire apparaître la triade symptomatique de cette makidie, par la production expérimentale de lésions des corps restiformes, et vous savez que quelques auteurs ont défendu la théorie de l'angine centrale du goitre exoplital-

' On commet une injustice au profit de IJascdow, en appelant du nom de ce

or«ervalion en l;8b. Puis, viennent les observations très incomnlctcs de Flnimi publiées à Rome en 1809, où cet auteur note la coïncidence Z go re av c r S n''"', ' '^'''"^''^ '''^ ''exophtalmie. C'est en 1833 que Grav

dornî n'.îl^en^.ir:'"!'" ^''^^^'"^"'"P."^^ ^"Jct- les recherche' de Rase-

i Tonnefau !n , .Inn VT'-'^^ c'est-à-dire en 1840. Si l'on tient absolument

• elle maladie, et c est ainsi rpie je veux l'appeler, par la suite.

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inique, origine démontrée par l'existence assez fréquente, dans celte affection, de trois symptômes bulbaires: la polymie, l'albuminurie et la glycosurie.

Voilà ce que je disais en 1883; voilà ce que je répète aujourd'hui, avec la plupart des auteurs, avec Beni-Barde' qui, l'un des premiers, il est juste de le reconnaître, a insisté sur la notion de la maladie de Parry considérée comme une névrose générale. Mais, comme je le disais encore, admettre le siège d'une maladie dans les centres nerveux, ce n'est pas croire à l'origine toujours centrale de toutes les manifestations ; et dans le goitre exophtalmique, l'angine de [poitrine doit reconnaître une interprétation pathogénique variée.

En effet, n'y a-t-il pas dans cette affection, des dilatations du cœur subites et passagères, et n'observe-t-on pas parfois tous les phénomènes du cœur forcé qui peuvent conduire, d'une part à l'asystolie, d'autre part à l'angine de poitrine? N'y a-t-il pas des accidents névralgiques, des troubles vaso-moteurs capables de provoquer dés accidents sténocardiques d'une autre nature? Et pourquoi les troubles gastro-intestinaux si fréquents et parfois si intenses, ne donneraient-ils pas encore lieu à une autre forme d'angine pectorale par suite de leur retentissement sur le cœur droit?

Ge n'est pas tout encore : la maladie de Parry peut à la longue s'accompagner de lésions permanentes des valvules auriculoventriculaires et des sigmoïdes de l'aorte ; on a même signalé des insuffisances aortiques consécutives, non seulement à celle eclasie artérielle généralisée qui est l'un des principaux caractères de la maladie, mais aussi à des lésions scléreuses qui peuvent s'étendre à l'ouverture des coronaires et donner lieu à tous le& symptômes d'une angine vraie. C'est là une hypothèse, je le sais-, et je ne veux pas m'y arrêter davantage; mais il est nécessaire de la signaler pour les chercheurs de l'avenir.

Quoi qu'il en soit, je vous ai fait voir trois modalités différentes d'angines de poitrine dans le cours de la maladie de Parry, et il n'est pas inutile de vous en faire l'idstoire.

Les premières observations en date, sont celles de Parry qui

1 Beni-Barde. Soc. de mcd. de Paris, 8 nov. 1873.

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parle dans un cas, de douleurs violentes et fréquentes siégeant à la partie inférieure du sternum; dans un autre, de douleurs violentes et subites à la région du cœur, lesquelles se repi^oduisircnt par accès pendant près de cinq ans et s'accompagnèrent ensuite de palpitations et d'oppression.

Trousseau parle aussi d'un de ses malades qui eut un accès d'angor pendant quelques heures avec irradiations dans l'épaule droite.

Une malade, observée par Laqueur', eut des attaqiiesangineu ses périodiques avec irradiations vers la clavicule et le bras gauche ; elle fut atteinte, dans la suite, d'accidents cérébraux auxquels elle succomba, et l'autopsie ne permit de reconnaître aucune lésion capable de rendre compte des accidents angineux.

Une observation de Cardarelli est relative à une femme qui, à la suite d'une peur, fut prise de goitre, d'exophthalmie, de tremblement et de mouvements convulsifs, d'angor pectoris avec contracture des jambes d'origine hystérique; à ces accidents succéda une attaque apoplectiforme avec hémiplégie gauche d'une durée de deux mois

Dans la thèse c'e Marie^ nous trouvons deux observations d'angor pectoris dont je dois vous résumer les caractères :

0ns. CCXLV (résumàe). — Une femme âgée de cinquante et un ans, couturière, présentant des anlécédeats nerveux dans sa famille (mère et sœur nerveuses, cousine germaine opérée d'une tumeur pulsatile du front, peut-être d'un anévrisme cirsoïde), présentant des antécédents personnels d'artliritisme (rhumatisme subaigu, légers accidents de iitliiase biliaire), était atteinte depuis six ans de violentes palpitations, survenues à la suite d'une « discussion terrible » avec sa voisine. La maladie de Parry est caractérisée chez elle par un peu d'exopthalmie, du tremblement des mains, l'hypertrophie de la thyroïde, des palpitations et de l'arythmie cardiaque, la précipitation du pouls, delà diaphorèse, de la diarrhée, de la boulimie, etc. « Elle a un peu d'oppression, surtout quand elle monte les escaliers; souvent elle a une sensation d'angoisse très intense, générale, accompagnée d'augmentation des palpitations, mais sans que ce soit de 1 angme de poitrine à proprement parler. »

Ous CGXLVI (résumée). — B..., vingt et un ans, doreur sur bois, antécédents ncvropathiqucs ; père atteint de maladie de Parkinson,

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