‹ Maladies du cœur et des vaisseaux [electronic resource]Chapitre 54 sur 83 · THÉRAP. ET CL. MÉDICALES · texte numérisé non relu

THÉRAP. ET CL. MÉDICALES

m I.EÇUiNS UK TllKUAPliUTlolIli VA' UK CLINIQUE MEDICALES

tabac — Observer une hygiène alimentaire très régulière : insister sur le laitage sous toutes ses formes, sur le régime végétarien, sur l'usage des œufs ; proscrire les aliments ou les boissons excitantes, le thé, le café ou les liqueurs. (Le café est permis, si la contractilité cardiaque tend à s'affaiblir.) — Si les crises se répètent, si elles deviennent subintrantes au point de constituer un état de mal angineux, prescrire le régime lacté et même le repos absolu au lit pendant plusieurs jours.

2° Traitement médicamenteux. — Emploi de révulsifs (teinture d'iode, vésicatoires, pointes de feu, cautères sur la paroi cardio-aortique) contre les poussées subaiguës ou aiguës d'aortite. — Médication iodurée instituée de la façon suivante : 1 à 3 et même S grammes d'iodure de sodium pendant vingt jours chaque mois, et tous les deux mois substituer l'iodure de potassium à l'iodure de sodium'. — Pendant les dix jours de suspension de l'iodure, trinitrine en solution alcoolique au d/00, à la dose progressive de six à douze gouttes par jour. (Traitement à suivre pendant au moins trois ans, quand même aucun accès ne se reproduirait.)

II TnMENT DES ACCÈS. — Arrêter k marche, suspendre l'effort, se mettre au repos. - Respirer sur un mouchoir quatre a six gouttes de nitrite d'amyle. Si l'accès ne cesse pas, recommencer la môme inhalation, et s'il persiste encore, faire une mjection de morphine, ou une injection de trinitrine de la moitié dune seringue de Pravaz, contenant deux gouttes de trimtnne d après la formule suivante : 40 gouttes de solution de tnmtrme au yOO, dans 10 grammes d'eau (injecter la moitié ou la totahté de la seringue).

■Quelques auleurs se contenlenl de doses faibles ^l'7'r*;^^,^!"M*lTrtS pa. jour . Or, selou moi, ces doses sont insuHlsanles, el J''f '\ '"^^g

doses (2 à 5 grammes par jour) continuées pendant longtemps. Xmûmo lorsque l'aortite paraît faire des progrès, je suis ^'avis de oue, ap.de ment îa dose quotidienne à 6 et môme 8 grammes, et je ^"'^ ^^'^'^'^P^'^^'^ f^"! inconvénient, pendant quelques jours, à 9 ou 10 K'-^'""^'^^^;. ""^ J^ioScs par qu'à préconiser les doses colossales de 50 grammes qu. ""^/^^.^^^"JP^"'!^^^^ 1 uche d'abord, et ensuite par llaslund, dans le traitement du psoiiasisi l '^[ ^''f'' mctf/-< /'.VV.. uM syphilis, 1887, 3.) Cependant, je dois ^i^^'^^^^', ^^^^ PS cas urraves, el à marche rapide, je n'hésite pas à frapper un g^and coup, et à prescrire 12 à 15 el môme 20 grammes d'iodurc par jour.

TRAITEMENT DE L'ANGIiNE DE POITRINE VRAIE 723

III. ÏKAiTEMENT DES COMPLICATIONS. — Celles-ci sc montrent encore dans l'intervalle des accès dont elles sont indépendantes, ou elles surviennent sous l'influence des accès. Les premières sont caractérisées souvent par des accidents dus à Y insuffisance rénale; les secondes, par un état syncopal ou encore par les signes de dilatation ou de j)arésie du cœur.

L'insuffisance rénale est due à l'envahissement du rein par la sclérose, elle est due à la lenteur d'élimination de toutes les substances toxiques introduites dans l'organisme ou formées par lui, elle se traduit le plus souvent par de la dyspnée d'effort ou par des accidents respiratoires analogues au type dyspnéique de Cheyne-Stokes, qu'il ne faut pas confondre avec les accidents angineux. Il en résulte deux indications thérapeutiques : r favoriser, activer la dépuration urinaire par l'emploi des diurétiques et du régime lacté qui devra être absolu ou mixte suivant les cas ; 2° supprimer tous les aliments qui renferment des ptomaïnes, c'est-cà-dire les viandes peu cuites, le poisson, le gibier, les bouillons et potages gras, etc. Insister, au contraire, sur le régime végétarien, sur les œufs et les viandes bien cuites, etc.^ .

Pendant ou à la suite des accès, YéidX sijncopal doit-être combattu par les injections de caféine et d'éther, par les apphcations du marteau de Mayor, les frictions excitantes sur les membres, les injections hypodermiques de trinitrine, et encore par les inhalations de nitrite d'amyle. Proscrire les injections de pilocarpine et de cocaïne, en raison de leurs tendances à produire la syncope.

^ A la suite d'accès intenses et répétés, le cœur peut être frappé d'un état parétique irrémédiable, se caractérisant par tous les signes d'une cardiectasie progressive, par l'aflaiblissement des contractions cardiaques, par l'abaissement considérable et rapide de la tension artérielle dont l'embryocardie est l'un des sio-nes par la production d'un œdème pulmonaire aigu, enfin par'' tous

alimentaire' ^''^''''^P^^^"^^^ l'arterio-sclérosc, laquelle serait ainsi d'origine

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les accidents qui IraduisenL le tableau symptomatique de l'insuffisance musculaire du cœur. Ici encore^ deux indications : l'' il faut faciliter le travail du myocarde en supprimant tous les obstacles périphériques par l'emploi de la trinitrine et du nitrite d'amyle, des frictions excitantes, etc. , qui dilatent les vaisseaux; 2° il faut agir directement sur la musculature par l'emploi de toniques du cœur. La digitale remplit incomplètement cette indication parce qu'elle agit trop lentement ; la spartéine et les préparations de convallaria sont infidèles ; le strophantus peut être essayé en raison de son action tonique sur le cœur qui s'exercerait en l'absence de tout phénomène de vaso-constriction. Tous ces médicaments cardiaques qui peuvent être indiqués dans les cas de cardiectasie ou de cardioplégie progressive, ont l'inconvénient d'agir trop lentement, lorsque la cardiectasie et la cardioplégie prennent des allures aiguës et rapides en menaçant la vie des malades, dans l'espace de quelques jours seulement. — On doit leur préférer encore les injections d'éther et de caféine, et même la pyridine qui, administrée intérieurement à la dose de six à dix gouttes, augmente l'énergie des contractions cardiaques, et se montre très utile comme agent régulateur des mouvements du cœur et excitateur de la pression artérielle amoindrie dans la période cardioplégique de la maladie angineuse. A l'exemple de Renzi (de Naples), j'ai employé parfois, avec un certain succès, la pyridine à l'intérieur, contre tous les accidents provoqués par un état parétique du myocarde.

Ainsi donc, se trouve justifiée la thérapeutique que je propose contre l'angine de poitrine vraie. Il faut, sans doute, combattre la douleur; mais, avant tout, il faut diriger la médication contre l'ischémie cardiaque qui constitue le principal, et môme le seul danger, contre le développement de l'arlério-sclérose qm prépare la dégénérescence du myocarde. J'ai longuement msiste sur les bases de ce traitement, heureux si, après vous avou- montré l'importance des distinctions cliniques entre l'angine vraie et les pseudo-angines, j'ai pu vous faire partager ma confiance dans la curabilité de la première de ces affections qui jusqu'ici avait fait le désespoir des malades et des médecins, et contre laquelle on ne saurait trop sévèrement juger l'inaction et rimmobililc thérapeutiques.

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